Zarina Hashmi — Life Lines

Exposition

Collage, dessin, lithographie / gravure, sculpture

Zarina Hashmi
Life Lines

Passé : 17 septembre → 5 novembre 2016

L’exposition de la rentrée est consacrée aux récentes œuvres de Zarina Hashmi, représentée par la galerie depuis 2008. Née en Inde à Aligarh en 1937, l’artiste communément appelée Zarina, est constituée d’un tissu sophistiqué de diagrammes et de cartes incarnant la mémoire d’un lieu, d’un évènement, le souvenir d’une atmosphère ou d’un instant expérimenté qu’il soit sonore, visuel, olfactif, émotionnel ; il fait écho à la vie de l’artiste, dont le cheminement à la fois personnel et familial — en accompagnant son époux dans ses missions diplomatiques autour du monde — tout autant que social et politique lors de ses nombreux déplacements au sein de villes, pays et continents ; ses voyages lui permettent de recevoir l’enseignement de grands maîtres de la gravure tels Toshi Yoshida au Japon ou de Stanley Hayter à l’Atelier 17 à Paris. Travaillant principalement la gravure sur bois avec des papiers provenant du monde entier, l’artiste cartographie, durant ses séjours dans ces pays, les multiples conflits politiques et leurs effets collatéraux — la partition de l’Inde alors qu’elle à 10 ans ; la perte progressive de l’Urdu, sa langue maternelle; les guerres de religion ou les déplacements de frontières dont celle d’une Inde séparée qui a inéxorablement entrainé l’émigration de toute sa famille vers Karachi entrainant une irrévocable nostalgie de la terre perdue.

À la croisée des chemins entre architecture, sculpture et xylographie, ses gravures sur bois, ses œuvres uniques sur papier placées en installations murales ou encore ses moulages sculptés en pulpe de papier, accompagnent son voyage de vie; son œuvre, réalisée à base de papier qu’elle « considère comme une seconde peau qui respire, vieillit, peut être tâchée, ou encore percée et moulée » est riche par la qualité tactile des matériaux dont l’artiste explore toutes les possibilités. Son attachement à la pratique d’autres religions et vérités est primordiale, à travers le Soufisme, philosophie prédominante de l’Inde islamique ou encore le Bouddhisme.

La portée poétique de son œuvre surpasse de loin son contexte socio-politico-culturel tant elle offre des réminiscences de sons, de couleurs et d’odeurs ainsi qu’une emphase sur la symmétrie et l’équilibre des formes structurelles pures de l’architecture moghole, et, surtout, la calligraphie nastalique de sa langue maternelle, l’Urdu, omniprésente dans son œuvre puisqu’elle précède toujours l’image.

Loin de se limiter à une archéologie du passé, l’œuvre de Zarina fait surgir des lieux et des atmosphères façonnés par l’imagination ou le désir, sculptés et taillés à la lumière d’espoirs enracinés dans la matière du papier ayant la capacité à la fois de respirer et de vieillir, une fragilité et une résistance ayant traversé le temps. Ses matériaux de prédilection sont le bois, qu’elle taille, tout autant que le papier qu’elle manie avec une précision et une connaissance extrêmes, jusqu’à en connaître toute l’histoire. Evocatrices des anciennes tablettes d’écriture, les sculptures en pulpe de papier laissent deviner toutes les marques de leur temps, dans leur forme pure de géométrie ou d’architecture sacrée, nous plongeant tout autant dans l’univers fractal de la nature que dans l’univers majestueux des palaces et monuments islamiques ; sans oublier leurs riches textures et couleurs de pierre que Zarina exprime à travers ces innombrables variétés et mélanges de pigments terracotta, ivoire, rose de sienne ou encore charbon de bois, graphite et ocre. Par-chemin mémoriel, l’œuvre de Zarina est l’expression d’un atlas personnel, de voies multiples et vastes à travers continents et civilisations. Alors qu’elle avance en âge et dans sa quête spirituelle, l’œuvre de Zarina s’est récemment portée vers le lieu de son ultime voyage qu’elle traduit par ses recherches sur la lumière divine Noor ; celle-ci a trouvé forme par l’usage de feuille d’or, de l’encre obsidienne, de l’encre Sumi, par ses colliers de prières et tasbih en perles ou encore de marbre onyx, blancs ou noirs. Ses récentes œuvres dévoilent une paix et une lumière qui laissent derrière tous les chemins tortueux de la vie pour y accéder enfin.

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L’œuvre de Zarina est représentée dans d’importantes collections publiques, notamment aux Etats-Unis au MOMA, Whitney, Guggenheim, Metropolitain Museum à New York ; à l’Art Institute de Chicago, à la Menil Foundation de Houston, au Hammer Museum à Los Angeles. En Europe, au Centre Pompidou à Paris, à la Tate Gallery à Londres et en Inde dans le Musée d’art contemporain de Delhi. Sa première présentation à Paris date de 2008 lors de l’exposition inaugurale de notre nouvel espace, puis en 2011 lors de son exposition personnelle Noor. Une exposition rétrospective itinérante de son œuvre intitulée Zarina : Paper like Skin s’est tenue en 2012 au Hammer Museum de Los Angeles puis au Guggenheim de New York et au Chicago Art Institute aux Etats-Unis. Elle est accompagnée d’un catalogue présentant une soixantaine d’œuvres de 1961 à nos jours.

  • Vernissage Samedi 17 septembre à 15:00