Michel Parmentier — Ce silence nous regarde

Exhibition

Painting

Michel Parmentier
Ce silence nous regarde

Past: February 2 → 29, 2024

La galerie Michel Journiac de l’École des arts de la Sorbonne de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne présente un événement autour de la figure de Michel Parmentier en deux volets, associant peinture et cinéma : l’exposition de la peinture de Michel Parmentier : 20 janvier 1994 et la projection du film documentaire de Bernard Bloch : 304 cm x 308 cm Presque le silence, Michel Parmentier, Bruxelles, 1994 ainsi qu’une rencontre / débat « Ce silence nous regarde, une œuvre, un film — 1994 » sur l’expérience limite de rencontre entre deux médiums avec une communication de Bernard Bloch et Agnès Foiret dans une table ronde en clôture de l’exposition.

Une archive documentaire inédite complète l’exposition : le film préparatoire Repérage, Presque le silence, 1993, réalisé par Bernard Bloch à Bruxelles dans l’atelier de Guy Massaux.

La rencontre/débat consacrée à la peinture en actes de Michel Parmentier développera plusieurs points : les enjeux critiques du refus du film par Michel Parmentier ; l’engagement de la répétition du même comme acte partagé entre le cinéaste et le peintre ; le défi que constitue la mise en images d’un travail de peinture qui revendique la nullité picturale ; la fonction spécifique du récit de création ; la création d’un dispositif matériel qui permet de voir ce que le travail de peinture ne montre pas ; la transparence et la disparition comme moteur narratif.

Figure centrale par sa radicalité et néanmoins atypique par sa marginalité dans le panorama de l’abstraction des dernières avant-gardes historiques en France, Parmentier déroute. Il nous plonge dans l’incertitude lorsque l’on cherche à comprendre le rapport qu’il entretient avec sa propre peinture dans cette tentative d’une pratique du silence.

De quoi ce silence est-il fait ? Cette tentative d’aller vers l’appauvrissement en peinture, contre la souveraineté du monochrome qu’il qualifie, avec sarcasme, de splendide réussite, tout cela forme une inextricable complexité qui ne sera jamais clarifiée, juste approchée.

Parmentier dit qu’il touche la question de la peinture en mettant en œuvre la nullité picturale.

En 1994, du 17 mars au 15 mai, Michel Parmentier expose une série de peintures d’oil bar antique et titanium white sur papier calque polyester au Carré des arts de la ville de Paris. Le blanc domine dans une visibilité rasante, ténue, fébrile. Dans un texte du catalogue, daté du 26 janvier 1994, il écrit : « Produire encore, de loin en loin, ce peu (cet encore trop) sans destinataire, qui existe en train de se faire (et ne se justifie pas pour autant), qui se déréalise, se contredit, se défait dans le cela fait ; se vide aussi, je l’espère, dans un résultat qui n’en est pas un. Produire pour en finir encore. » 1994 est également l’année de la réalisation du film 304 cm x 308 cm Presque le silence, Michel Parmentier de Bernard Bloch.

304 cm x 308 cm désigne le format des peintures de Michel Parmentier et énonce l’intention de réduire l’écart expressif au plus faible entre les deux médiums : penser la surface, enregistrer l’indifférence, approcher la peinture au plus près au moyen de la caméra. L’image en mouvement dit-elle ou montre-t-elle le silence ? Comment entendre l’appel à ce silence comme autre chose qu’une projection ? Pourquoi vouloir rendre compte d’une peinture insignifiante plutôt qu’invisible, irréductible à toute magnification du silence, neutralisant jusqu’à l’idée de peinture ?

**

« Il y a presque de l’insolence à parler de “travail” pour désigner la répétition de gestes aveugles et obstinés de Parmentier, appliqués à peindre à blanc.

Action stupide soutenue qui ne méprise pas plus qu’elle ne délègue le “faire”.

Il ne faut pas compter y trouver davantage la mise en valeur du geste ultime qu’une proposition critique de ce qu’il reste encore peut-être à dire avec les moyens de la peinture.

Parmentier persiste à esquinter le projet qu’on ait ou pas d’adhérer à sa nécessité d’appauvrir.

Où est-il quand il peint ? Pas de réponse.

Il n’est pas là.

Déficit quant à la production, déroute quant à la présence.

Présence réduite à un excès intermittent et aphasique, quelques jours par an.

Présent dans l’acte de peindre et absent à la peinture.

L’exécution d’une telle obsession de nullité n’ouvre aucune voie, pas même à la redéfinition réciproque de la présence et de l’absence.

Si l’absence veille, elle ne prétend rien.

C’est quoi cet acharnement à ne rien dire, à peindre pour rien ? S’exercer méthodiquement à ne pas surmonter la défaillance.

Parce qu’elle exclut tout énoncé, la peinture de Parmentier élimine le rien qui rend quitte du rien et ne rend compte de rien.

Encalminé dans la résistance à la demande, lâchant une rafale de refus, inexploitable, ce hoquètement du pas grand-chose.

Peut-être l’insistance d’une attention pour l’un peu nul, le quotidien, le sans- nom, pour ce qui ne vaut rien et qui n’arrive ni à s’empêcher ni à s’émerveiller

de la disparition. »

Agnès Foiret — Extrait du catalogue de l’exposition Michel Parmentier 17 mars — 15 mai 1994, Carré des arts, Ville de Paris, commissariat Marie-Odile Van Caeneghem

Michel Journiac Gallery Gallery
Map Map
15 Paris 15 Zoom in 15 Paris 15 Zoom out

47-53, rue des Bergers

75015 Paris

galeriemicheljourniac.com

Charles Michels
Lourmel

Opening hours

Monday – Friday, 10 AM – 8 PM
Saturday, 10 AM – 1 PM
Other times by appointment

The artist

  • Michel Parmentier