Set — Up — Curated by Stephen Hepworth

Exposition

Photographie

Set — Up
Curated by Stephen Hepworth

Passé : 3 novembre → 23 décembre 2012

Les six artistes réunis dans Set-Up pratiquent tous une photographie qui revisite le studio comme lieu de création d’images. Chacun d’entre eux a élaboré une approche et une stratégie différente, en s’inspirant de domaines tels que la performance, l’anthropologie ou l’histoire de l’art, pour engendrer des images aux visuels saisissants et à la fugacité troublante. Aux Etats-Unis, le domaine de la photographie a développé une approche innovante et actuelle avec, d’une part, des artistes qui s’intéressent à l’exploration des limites techniques de leur matériel et à la mise en évidence des procédés visibles dans la fabrication d’une photographie et, de l’autre, ceux qui préfèrent créer des mises en scène en studio ou des natures mortes, afin de produire des images nouvelles et provocantes. Set-up renvoie non seulement à la nature de la création de ces images, mais aussi à un sentiment de déviation volontaire.

Sam Falls embrasse ces deux tendances en testant les limites de ce que peut être une photographie, avec des œuvres réalisées sous le soleil californien, qu’il utilise pour imprimer la trace décolorée d’un objet sur du tissu teinté, alors que d’autres se servent des conventions du studio et de l’appareil photo pour indexer les différentes méthodes de description d’un sujet. Il compose une nature morte de fruits et légumes qu’il photographie numériquement, puis l’échantillonne pour créer des nappes de couleur qu’il ajoute à l’image avant impression. Enfin, les fruits et légumes sont coupés en deux et utilisés pour tamponner de l’encre à la surface de la photographie, la faisant ainsi fluctuer tour à tour entre l’état d’image et celui d’objet.

Elisa Sighicelli poursuit sa recherche, souvent empreinte d’humour subtil, sur la poétique de la lumière et de l’espace, en reprenant son travail en studio après de nombreuses années passées à photographier et filmer des destinations exotiques. Ici, elle a choisi de photographier des objet banals tels que du scotch, du ruban ou du papier, tout en gardant comme sujet principal la lumière et ses effets. Ces nouvelles images possèdent une élégance dépouillée qui masque souvent les éléments qui les composent et questionne leur réalité, à travers un exercice de trompe l’œil contemporain qui consiste à les photographier à de multiples reprises.

De la même manière, Corin Hewitt utilise des matériaux banals pour créer ses clichés. Leur conception est le résultat de performances continues qu’il met en scène dans des galeries ou des musées. En 2009, au Whitney Museum of American Art, il construit un espace de travail surélevé et entièrement fermé, sous lequel est dissimulé un espace où ramper. Tout au long de l’exposition, il compose des natures mortes avec des matériaux à la fois cultivés et achetés, qu’il photographie avant de les recycler avec le reste des photographies dans la mise en scène de l’image suivante. Il crée ainsi un compte-rendu continu de son activité, associé à l’examen approfondi d’une transformation.

Michele Abeles fait usage d’un nombre limité d’éléments du quotidien (y compris un nu masculin) dans des mises en scène captivantes. L’identité de chacun de ces éléments est très claire et, dans un sens, auto emblématique. Malgré leur côté formaliste, chaque cliché suggère et évite simultanément toute signification, comme si une série d’indices était constamment mélangée, redéployée et redistribuée. Ses images graphiques et sans concessions sont réalisées en privé et impeccablement composées, avec une précision de profondeur de champ qui rappelle le studio photo classique et son éternelle toile de fond blanche.

La série Kiki and Me de Kate Costello fait référence à la célèbre modèle et muse parisienne Kiki de Montparnasse. Costello travaille avec des modèles pour créer des photographies de studio dans lesquelles ces dernières posent devant des toiles de fond peintes. Ses œuvres font allusion, par la similitude de leurs motifs et de leurs palettes, à une période historique qu’elle fait revivre tout en l’interrogeant à travers la pose des nus et la nature transitoire de la scène. Souvent accentuées par une intervention sculpturale dans l’espace, ses photographies créent un sentiment d’incertitude en fusionnant filiation historique et théâtralité improvisée.

Matt Lipps s’approprie des images d’Horizon, un magazine international artistique et culturel. En se basant principalement sur les numéros des années 50 et 60, il examine avec facétie la signification de certains objets et images lorsque ceux-ci sont associés à de nouveaux systèmes et catégories, modifiant ainsi leur contenu comme leur contexte. Rassemblés dans leurs nouveaux groupes, ils apparaissent tels des découpages de tailles diverses, disposés avec esprit et spectaculairement éclairés, comme le seraient des acteurs sur une scène éphémère et à tout instant reconfigurable.

Stephen Hepworth
  • Vernissage Samedi 3 novembre 2012 16:00 → 21:00
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6, rue Saint Claude


75003 Paris

T. 01 53 82 10 18

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Saint-Sébastien – Froissart

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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Les artistes

  • Michele Abeles
  • Kate Costello
  • Corin Hewitt
  • Matt Lipps
  • Sam Falls
  • Elisa Sighicelli