Rasa Todosijevic — Aimez la France comme elle a aimé Van Gogh 1886

Exposition

Dessin, installations, photographie, techniques mixtes

Rasa Todosijevic
Aimez la France comme elle a aimé Van Gogh 1886

Passé : 16 novembre 2011 → 5 janvier 2012

Raša Todosijević est l’un des principaux protagonistes du mouvement des artistes conceptuels de Belgrade et a été avec Marina Abramović et Braco Dimitrijević un des piliers de l’avant-garde yougoslave des années 70. Au début des années 70, durant la domination des médias traditionnels et du modernisme, ce groupe a commencé à utiliser les nouveaux médias, vidéo, performance, actions, etc, afin de provoquer et questionner la structure et le fonctionnement de la pratique artistique actuelle et de la société en général. Ces jeunes artistes (Marina Abramovic, Era Milivojević, Nesha Paripović, Zoran Popović, Gera Urkom) se sont réunis au Centre Culturel Etudiant (SKC) de Belgrade, où une nouvelle forme d’expression artistique a été conçue et plus tard appelée la « Nouvelle-umetnička praksa » (La Nouvelle pratique artistique).

Tandis que Marina Abramović a surtout appliqué des méthodes agressives en utilisant son corps et en testant ses propres limites, l’agressivité de Todosijević pendant ses actions était dirigée vers l’extérieur. Was ist Kunst? (Qu’est-ce que l’art?) est l’une de ses pièces la plus souvent réalisée, dans laquelle Todosijević pose de manière incessante et agressive cette question, à une autre personne (généralement une femme) qui se trouve toujours en face de lui. La performance se lie au comportement totalitaire et construit une relation victime-bourreau, ironisant sur la question courante philosophique et théorique, « Qu’est-ce que l’art? ». Todosijević explique la performance avec cette déclaration :

« Ma performance n’est pas fondée sur le désir de démystification, mais veut irriter la négativité inhérante à une personne afin de la souligner — la bile après ma performance est la négativité en vous. »

Ce n’est qu’ensuite qu’il est possible de parler de l’affirmation subversive, une méthode qui par l’application littérale d’un système de comportements met l’accent sur ses connotations négatives. Cette performance a été réalisée avec des variations différentes entre 1976 à 1981.

Les performances de Todosijević sont marquées par un comportement provocateur et agressif, flirtant parfois même avec le sadisme : Vive la France — Vive la Tyrannie (1979), Decision as Art (1973), Drinking Water(1974).

Dans la performance “Umetnost i Memorija” (Art et Mémoire, 1975) l’artiste, enveloppé dans un foulard et ressemblant à un terroriste, crie les noms de tous les artistes auxquels il peut penser en ce moment donné. Todosijević déclare :

« La performance originale Art & Memory n’existe que dans la conscience et la mémoire des gens qui étaient présents lors de sa réalisation. Pour moi personnellement, il n’y a qu’une seule histoire de l’Art, celle de l’Art enregistré dans ma mémoire.»

Dans la première moitié des années 70, Todosijević créé des œuvres dans lesquelles il explore le médium et le processus de la peinture comme par exemple des travaux sans titres créés en 1974, qui appartiennent à la peinture dite primaire. Ces travaux ont été effectués dans divers musées et galeries. Todosijević démystifie l’acte artistique lui-même, le reliant ironiquement à l’exercice d’un « travail manuel ». Pendant les années 70, il a créé un certain nombre de collages par lesquels il questionne l’autorité et la notion d’auteur dans le monde de l’art.

Il envoye des cartes postales avec une photo de son buste sur lequel le mot OUI est inscrit, à de nombreuses galeries, musées et particuliers, identifiant ainsi l’artiste à l’acte artistique.

Les textes théoriques de Todosijević sont parmi les plus importants écrits sur l’Art dans la région.

Dans la « Déclaration d’Edimbourg » de 1975, Todosijević désigne « ceux qui profitent de l’art ». La déclaration consistait en une longue liste de tous les participants à un événement donné sur la scène artistique, y compris les gardiens d’exposition ou les speakers de journaux TV qui en parlaient.

Dans le cycle des installations Schlafflage, créées entre 1978 et 1984 (qui signifie littéralement « Drapeau dormant »), il créé des symboles autonomes incompréhensibles, par exemple, une carpe morte posée sur un carreau ou des batons plantés dans du platre, etc…

Dans un autre cycle d’installations, de dessins et sculptures commencé en 1989, Gott liebt die Serben (Dieu aime les Serbes), Todosijević ironise sur le nationalisme en poussant à outrance son esthétisme kitsch. En 1998, à Belgrade et à Čačak, il sert à ses invités des plats nationaux serbes — des haricots, du pain et de la bière, sur une table en forme de croix gammée. En plus de nombreuses installations sur les tables en forme de croix gammée, à Ljubljana, Berlin et Belgrade, l’artiste ajoute des lettrages le remerciant au nom des citoyens de chaque ville.

Cette série d’installations instaure le débat sur l’interprétation changeante des symboles et la conditionnalité de ces changements dans des circonstances données historiques. Un grand cercle rouge sur fond blanc ne saurait certainement pas attirer l’attention en Europe aujourd’hui, tandis que ce même cercle rouge — en raison de circonstances historiques de la Seconde Guerre mondiale — serait considéré comme une provocation évidente si il etait présenté en Mandchourie, par exemple.

Les installations du cycle du Grand Piano (piano droit avec des claviers transpercés par des bâtons de marche), sont également subordonnées à l’idée qui, entre autres choses, met en question la signification du terme « matériaux traditionnels ». Ces pianos poignardés ont été réalisés dans des matériaux dits « classiques », des instruments classiques et des bâtons archaïques qui symbolisent l’âge et l’infirmité, ainsi que le patriarcat, le leadership ou le pouvoir …

Raša Todosijević est né en 1945 à Belgrade, où il est diplômé de l’Académie des Beaux-Arts en 1964. Il a exposé dans nombreuses expositions solos et de groupe en Serbie et à l’étranger, et a publié plusieurs livres. Ses œuvres figurent dans de nombreux musées et collections privées d’art contemporain. Il a récemment exposé au MUMOK de Vienne, au Frankfurter Kunstverein, à la Biennale d’Istanbul et au Centre Pompidou. En 2011 Todosijević représente la Serbie à la 54éme Biennale de Venise où il a reçu le Prix Unicredit d’une valeur de 150 000 euros. Il vit et travaille à Belgrade.

Centre culturel de Serbie, Kulturni centar Srbije Centre d’Art
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123, rue Saint Martin


75004 Paris

T. 01 42 72 50 50 — F. 01 42 72 52 80

www.ccserbie.com

Châtelet
Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h30 à 19h30

Tarifs

Accès libre

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L’artiste

  • Dragoljub Rasa Todosijevic