Alain Clément — Exposition d’une donation
Exposition
Alain Clément
Exposition d’une donation
Encore 11 mois : 4 juillet 2026 → 1 juin 2027
La donation Elisabeth et Alain Clément d’un ensemble de peintures, sculptures et gouaches sur papier en 2024 est venue compléter un ensemble déjà présent dans les collections de Carré d’Art — Musée d’art contemporain. Alain Clément a choisi le Sud de la France comme terre d’élection. Avec Tjeerd Alkema, Jean Azémard et Vincent Bioulès, il fonde le groupe ABC Productions en 1969. Proche de mouvements d’avant-gardes, comme Supports/Surfaces, il participe au débat théorique de remise en cause de la peinture mais s’éloigne vite d’une rigueur formelle pour laisser libre cours à une forme d’expressionnisme. Il a été professeur de 1977 à 1990 et directeur de 1985 à 1990 de l’école des Beaux-arts de Nîmes. L’artiste développe une œuvre abstraite au long cours située entre recherche de la composition, sensualité du geste et de la couleur. Ses peintures, sculptures et gravures réunissent plaisir optique, sensibilité et force de construction. Le corps est présent comme sujet et dans le rapport physique du peintre à l’espace de la toile. La peinture sort peu à peu de son cadre pour se confronter à l’architecture. En 2024, il a collaboré avec les architectes de la Halle des sports de Nîmes pour une intervention à grande échelle. La présentation sera complétée par ses expérimentations pour ce projet sur toiles libres à cette occasion.
Né en 1941 à Neuilly-sur-Seine, Alain Clément vit et travaille aujourd’hui entre Nîmes et Paris, où se situent ses deux ateliers et se rend régulièrement à Berlin, autre ville de prédilection. Il se forme à Paris à l’académie de la Grande Chaumière et à l’Atelier 17 de S.W. Hayter où il s’intéresse à la gravure et à l’édition. Devenu Montpelliérain en 1965, il ouvre un atelier d’imprimerie et de typographie. Cet intérêt pour le livre et la poésie ne se démentira jamais. Dans les années 70, il participe aux questionnements sur la peinture dans sa forme traditionnelle et illusionniste qui agitent la scène artistique. Son inspiration puise dans l’œuvre de Monet, Stella, Newman. Ses voyages en Italie, à Rome et à Venise, l’étude de Borromini et du Bernin le conduisent à une expression picturale que l’on peut qualifier de baroque. La ville et le jazz deviennent une nouvelle source d’inspiration après un séjour à New York. Au cours des années 1990, le lyrisme de sa peinture s’assagit, l’espace se resserre, pour devenir structuré, architecturé. Cette nouvelle construction du tableau conduit le peintre à franchir le pas vers la troisième dimension. Des reliefs muraux, des sculptures voient le jour, qui composent désormais une nouvelle forme d’expression aux côtés de la peinture. Depuis, toutes les expositions d’Alain Clément témoignent de cette double création et du dialogue entre peinture et sculpture. Un long séjour en Toscane renforce l’architecture des créations picturales, témoignant de l’attirance du peintre pour l’espace construit du Quattrocento. Un voyage éclair à Tanger l’oriente vers une ligne faite d’arabesques, une lumière et une couleur inspirées de l’art de Matisse qui hante le peintre depuis toujours. Dans les années 2010, Alain Clément reçoit de nombreuses commandes pour des sculptures monumentales ou des éléments liés à des architectures. La sculpture, monumentale ou éditée en petits formats, prend de plus en plus d’importance mais reste liée à la peinture.