Katrin Koskaru — The line of little figures

Exhibition

Painting, mixed media

Katrin Koskaru
The line of little figures

Ends in 30 days: January 25 → March 28, 2020

Pour son retour à Paris où elle a souvent exposé et a même séjourné quelques temps en résidence à la Cité Internationale des Arts, l’artiste estonienne Katrin Koskaru propose une installation immersive qui prolonge ses réflexions et expérimentations autour des limites de la représentation en peinture, tout en les ouvrant à l’appréhension de sa physicalité, et, conséquemment, sa profonde humanité.

Bien sûr, il y a toujours, au-dessus de son bureau, dans son atelier niché au cœur du dédale de couloirs et de pièces de la Bibliothèque Nationale d’Estonie, des coupures de presse et des images des conflits en cours, des drames écologiques qui y sont souvent associés, et aux murs, des collages où celles-ci disparaissent, effacées, ou partiellement recouvertes de peintures. (…) On retrouve partout dans les sources de Katrin Koskaru, cette même fascination pour les trésors de beauté déployés afin d’assoir toute forme de domination. L’architecture constitua longtemps un point de départ édifiant, au propre et au figuré, pour l’artiste qui en souligne souvent le rôle symbolique majeur dans la construction (et la destruction d’ailleurs) des idées/discours politiques.

Les nouvelles propositions plastiques de l’artiste délaissent la forme-tableau, et investissent les espaces d’exposition où elle est invitée à intervenir. Elle y installe des pans et/ou des rouleaux de tissus travaillés à la colle, à l’encre et à la peinture par tant et tant de passages qu’ils en ressemblent à des bâches plastiques aux arrangements chromatiques pourtant trop lumineux, trop complexes, pour de tels matériaux. Là encore, adossés contre les cimaises, les objets picturaux produits évoquent des corps fatigués — une stase en plein mouvement chorégraphique.

— Extrait du communiqué de presse, L’ahah, décembre 2019

« Dans la rue de l’un des espaces d’exposition de L’ahah, il y a un coiffeur. À l’intérieur, entre les miroirs et la vitrine, sont fixés trois crochets où pendent des serviettes — une verte, une bleue, une orange vif. Je n’ai pas vu tout de suite que c’était un salon de coiffure, ni même de serviettes. À la place, j’ai pensé : une galerie, une œuvre, un rythme coloré sous l’éclairage trop blanc, une réussite, entrons. C’est là que j’ai compris.

Quelques minutes plus tard, à L’ahah, j’ai appris que les pièces de Katrin Koskaru prendraient forme sur les lieux de l’exposition, au moment du montage. Les anticiper était impossible puisque la pratique de Katrin était en train de se modifier entièrement. On savait seulement qu’il s’agirait de tissus retravaillés installés dans l’espace par l’artiste — des toiles colorées devenant volumes, des effets de densité, des transparences, des présences.

En repartant, je me suis dit que parler des trois tissus sous la lumière du salon de coiffure serait une des manières d’écrire sur l’exposition sans mentir, de cheminer sur ses bords, de viser à côté sans la manquer tout à fait. »

— Nina Léger, extrait du texte écrit spécifiquement pour l’exposition The line of little figures, L’ahah, #Moret, 2019