L. Camus-Govoroff — Le Bruit des larmes
Exposition
L. Camus-Govoroff
Le Bruit des larmes
Dans 11 jours : 28 mars → 6 juin 2026
Direction artistique : Renaud Codron
La Galerie Edouard-Manet de Gennevilliers présente une exposition personnelle de L. Camus-Govoroff, intitulée Le Bruit des larmes. Artiste pluridisciplinaire né·e en 1997, iel vit et travaille entre Paris et la Normandie. Formé·e à l’HfG Karlsruhe, au NODE Center de Berlin et diplômé·e de l’ENSAD Paris en 2021, iel explore à travers installations, performances, sculptures et textes les dynamiques de pouvoir, notamment l’amour et la biopolitique.
Pour son exposition personnelle à la galerie Edouard-Manet, L. Camus-Govoroff propose un format unifié de ses dernières recherches. Cette approche est l’occasion de repenser un ensemble « upgrade » dans une cohérence de temps et de lieu.
De manière globale, la sculpture d’L. est une expérience de l’entre-deux et de l’intervalle où l’espace est pensé comme une déclinaison de matières spécifiques comme l’acier et le verre, ayant pour fil conducteur : l’eau. Pour Le bruit des larmes l’artiste choisit de nous embarquer dès l’extérieur de la galerie. S’en suit une succession de passages dans lesquels nous sommes aspirés comme par une porosité invisible où s’interpénètrent des glissements visuels d’une transformation à l’œuvre. L’espace est ici en mouvement, le dedans et dehors ne s’opposent plus, l’intérieur et l’extérieur s’indistinguent pour créer une poétique de la marge. À la fois disparates et singulières, toutes ces propositions font seuil dans une homogénéité sensible impossible à fixer.
Par essence politique, le geste d’L. relève d’un engagement physique où le corps, animé par la pensée, vient mettre en exergue les œuvres pour créer un espace collectif et social. Cette proposition critique et radicale, par son format brut, produit une certaine idée du vertige, celle d’un corps commun. Ainsi, l’ensemble de cette installation consiste en une invitation plurielle et inclusive à une performance artistique générale. Support de nos corps, les formes pensées par l’artiste invitent et activent nos récepteurs comme autant de stimulis. La démarche est d’induire nos sensations, comme pour nous inciter à toucher, sentir, voir, écouter et peut-être même goûter, et quoi qu’il en soit re(s)sentir à nouveau. Peut-être sommes-nous face à une œuvre d’art totale libérée des croyances aliénantes ? Ou confronté.es à la totalité d’une œuvre dont la spiritualité s’invente sous nos yeux. Ce qui est sûr, c’est que le travail d’L. Camus-Govoroff, par le feu et l’eau, instille un nouveau souffle.
Il n’en reste pas moins les stigmates : les souffrances et les brimades visibles et invisibles sur nos corps et dans nos esprits. C’est à cet endroit que réside le bruit. Caché, enfoui au fond des enfants que nous avons été. Celles et ceux à qui on a appris sciemment à canaliser leur énergie vitale au profit des activités productives. Cette oppression est probablement le lit de cette rivière souterraine, qui déborde en nous. L’artiste nous renvoie à nos instincts, ceux de vie comme ceux de mort, à cette réalité du monde qu’il est parfois nécessaire de fuir. Fixer les refoulements humains n’est pas sans conséquence et nous rappelle combien il est urgent de repenser et de reconstruire notre rapport au désir.
L’unicité plastique de cette exposition est le signe d’une fluidité retrouvée. Ainsi, cette maturité esthétique acte d’un renouvellement où l’émancipation des systèmes hiérarchiques de la représentation atteint un stade fusionnel avec le monde et les autres. On parlera alors de liminalité comme le suggère l’artiste.
Renaud Codron
Vernissage : vendredi 27 mars, de 18h à 21h
Rencontre avec l’artiste : samedi 4 avril à 15h
Participation à la Nuit Blanche : samedi 6 juin de 18h à 21h
Lecture-atelier : Morgane Ortin
Perfomance : Roméo Dini
Concert : Mélodie Blaison
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Vernissage Vendredi 27 mars 18:00 → 21:00
Horaires
Tous les jours sauf le dimanche de 14h à 18h30
et sur rendez-vous. Entrée libre.
L’artiste
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L. Camus Govoroff