Vincent Broquaire — Malleability

Exposition

Dessin, film, installations, nouveaux médias

Vincent Broquaire
Malleability

Passé : 10 janvier → 16 février 2013

L’œuvre de Vincent Broquaire fait penser au trompe-l’œil. Prenons le dessin intitulé Capture ; sur la partie gauche du dessin : un homme, sur la droite un arbre. L’homme tient en main ce qui semble être un crayon — non, en fait, c’est une tablette. La cime de l’arbre — que des racines maintiennent bien au sol — penche vers la tablette. À première vue l’arbre est absorbé par la tablette, mais se pourrait-il aussi que la tablette donne naissance à l’arbre ? Le capturé et le « captureur » oscillent de part et d’autre. Le trompe-l’œil est surtout associé au surréalisme, dont la fonction était alors de remettre en question les perceptions de la réalité.

Si Broquaire met en doute notre perception de la réalité, ce serait celle des mondes virtuel et matériel. Nous pourrions penser de prime abord qu’il rejette le monde virtuel parce que irréel. C’est en effet une position de la critique, inquiète de voir des blogs remplacer les journaux, de constater la confiance, parfois aveugle des consommateurs pour les achats en ligne, ou pour les contenus ambigus de nombreuses vidéos, dont le public se nourrit.

Mais si l’on retourne à l’œuvre de Broquaire, où le numérique et le monde physique sont représentés avec le même type de trait, tels les dessins, les animations et les installations — donc des objets —, on doute qu’il partage l’opinion de la critique. Il semble dire qu’il n’y ait ni réel ni irréel, mais que tout est créé par l’homme.

L’humour, en art est controversé : ce qui est drôle peut-il être aussi sérieux ? Les trompe-l’œil surréalistes étaient des tableaux de l’impossible, utilisés pour nous déjouer de la réalité. Aujourd’hui l’absurde n’est plus choquant. Les vidéos, largement disponibles sur les médias sociaux en regorgent. L’absurde est devenu un simple divertissement. Pire encore, nous semblons en réclamer chaque jour davantage. Mais l’humour peut encore être un outil flexible : il peut être présent dans une simple chatouille, un petit coup sur l’épaule, une devinette. En plus d’être amusant, il peut mettre en avant nos limites. Un défi des artistes serait donc d’en trouver de nouvelles approches.

Si les œuvres de Broquaire ne peuvent s’appréhender de façon rectiligne, mais par des chemins détournés, un texte à leur propos devrait suivre les mêmes chemins.

Retournons donc au dessin Capture, et à la question initiale : la tablette crée-t-elle l’arbre, ou l’arbre la tablette ? Peut-être pourrions-nous répondre : les deux ? Puisque, l’humour et l’art, comme le monde numérique, comme du reste nos rituels sociaux — et celui de fréquenter les galeries —, sont créés par l’homme, comme tout ce qui est fabriqué, comme toute notre culture. Il y a donc un effet répétitif à créer et être créer à son tour. Et lorsque nous reverrons l’œuvre Capture ou d’autres œuvres « en boucle » de Broquaire, nous y verrons autre chose, car notre réalité, malléable, change constamment. Peut-être est-ce précisément cela le trompe-l’œil de Broquaire ¬ — ou plutôt « trompe-l’esprit » au sujet de la réalité, qui semble toujours la même et pourtant ne cesse de changer.

  • Vernissage Jeudi 10 janvier 2013 18:00 → 21:30
Xpo Gallery Galerie
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17, rue Notre-Dame de Nazareth


75003 Paris

www.xpogallery.com

Arts et Métiers
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Horaires

Du mercredi au samedi de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

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L’artiste

  • Vincent Broquaire