Rancho Mirage

Exposition

Collage, dessin, installations, photographie...

Rancho Mirage

Passé : 19 septembre → 31 octobre 2014

Tant par son étymologie que par son apparition dans l’espace même de l’exposition, Rancho Mirage se définit tel un fantasme, une destination fixée au hasard ; un point de rassemblement déterminant les contours d’une fiction collective.

« Rancho Mirage », ville parmi d’autres, est extraite de l’œuvre vidéo de Stéphanie Lagarde (Loveland, 2009) dans laquelle les toponymes, portés par un assemblage surréaliste, défilent à la verticale rappelant la mécanique d’un écran d’aéroport.

En opposition à l’idée d’horizontalité habituellement induite par le voyage, c’est ici de verticalité dont il est question, de fixité et de mouvement intérieur tel que décrit par Thoreau lors de son voyage à Walden1. Au sol les châteaux de sable en béton de Kirill Ukolov, au plafond le trait dense de Pierre Roy-Camille : deux œuvres in situ fixant cette verticale et témoignant d’une symbiose entre l’ici et l’ailleurs.

Si l’ailleurs est évoqué sous forme de trompe-l’œil exotique par Graziella Antonini et Pierre Roy-Camille, révélant une posture mélancolique ou contemplative, il est pure fiction pour Claire Trotignon (Négociations Tropicales #1, 2013) qui imprime un récit silencieux, porté tant par l’image que par le titre de son œuvre.

La carte postale, à la fois emblématique du voyage et marqueur de fixité, est présente sous diverses formes. Des paysages éthérés, pliés, multipliés de Thomas Tronel-Gauthier, sorte de montagnes intimes, à la gestuelle de Nicolas Tourre et de Pieter van der Schaaf, où l’écriture personnelle se superpose au réel : le trait est un fil tendu entre imaginaire et perception.

La réalité se confronte également au fantasme chez Pauline Bastard (Travelers, 2013) qui, en superposant l’écriture de voyageurs à l’image, provoque une douce tension entre principe de réception et désir de projection. Pierre, papier ou médium numérique, les supports semblent ici poreux ; Les limites entre l’intérieur et l’extérieur, l’envers et l’endroit se perdent : il devient alors difficile de différencier l’univers de la pensée de celui de la perception.

Au moyen d’un accrochage dense, les visions se télescopent et s’assemblent en un lieu unique, un espace de perfections et d’illusions. La somme des fantasmes forme alors une hétérotopie, un « espace autre » selon les principes énoncés par Michel Foucault2. À la fois emplacement et destination, un lieu nommé au hasard, Rancho Mirage.

1 « Walden; or, Life in the Woods », 1854 — Henry David Thoreau

2 « Des espaces autres » Conférence de 1967 / Dits et écrits, 1984

  • Vernissage Jeudi 18 septembre 2014 à 18:00
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20, rue Domat


75005 Paris

T. 09 80 73 53 43

www.perceptionpark.com

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Horaires

Du mercredi au samedi de 14h à 19h

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