Sarah Tritz — Je suis une économie du désir
Exposition
Sarah Tritz
Je suis une économie du désir
Dans 4 jours : 5 septembre → 24 octobre 2026
Notes sur « Je suis une économie du désir » une exposition de Sarah Tritz chez Florence Loewy par Eugénie Zély :
Des maquettes de poids-lourds se suivent et rasent les murs, des dinosaures en faïence les accompagnent. Des avions dessinés sur du papier, légèrement et volontairement jauni, leur tombent dessus. Les poids-lourds et les dinosaures avancent, certains avions s’écrasent, d’autres décollent.
Rien ne bouge.
Nous projetons.
C’est une procession.
La procession d’un problème de représentation.
Les dinosaures sont une actualisation du souvenir qu’a eu une enfant d’une espèce éteinte. Le format de ce souvenir : un dessin que Sarah a reconstruit en toutes ces petites occurrences lourdes et tristes. Il était composé de l’agencement de plusieurs des images des sous-espèce qui composait ce que nous appelons : les dinosaures.
Par la pesanteur de la mémoire et les soubresauts de la conscience : les dinosaures forment une union raisonnable entre les avions et les camions. Une union raisonnable et sombre, le récit des strates de disparitions, la forme consciencieuse d’un drame. Celui de l’absence d’images contre la quantité des représentations. Le poids et la répétition. La taille de l’histoire. Une fiction.
Je rase les murs avec les formes qui les effleurent. J’entre à mon tour dans l’économie du désir.
Désir de l’histoire, l’histoire des hommes, les poids-lourds et l’histoire des humains, les dinosaures. Entre les deux, l’histoire des femmes. Au dessus, nappant ces trois histoires : celle des enfants. Qui est un embarras, que sont-ils au juste les enfants ?
C’est peut-être une de questions de ces formes, les enfants sont-ils ce que nous croyons qu’ils sont c’est-à-dire une altérité radicale ? Nous les traitons comme tel alors que les enfants n’existent pas.
Il y a des individus pris dans leur durée,
Sarah donne une forme à cette durée, la place dans une économie.
L’appelle : désir.
C’est un tout petit morceau de la réalité où Sarah Tritz fait persister dans l’ambiguïté tous les temps que nous avons traversé, que nous traverserons. Ce corps, le nôtre, qui contient et qui projette les désirs subis et les désirs assouvis, les désirs connus et les désirs ignorés. Ils s’étalent sur ce qui peut les contenir : les poids-lourds.
Les indices d’une intériorité, de sa nature (son mystère : le temps) qui habiteraient entre les marchandises, leur transport, le peu d’espace qui serait la fin du temps. Sur les surfaces des poids-lourds de Sarah Tritz les espoirs, les souvenirs, l’avenir, le passé. Rien et tout, c’est-à-dire : de la spéculation.
Une science fiction autant que la mesure du prix payé, ses larmes.
L’artiste
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Sarah Tritz