Stéphane Protic — Heaven’s door

Exposition

Dessin, installations, sculpture

Stéphane Protic
Heaven’s door

Passé : 10 mai → 30 juin 2012

Pour sa première exposition à la galerie Le Cabinet, Stéphane Protic, jeune artiste diplômé de l’Esart de Toulon, présente un accrochage articulé en trois temps où sont expérimentés autant de médias.

Une structure de latex épouse une partie de l’architecture de la galerie et des dessins d’enfants à la troublante nudité arborent comme autant de trophées tatouages et poupées décapitées pour certains, entourés de menaçants corbeaux pour d’autres. Une sculpture est enfin installée à même le sol, faite d’un socle sur lequel reposent des ossements vraisemblablement humains voilés par une fine gangue de latex. Ces trois propositions, a priori contradictoires, sont pourtant intimement liées au rapport qu’entretient l’artiste avec les notions de mort et de vanité. En se faisant écho, ses œuvres invitent le visiteur à questionner, le temps d’une exposition, son rapport à l’obscène, au fantasme, à ce qui se dérobe à son regard pour mieux lui être révélé.

Ainsi, Black box, vaste mais fragile installation monumentale, prend à parti l’espace de la galerie tout en l’occultant. D’un geste simple — faire coïncider les fines parois de la structure gonflable à celles de la salle d’exposition en aspirant l’air se trouvant entre les deux — Stéphane Protic met en scène une épure du lieu. Il en dresse un portrait en creux, le souligne à la façon d’une empreinte, d’un latex fétichiste ou d’une seconde peau éphémère, vouée à disparaître telle une mue une fois l’exposition achevée.

De mise en scène il est aussi question avec Cueille le jour, une série de dessins exécutés au graphite. C’est par la nudité des enfants et les symboles dissonants qu’ils portent à même la peau que le regard est choqué de prime abord. Mais ce choc est un masque évoquant une inquiétude bien plus profonde, où la prétendue innocence de l’enfance tout comme ses prémices sont menacés par l’idée même de la mort, de la ruine, de la vanité. Le « Carpe diem » qui titre la série ressemble plus à un avertissement qu’à une invitation épicurienne à profiter des plaisirs de la vie.

Haute comme une stèle, la sculpture Reliquiae revisite la technique de camouflage par recouvrement de Black box tout en prolongeant les thématiques explorées dans les dessins de Protic. La mort est toujours présente, bien que cachée et réduite à sa plus simple expression, à la façon d’un fétiche contemporain. En cela, cette œuvre-charnière apparaît comme la clé de voûte de Heaven’s door, exposition en forme de danse macabre redéfinissant en demi-teinte l’idée même d’un paradis perdu.

  • Vernissage Jeudi 10 mai 2012 à 18:00
Baraudou Schriqui Galerie Galerie
Plan Plan
11 Bastille Zoom in 11 Bastille Zoom out

62, rue Saint-Sabin

75011 Paris

T. 09 53 47 41 62

www.galeriebaraudou.com

Richard-Lenoir
Saint-Sébastien – Froissart

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

302x284 hands on design original

L’artiste

  • Stéphane Protic