Etienne Auguste
Je claque ma porte, je descends l’escalier.
Je vais, je viens mes mousquetons à la ceinture et l’appareil près du corps. Je m’engouffre dans la nuit, je suis dans un autre monde. Je perçois la faune nocturne. Je suis reconnu, certains crient mon prénom à l’autre bout de l’avenue.
Quand je choisis de m’asseoir au sol, les jambes en V et les paumes a plat derrière le dos, c’est que je suis ici et nulle part ailleurs. J’ai le cœur qui bat fort, je ne bois pas des bières chaudes.
A l’échelle de la rue, je suis une proie ou une tirelire. Je fais des photos, j’apprends les codes puis je m’en vais. Je ne changerai pas le cours des choses, j’ai l’espoir de poser mon regard, j’ai le voyeurisme nécessaire pour raconter derrière le rideau.
J’accepte mal le confort d’être chez moi alors que tant de personnes vivent la violence. Lorsque je rentre après avoir fermé ma porte, j’ai l’eau courante, je charge mon téléphone, je peux manger chaud et m’endormir dans un lit double aux draps propres. Je vais avoir 34 ans et je regarde la précarité tel un écho de ma vie aisée.
Je scrute le bitume, J’arpente mon quartier.
Etienne Auguste, octobre 2024
2015 — Voyage à pied en Chine pendant 361 jours
EXPOSITION PERSONNELLE
2026 — serialgalerie Paris
EXPOSITION COLLECTIVE
2025 — Les invisibles de la nuit, galerie Sinibaldi Leneuf
FORMATION
2011 — diplômé d’Efet Paris
2013 — diplômé des Beaux-Arts de Bruxelles.
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Etienne Auguste, Bitume subtil

