Bente Skjøttgaard — Espèces Nouvelles

Exposition

Céramique, sculpture

Bente Skjøttgaard
Espèces Nouvelles

Passé : 30 janvier → 12 mars 2016

Les croisements de registres, notamment ceux entre nature et culture, sont depuis toujours au cœur des recherches de la plasticienne-céramiste Bente Skjøttgaard. Parfois l’inspiration première est celle de la nature — une tempête dans une forêt, la géologie, ou les mouvements des nuages et de l’air — parfois c’est la longue histoire de la céramique avec ses possibilités et le défi de ses limites qui déclenchent le processus créatif.

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Bente Skjøttgaard, Blue white species no 1551, 2015 Grès et glaçure — 13 × 20 × 16 cm Courtesy of the artist and Galerie Maria Lund, Paris

EVOLUTION

La première exposition de Bente Skjøttgaard à Paris en 2004 présentait ce qui fut le passage de la tradition potière — l’exploration du contenant, la jarre, le pot, le plat comme support d’expérimentation de la matière céramique — vers une approche purement sculpturale où la fonction potentielle était définitivement exclue. Le passage s’était opéré par « la déviation/le détournement » d’une série de « plats ». Les plats saturés de glaçures brillantes s’étaient métamorphosés en lacs — et les « anses » avaient pris la forme de branches qui entouraient ou se noyaient dans les lacs… Puis les anses-branches avaient évolué vers des ramifications et des entrelacs infinis ; certains d’une finesse extrême, d’autres épais comme des troncs… Le végétal était définitivement là. La suite a été plus géologique : l’ensemble Elements in white (Eléments en blanc, 2008) présentait une exploration de la matière terre, le minéral et les mouvements géologiques. Le tout enveloppé dans des glaçures d’une blancheur dense et mate aux surfaces étonnantes. Une tour de force céramique tant par les découvertes en terme de texture que par la taille monumentale des pièces.

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Bente Skjøttgaard, White green species no 1554, 2015 Grès et glaçure — 16 × 22 × 16 cm Courtesy of the artist & Galerie Maria Lund, Paris

L’illusion de la légèreté des nuages a succédé au poids de la roche avec les séries Dans les nuages (2010) et Aire de repos (2012) où l’attention était à la fois portée à un défi contradictoire — à savoir la représentation d’un phénomène fluctuant et vaporeux avec les matières céramiques — et à la couleur. Bente Skjøttgaard a développé une gamme très marshmallow qui reprenait tout le spectre céleste tout en rappelant les textures de la grande pâtisserie. Avec son exposition Cumulomnibus (Copenhagen Ceramics, 2014) l’exploration des nuages a atteint une forme d’apothéose : l’inspiration directe, le Cumulomnibus, roi des nuages — phénomène complexe né de la rencontre entre cumulus provoquant un mouvement vers le haut — avait fait exister un panache de formes ouvertes aux couleurs psychédéliques : variations d’orange, de bleus et de mauves — et de certains blancs aux rougeurs très sensuelles. Un monde envoûtant de formes où les intempéries avaient convoqué le floral, la haute couture et le sucré…

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Bente Skjøttgaard, Green species no 1550, 2015 Grès et glaçure — 12 × 17 × 18 cm Courtesy of the artist & Galerie Maria Lund, Paris

DEDANS ET DEHORS

Si, comme décrit précédemment, le végétal a un beau jour poussé du contenant, c’est maintenant une histoire poétique des deux  — le contenant/le pot et la branche/le colombin — qui constitue l’agenda de Bente Skjøttgaard : Un jour l’être humain a eu besoin de contenir, de transporter, de préserver, de protéger… Il a peut-être pris un coquillage pour soulever l’eau vers sa bouche ; il s’est réjoui que l’eau de pluie s’accumule dans le creux d’une roche ou bien il a admiré le tressage des nids qui permettait aux oiseaux de vivre en hauteur loin des dangers de la terre… Ces suppositions s’inscrivent dans l’histoire des civilisations. Nous savons que le contenant en terre se retrouve dans toutes les cultures et qu’il représente une des premières traces de l’ouvrage humain. Les nouvelles œuvres de Bente Skjøttgaard partent de branches plutôt grosses car elle a « tricoté sur des aiguilles épaisses » pour monter des structures très ouvertes, ondulantes… Dans ce maillage organique des « nids-bols-contenants » se nichent en solitaire ou à plusieurs, s’ils ne se posent pas carrément dessus formant une pièce montée des plus extravagantes… Les branches soutiennent, entourent et pénètrent les « bols », des trous se créent, des passages aussi. L’artiste permet ici au produit culturel du contenant de retrouver ses origines naturelles pour se muer en variations imaginaires sur les liens entre les deux : La branche est aussi colombin, serpent, paille et corde et le contenant pierre, cosse, carapace, nid ou simple trou dans la terre… Les couleurs sont vives — des roses, mauves, jaunes acidulés et bleus de cobalt en combinaison avec un blanc immaculé. Les surfaces mates en rencontrent d’autres lustrées ; densités et transparences se déploient dans un jeu de craquelures et de dessins en relief tels celui des écorces et des peaux animales, voir celui d’un marbre encore inconnu… Bente Skjøttgaard est partie pour ajouter un autre volet très personnel à l’histoire infinie qu’entretiennent culture et nature tout en poursuivant son exploration des possibilités céramiques.

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Bente Skjøttgaard, Lavender species no 1545, 2015 Grès et glaçure — 15 × 17 × 16 cm Courtesy of the artist and Galerie Maria Lund, Paris

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PARCOURS

La Galerie Maria Lund a présenté cinq expositions (2004, 2006, 2008 et 2010, 2012) de Bente Skjøttgaard (née au Danemark en 1961) qui ont reçu un excellent accueil — auprès du public, de la presse et des institutions. Ses sculptures ont rejoint le Fond national d’art contemporain, Paris et le V&A, Londres, le Musée National de la Céramique, Sèvres, les Musées de Châteauroux et nombre de collections publiques du nord de l’Europe. Bente Skjøttgaard expose régulièrement en Europe, aux Etats-Unis ainsi qu’en Corée du Sud (KIAF en 2008, 2009, 2010 et 2011 — Gyeonggi International Ceramics Biennale, (Adventures of the Fire — World Contemporary Ceramics) 2009 et 2011). Son œuvre a également été présentée à la Biennale de Châteauroux (2009 et 2011), à la Biennale de Vallauris (2010 — section sculpture) et dernièrement elle a fait partie du Parcours Carougeois (2015, exposition sur la ligne, Halles de la Fonderie). En 2012 l’artiste a créé la plateforme d’exposition Copenhagen Ceramics en collaboration avec les plasticiens-céramistes Martin Bodilsen Kaldahl et Steen Ipsen. Jusqu’au 1er mars 2016 une sélection de ses « nuages » est visible dans le cadre de Climats artificiels à l’Espace Fondation EDF,Paris.

Jusqu’au 1er mars 2016 une sélection de ses « nuages » est visible dans le cadre de Climats artificiels à l’Espace Fondation EDF, Paris.

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