Jean-François Leroy — Oh my mind, my body’s thinking

Exhibition

Installation, sculpture, screen-printing

Jean-François Leroy
Oh my mind, my body’s thinking

Starts tomorrow: October 16 → December 14, 2019

Ceci/cela, Meuble/Sans meuble, mais aussi D’une chose l’autre, De biais et parfois de dos ou Assis/couché. Plusieurs titres soulignent la dualité qui traverse de part en part l’œuvre de Leroy : sculpture et peinture ; design et sculpture ; plat et tridimensionnel ; usiné et manuel ; etc. Le carton même de l’exposition « Oh my mind, my body’s thinking » — un titre ô combien duel — associe des éléments qui n’appartiennent pas au même registre iconographique. La sculpture Ceci/Cela a été redessinée sous trois angles différents par l’artiste Julien Tibéri, et placée au cœur d’un paysage forestier en noir et blanc, que nimbe un certain romantisme. De la sorte, la colonne, à la fois figure anthropomorphe et corps exaltant littéralement sa matérialité, devient-elle une image énigmatique, flottante.

Si, sur le carton d’invitation, Ceci/Cela va dans le décor, c’est à l’œuvre même et non à son image, qu’il arrive la même aventure. Regardez _Oh my mind, my body’s thinking _ (2019) : l’image sylvestre du carton, désormais agrandie, recouvre la surface du mur tel un papier peint, que ponctuent ici et là de petites structures bricolées à l’aide de tasseaux de bois. Certes le bois pourrait être le dénominateur commun entre les conifères de l’image et les constructions fixées au mur. C’est toutefois la tension entre la sculpture et le décor qui l’emporte. Cette même dualité avait déjà trouvé à se manifester dans Sans titre (Fond) (2010) : un petit volume en bois, recouvert d’un crépi jaune et constitué de deux volets, révèle sur l’une de ses faces intérieures la photographie d’un trottoir souillé de déchets. Les fragments de bois semblent s’être déportés du tas de détritus de l’image au mur de l’espace d’exposition, pour y gagner une nouvelle fortune. La sculpture et l’image ; l’œuvre et le rebut ; le noble et l’ignoble.

— Marjolaine Lévy, “Merlin”, texte écrit pour l’exposition Oh my mind, my body’s thinking, L’ahah #Griset, 2019.