Sarah Jérôme — Les éclats du crépuscule

Exposition

Céramique, dessin, peinture, sculpture...

Sarah Jérôme
Les éclats du crépuscule

Passé : 7 janvier → 18 février 2017

L’artiste française Sarah Jérôme revient à la Galerie Da-End pour une seconde exposition personnelle intitulée Les éclats du crépuscule à l’occasion de laquelle seront dévoilés ses derniers travaux sur calque ou papier, ainsi que plusieurs sculptures.

Des fragments de corps épars, masculins et féminins, peuplent ce nouveau corpus d’œuvres et traduisent une volonté plastique persistante chez l’artiste d’ancrer l’expérience humaine dans la chair. Réaffirmant l’existence d’un continuum entre corps et esprit, Sarah Jérôme imagine l’homme en prise d’un mouvement incessant d’oscillation entre ombre et lumière, souffrance et guérison.

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Sarah Jérôme, Inside, 2016 Technique mixte sur papier calque — 60 × 68 cm Courtesy de l’artiste & Galerie Da-End

Les nombreux médiums dont elle use, choisis pour leur sensorialité mais aussi leur sémantique, approfondissent visuellement cette réflexion : attraction/répulsion de l’huile et du calque, chimiquement incompatibles, qui fusionnent pourtant en un ballet singulier de couleurs, coulures et liants sédimentés. Ailleurs, douceur haptique de la cire — matériau culturellement lié à l’idée de réparation, qui vient partiellement recouvrir les pièces de céramique, pansant ainsi les plaies métaphoriques des corps meurtris tant par les épreuves que la société-même.

Les œuvres de la série des Jardins, à ce sujet, questionnent l’individu quant à sa place et son rôle dans une société dominée par l’exposition sur les réseaux sociaux. L’œil, dissimulé dans de luxuriants feuillages, est-il celui du regardant, voyeur, vigie, indiscret, ou bien celui du regardé, poussé à l’autocélébration constante, à l’échange déshumanisé ? Dans ces Jardins comme dans les Fossiles et nombre d’autres des travaux sur papier de l’artiste, les règnes fusionnent en un étrange jeu de mutations entre le végétal, l’humain et l’animal.

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Sarah Jérôme, Jardin, 2016 Technique mixte sur papier calque — 33 × 40 cm Courtesy de l’artiste & Galerie Da-End

Sarah Jérôme explore via ce prisme de la métamorphose l’idée d’un monde apathique à la recherche de son équilibre. « J’échafaude des scènes à la frontière du mythe et du rêve constituées de créatures hybrides. Les chairs se pénètrent, les organes s’entremêlent. (…) Ce point de basculement du corps en mutation, cet « état entre » est devenu le territoire de mes recherches, » explique t-elle. Figé dans une phase transitoire à la manière du corail dont la particularité est d’être une matière à la fois morte et vivante, l’homme en vue de sa propre conservation peut faire le choix de la réconciliation entre nature et culture, entre conduites inconscientes et actes de mansuétudes purs.

Il existe dans toutes ces œuvres une ambiguïté irréductible qui sensibilise le spectateur à une vision non manichéenne du monde, tapissée au contraire de zones grises d’une troublante attraction. Au point du jour ou bien à la tombée de la nuit, alors que l’âme hésite entre le doute et l’espoir, Sarah Jérôme nous enjoint à priser les éclats de lumière tapis dans chaque coin d’ombre. Une esthétique du contraste qui se traduit en images intenses et vulnérables à la fois, à la beauté crépusculaire.

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Sarah Jérôme, Honey horny, 2016 Faïence émaillée et cirée — 75 × 35 × 30 cm Courtesy de l’artiste & Galerie Da-End