Wolfgang Stiller — Impermanence : Aspects of Human Condition

Exposition

Installations, peinture, sculpture

Wolfgang Stiller
Impermanence : Aspects of Human Condition

Passé : 15 mai → 30 juin 2014

Wolfgang Stiller est un artiste Allemand originaire de Wiesbaden qui vit et travaille à Berlin. Son œuvre qui a déjà circulé dans le monde entier est pour la première fois exposée en France à la Galerie Albert Benamou — Véronique Maxé. Son programme esthétique riche et varié, s’exprime à travers la sculpture, le dessin et de vastes installations.
 Wolfgang Stiller se vit comme un alchimiste des temps modernes, un scientifique dans un laboratoire de recherche, et son atelier est un véritable espace alternatif nourri d’expériences multiples. Il s’y essaie à tous les matériaux, simultanément, comme un chef d’orchestre, en les détournant de leurs référents ordinaires. La cire, le bois, le métal, le latex lui permettent des transformations infinies.

Galerie albert benamou wolfgang stiller twins on scale 2004 medium
Wolfgang Stiller, Twins on Scale, 2004 Cire-balance de laiton — 60 × 25 × 50 cm Courtesy of the artist & Galerie Albert Benamou, Paris

L’ambition de cet artiste est d’inverser le rapport entre le naturel et l’artificiel. Il se complait à bousculer les hiérarchies, les classifications, établies dans les anciens Cabinets de curiosités (Wunderkammern, chambres des merveilles) des précieuses reliques dont les Princes Allemands de l’époque Baroque ont enrichi les collections des musées. Il analyse les rapports complexes divisant « naturalisa », « artificialia » et « scientifica ». Il est fasciné non seulement par la science mais aussi par les collections d’insectes, de papillons, les ensembles d’histoire naturelle. Mais il ne récupère pas d’éléments organiques pas plus qu’il n’en créé. Il refuse d’agir en démiurge ou de copier la nature, mais s’applique à en détourner l’apparence et à provoquer des mutations parfaitement artificielles et contre nature justement. Il choisit dans le but d’intégrer ses travaux dans une légitimité muséographique un système de présentation, des rangements et empilements dans des boites, des vitrines et des présentoirs, des flacons, qui leur confèrent une dimension historique. 
L’époque contemporaine a enrichi son vocabulaire d’objets industriels manufacturés à qui il redonne une nouvelle vie, une noblesse, exaltant leur caractère esthétique, la beauté caché d’objets considérés comme les rebuts d’une société. Il invente à sa manière ainsi une nouvelle catégorie, « l’industrialia ».


Galerie albert benamou wolfgang stiller figures 2013 medium
Wolfgang Stiller, Figures, 2013 Polyuréthane -peinture mixte -textile — 230 × 120 × 200 cm Courtesy of the artist & Galerie Albert Benamou, Paris

Des installations spectaculaires dans des musées attestent de mondes mystérieux, de voyages initiatiques dans des archéologies recomposées, alternent grottes (Industrial deposits) ou des objets industriels recouverts de cire ont l’air d’être d’avoir été congelés à l’ère glaciaire ou pétrifiés depuis des millions d’années. Des nécropoles ou fausses excavations avec des empilements de casques-cranes (Skulls, 2007) évoquent les guerriers des tombes chinoises, il anticipe une sorte d’archéologie du futur. Que restera-t-il de notre ère sinon les objets fabriqués par les hommes ? Des peaux artificielles sont fripées, tordues séchées, arrêtées dans leur processus vital ou en évolution. (Aspects of life) Étalées comme dans les coulisses du département de conservation d’un musée (Skins) Faux Darwin il questionne les substances, mi généticien mi conservateur mi fouilleur.


Galerie albert benamou wolfgang stiller matchstickmen 2011 medium
Wolfgang Stiller, Matchstickmen, 2011 Bois-acrylique-Gouache — 155 × 158 cm Courtesy of the artist & Galerie Albert Benamou, Paris

L’espace restreint d’une galerie ne lui permettant pas ces mises en scène macabres et envoutantes, nous allons proposer des citations de ces mondes, des fragments. Et le produit de ses dernières recherches dans lesquelles le monde des humains commencent à apparaitre.
 Les matchstick men (Hommes allumettes) dispersés dans un éparpillement aléatoire montrent une facette nouvelle de ses préoccupations. Il s’éloigne momentanément d’un concept d’évolution pour une réflexion, un questionnement politique, humain et moral. Pendant une période de sa vie, l’artiste a habité Pékin d’où il a rapporté des moulages de têtes utilisées pour un film, avec des batons de bambous d’une installation, qui sont devenus ces faciès orientaux sur piques. Comme pour le reste de ces œuvres « in progress », il ne donne pas de solutions, d’interprétation, mais propose par ces métaphores visuelles une lecture de l’humanité contemporaine. Il ne dénonce pas spécifiquement un système d’oppression politique même si la question des droits de l’homme s’impose à la vue de ces décapités consumés par le feu. Wolfgang s’est interrogé sur les contradictions de l’histoire, l’exploitation, la globalisation, la colonisation. Mais avant tout il donne une dimension universelle à ces gisants calcinés. Comment l’humain traite t’il son prochain ? Au delà de ce symbolisme il conserve son gout de la sculpture, de ses possibles combinaisons et variations dans l’espace, une architecture de signes et de ponctuations, le hasard ou l’accident, une phrase d’Oulipo. Sans en oublier les déviations ludiques, le rébus énigmatique d’un jeu de mikado.


Une note d’espoir affleure dans la coquille nacrée qui accouche de ces nouveaux nés comme des perles baroques ou de ces petits sceaux de cire. Une renaissance ? Un idéal clonage ? Des jumeaux complices ou ennemis ? Une fois de plus Stiller brouille les pistes de l’évolution, des origines et du devenir du monde. À suivre.


Véronique Maxé
  • Vernissage Jeudi 15 mai 2014 à 18:00
Galerie Albert Benamou Galerie
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7 rue Froissart


75003 Paris

T. 01 45 63 12 21

Site officiel

Saint-Sébastien – Froissart

Horaires

Sur rendez-vous uniquement 14h00 — 18H30

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L’artiste

  • Wolfgang Stiller