Vincent Betbeze — Deux ex Machina

Exposition

Installations, son - musique, techniques mixtes, vidéo

Vincent Betbeze
Deux ex Machina

Passé : 17 mai → 8 juin 2013

La multiplication des films catastrophes de ses dernières années et les phénomènes sociologiques qui en découlent constituent une allégorie consciente ou non de la crise morale que traverse la civilisation occidentale confrontée aux catastrophes naturelles récentes ainsi qu’au climat imposé par une actualité source d’angoisses — catastrophe de Fukushima, crise financière, émeutes, pandémies, etc.

Les mécanismes d’immersion par projection et les processus psychiques d’identification cinématographique interrogent les conditions d’évolution psychologiques dans un contexte apocalyptique à la fois moral et physique, comme dispositif symptomatique de mises en forme de l’imaginaire social. Les installations proposées pour cette exposition relèvent de cet état de fait et donnent à éprouver les mouvements antagonistes d’implication et de distanciation qui agissent intimement au quotidien dans notre rapport aux images, et ce en faveur d’une inclusion intra-diégétique du spectateur « actant » dans l’immensité du hors champ cinématographique. Selon les procédés d’énonciations du cinéma ainsi que les mécanismes classiques du suspens et de logique de manipulation hitchcockienne, les dispositifs engendrés révèlent les objectifs insidieux d’une relation « bienveillante-sadique » avec le public qui s’applique autant à sa situation virtuelle qu’à sa situation réelle, et où le spectateur se retrouve dans une position qui est à la fois celle de l’observateur, de l’acteur, et de la victime potentielle.

Deus Ex Machina consiste en une introduction à un tiers point de vue, omniscient et inaccessible — ni objectif, ni subjectif, mais « divin » bien que pourtant aveugle et indifférent au sort des vivants, qu’il soit le simple témoin ou la cause de la menace. L’incarnation de ce regard abordé dans sa symbolique duelle ainsi que dans sa verticalité est orchestrée notamment par le biais de la convocation du vivant à l’œuvre et d’une tentative de dérèglement de son comportement aviaire engendré par une situation d’alerte, et dont le caractère aléatoire de réaction est directement inspiré du film Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock. Cette contamination entre fiction et la réalité constitue l’élément perturbateur visant à rompre le lien ombilical et rationalisant de la distance qui nous sépare des images dans une sorte d’excédant traumatique propre aux obsessions collectives, à la frontière même de l’espace intérieur et extérieur de la galerie.

Situé au confluent du cinéma et de l’art cinétique et influencé par l’héritage des sciences cognitives et de la psychanalyse, le travail de Vincent Betbeze s’applique à l’observation, la décontextualisation et la subversion des structures physiques et conceptuelles réflexives d’une aliénation réciproque du réel et de ses représentations. Empreinte d’une prolifération mécanique articulant mouvement, lumière son et odeur, ses préoccupations esthétiques se développent à la conjonction des névroses et des obsessions propres à la construction du corps social au travers de l’évolution des relations entre les sphères privées et publiques. En privilégiant une multiplicité de médium qui combine des techniques de fabrication de dispositif scéniques et cinématographiques associés aux ressources des nouveaux médias et technologies, l’artiste sonde les résurgences et les stratifications de la psyché collective dans nos processus de construction identitaire et d’individualisation. Ce travail d’exploration se traduit par des axes de recherches orientés sur la notion de flux — matière-énergie-information — en confrontant l’évolution de leurs matérialités relatives à leurs entropies concrètes. Plus spécifiquement, il s’agit d’exploiter les relations possibles entre variables numériques et variations esthétiques au travers de l’équation espace-œuvres-visiteurs, dont l’artiste stigmatise les déplacements et les persistances dans un chaos implacablement orchestré. En libérant la représentation de ses fonctionnalités normatives assignées, il délocalise le rapport cognitif à l’œuvre vers un registre multi sensoriel du réel de l’expérience donnée. Au fil des réalisations, son champ d’application s’étend en terme de territoires réels ou supposés, au-delà de leurs limites spatiales et temporelles, et dont certaines pièces jouent un rôle de catalyseur.

  • Vernissage Vendredi 17 mai 2013 à 18:00
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82, avenue Denfert-Rochereau


75014 Paris

www.jeunecreation.org

Denfert – Rochereau

Horaires

Du mardi au samedi de 13h à 18h

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L’artiste

  • Vincent Betbeze