Steve McQueen

Exposition

Film, sculpture, techniques mixtes, vidéo

Steve McQueen

Passé : 9 janvier → 27 février 2016

Image grid Steve McQueen — Galerie Marian Goodman La galerie Marian Goodman présente jusqu'au 27 février une nouvelle exposition de Steve McQueen, qui fait de la question du spectre... 2 - Bien Critique

« Je veux mettre le public dans une situation où chacun devient très sensible à lui-même, à son corps, à sa respiration. »

Steve McQueen

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La Galerie Marian Goodman présente la dernière installation filmique de Steve McQueen ainsi que plusieurs nouvelles œuvres spécialement conçues pour cette cinquième exposition de l’artiste à la galerie.

Le nouveau projet de Steve McQueen consiste en une installation murale composée de plusieurs dizaines de néons bleu foncé représentant chacun une forme manuscrite unique de la phrase Remember Me.

Ashes est une œuvre immersive constituée de deux films projetés simultanément de part et d’autre d’un même écran suspendu. C’est tout d’abord le portrait d’Ashes, un jeune homme originaire, comme la famille de l’artiste, de l’île de la Grenade. Souriant et espiègle, jouant avec l’objectif de la caméra, Ashes se tient à la proue d’un bateau au large de la mer des Caraïbes. Les séquences datent du tournage d’une autre œuvre de McQueen intitulée Caribs’ Leap (2002). Saisies sur le vif et tournées en Super 8 par le chef opérateur Robby Müller, ces images illustrent la composante documentaire du travail de McQueen. La critique Jean Fisher souligne que « la caméra à l’épaule comme partie intégrante du projet, la transgression des frontières entre l’imaginaire et le réel, entre l’espace du film et celui du spectateur, les interruptions dans la continuité narrative (…) » marquent une affinité avec le cinéma-vérité.1

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Steve McQueen, Ashes, 2014 Double projection vidéo HD synchronisée (transférée d’après des films 8 mm et 16 mm), son, écran double-face, affiches. — 20 min.31 sec. Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery

L’insouciance et l’apparente liberté d’Ashes contrastent avec le contenu du second film visible de l’autre côté de l’écran réalisé huit ans plus tard dans un cimetière de la Grenade, loin des images de carte postale de l’île caribéenne. « La vie et la mort se sont toujours côtoyées, dans tous les aspects de la vie » dit Steve McQueen. « Nous vivons quotidiennement avec des fantômes. »

L’intensité de la pièce réside dans l’antagonisme des deux projections (vie et mort, espace infini et espace clos) associé à une voix hors champ. McQueen utilise le mode du monologue pour tisser les fils d’un récit absent des images. Par le biais de ce dispositif le témoignage oral des amis d’Ashes fait de chaque spectateur un témoin du drame.

Pour Jean Fisher les installations filmiques de McQueen s’apparentent à des hétérotopies : ces lieux conceptualisés par Michel Foucault qui, par opposition aux utopies, sont à la fois réels et détachés des autres lieux, ayant le pouvoir de juxtaposer plusieurs espaces en eux-mêmes incompatibles. « Les hétérotopies de McQueen nous transportent dans un lieu dérangeant, révélant la nécessité de penser une manière de réimaginer et réhabiter le monde avec une plus grande sensibilité (…). » 2

Né à Londres en 1969, Steve McQueen rapporte : « J’ai découvert la réalisation, et je me suis dit : « ça y est, c’est ça ! », ce fut un instant eurêka. J’avais 19 ans. » En 1993, alors qu’il termine sa formation à l’Université Goldsmiths de Londres, il présente sa première vidéo, Bear au Royal College of Art de Londres. Ce premier film dévoile déjà certains des thèmes que l’artiste ne cessera d’explorer dans les années 1990 comme le rapport du corps à l’espace. Il est récompensé par le Turner Prize en 1999.

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Steve McQueen, Ashes, 2014 Double projection vidéo HD synchronisée (transférée d’après des films 8 mm et 16 mm), son, écran double-face, affiches. — 20 min.31 sec. Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery

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Son œuvre a été présentée à travers le monde dans de nombreux musées dont la National Portrait Gallery de Londres (2010), De Pont Museum of Contemporary Art de Tilburg (2009), l’Institute of Contemporary Art de Londres (1999), le MoMA de New York (1997). En 2009 il est choisi pour représenter la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. McQueen a participé à la Documenta X (1997), Documenta XI (2002) et XII (2007). Son travail a récemment fait l’objet d’expositions rétrospectives, à l’Art Institute of Chicago (2012) et au prestigieux Schaulager de Bâle (2014). Sa dernière exposition muséale en France date de 2003 (Musée d’Art Moderne de la ville de Paris).

Internationalement connu en tant que cinéaste, McQueen a réalisé trois longs métrages : Hunger (2008), Shame (2011) et 12 Years a Slave (2014). Il a été entre autre récompensé du prix de la caméra d’or au festival de Cannes pour Hunger puis couronné en 2014 par l’Oscar du meilleur film pour 12 Years a Slave.

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1 Jean Fisher, “Intimations of the Real: On Western Deep and Caribs’ Leap”, in Caribs’ Leap / Western Deep, Steve McQueen, 2002

2 Jean Fisher, “On the Space and Place in the Recent Work of Steve McQueen”, in Steve McQueen Works, Schaulager, Laurenz Foundation, 2012

  • Vernissage Samedi 9 janvier 18:00 → 20:00
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79, rue du Temple

75003 Paris

T. 01 48 01 70 52 — F. 01 40 27 81 37

www.mariangoodman.com

Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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L’artiste

  • Steve McQueen