Allen Ruppersberg — The Mystery of Nabokov...

Exposition

Installations, nouveaux médias, photographie, poésie...

Allen Ruppersberg
The Mystery of Nabokov...

Dans 4 jours : 3 juin → 18 juillet 2020

«It is not the parts that matter, it is their combinations1»

Né en 1944, Allen Ruppersberg appartient à la première génération d’artistes dits conceptuels, et participe dès 1969 à l’exposition “quand les attitudes deviennent forme”. Son œuvre articule de nombreuses références renvoyant tant à la culture populaire et à la communication de masse, qu’à la littérature. Elle intègre une part personnelle et autoréflexive et ne privilégie pas de medium particulier même si le rapport au texte et à l’image reste proéminent. Son œuvre use allègrement de l’emprunt et de «collages» mettant en place avec humour une forme d’intrigue dans des œuvres que l’on pourrait qualifier de “décors”, produit par un système de références en cascade, formelles ou symboliques.

Son œuvre met en place un système fragmentaire que l’on pourrait dans un sens rapprocher de l’apophénie que l’on définit comme une perception altérée du sujet ; qui le conduit à relier des événements ou des phénomènes, n’entretenant a priori pas de rapports évidents ou exclusivement rationnels entre eux. “La perception vient déborder la rationalité de l’individu2”, dans une forme d’intellect proche de la paréidolie, qui pousse le spectateur à spéculer et à formuler des hypothèses, comme dans le cadre du prestige ou de la pratique de l’illusion. Ruppersberg joue de ce rapport en produisant des œuvres qui semblent à élucider avec un certain nombre d’indices mais aussi de fausses pistes et de pièces manquantes. Elles impliquent un jeu de patience où le spectateur se doit ou non de reconstituer une logique interne au travail de l’artiste qui sous couvert d’une apparence protocolaire assume une part de hasard et d’aléatoire empêchant néanmoins sa résolution totale.

The Mystery of Nabokov… réunit un ensemble de trois œuvres de Allen Ruppersberg articulant un rapport à son atelier à la fois œuvre et ressource constitutive de sa pratique. C’est une véritable archive, une accumulation constituée de livres, de films, d’affiches, de photographies, de disques, d’objets divers et de curiosités que l’artiste a collecté durant de nombreuses années. Il les a disposés sans ordre et sans agencement pré-établi mais avec le même soin que celui apporté à la constitution de ses œuvres, en recouvrant les murs du sol au plafond, afin de créer l’œuvre d’une vie, une matrice, comme unique cadre de travail.

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1 Vladimir Nabokov, The Real Life of Sebastian Knight, Penguin Modern Classics, Londres, p 176

2 Joachim Soulières, Les coïncidences, Dervy, Paris, 2012