Carmen Perrin — Atmosphères

Exposition

Dessin

Carmen Perrin
Atmosphères

Encore 20 jours : 18 mai → 13 juillet 2019

La galerie Catherine Putman présente Atmosphères la troisième exposition personnelle de Carmen Perrin.

Depuis les années 80, Carmen Perrin s’est imposée comme sculptrice. Au début des années 90, elle commence à travailler en lien étroit avec l’architecture et le paysage. Actuellement, elle poursuit des collaborations sur des projets liés à l’espace public et mène, en parallèle, une recherche qui articule étroitement la pratique de la sculpture et celle du dessin.

Le lien fort entre ces deux pratiques tient à une question centrale dans toute l’œuvre de Carmen Perrin, celle de la tension. Le dessin chez elle répond à un processus intrinsèquement lié à une gestuelle, souvent répétitive, parfois presque chorégraphiée où l’idée de forces, physiques et optiques, est omniprésente. Articulées avec une trame graphique qui délimite l’espace constructif de chaque dessin, les tensions, liées à l’utilisation de la couleur, sont au centre de ses dernières œuvres.

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Carmen Perrin, Elles vont et viennent, 2019 Crayon sur papier — 100 × 140 cm © Carmen Perrin

Dans Elles vont et viennent, 2019 et S’encoublent, 2019, Carmen Perrin cherche à faire apparaître des reliefs qui pénètrent dans un milieu simultanément opaque et translucide, lisse et strié. L’idée de ces dessins est venue lors de la réalisation de croquis pour la fabrication d’une porte dont la structure en béton, très mince à certains endroits, laisse passer la lumière. Cette réflexion autour du déplacement de la lumière a guidé le choix du crayon jaune. Ces dessins émanent d’un travail lié à son regard sur l’architecture et à l’attention qu’elle porte aux découvertes de la physique contemporaine et de la biologie.

Expérimentant sans cesse de nouveaux procédés qui lui permettent de créer des œuvres perturbant notre perception sensorielle, Carmen Perrin a travaillé avec de la poudre de chantier bleu électrique déposée au cordeau pour réaliser l’œuvre CLAC, 2019. À travers le geste bref et précis de la main qui crée une tension entre le cordeau chargé de poudre et la feuille en papier sur laquelle celle-ci va d’abord « exploser » puis se déposer, le dessin devient presque aussi sonore que visuel.

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Carmen Perrin, Tracé CLAC, 2019 Cordeau à tracer, bleu craie — 107 × 107 cm © Carmen Perrin

Dans d’autres œuvres la perception d’une image en couleur est perturbée par un motif géométrique ou un texte noirs, réalisés à la craie grasse, qui filtrent le regard. Pour cette exposition Carmen Perrin a aussi réalisé une gravure, revenant à une pratique qu’elle avait expérimentée lors de ses études à l’École supérieure des beaux-arts de Genève. Avec la technique de l’eau-forte elle s’intéresse aux différents états d’une image sous la morsure de l’acide.

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Carmen Perrin, Tristes anthropiques, 2019 Craie grasse sur carte du monde — 80 × 140 cm © Carmen Perrin

On retrouve également dans l’exposition des œuvres dont les tensions sont liées à la perforation. Deux d’entre elles sont réalisées avec des cibles industrielles assemblées et perforées dans la composition desquelles une couleur beige/peau s’articule avec le motif imprimé d’une cible pour pistolet. Dans l’une d’elle la cible est fixe et dans l’autre elle a bougé. Les œuvres Entrepiche sont constituées d’une superposition d’images lenticulaires perforées qui laissent apparaître, à l’intérieur des espaces creusés par les emporte-pièces, des fragments de deux images colorées perceptibles successivement quand le spectateur se déplace.

Dans Tracé tourné et Tourné collé, des dessins au crayon et à la colle chaude sont réalisés sur un plateau circulaire, entraîné par un moteur, qui tourne plus ou moins vite au moyen d’une pédale guidée par l’artiste. Chaque projet mène l’artiste sur un terrain d’expérimentations plastiques dont les règles de base naissent de la nécessité de renouveler des interactions entre le corps, la main, l’oeil, le matériau avec les forces qui les affectent.

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Carmen Perrin, Tracé tourné/frappé, 2018 Crayon de couleur — 163 cm de diamètre © Carmen Perrin

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Carmen Perrin

Galerie Catherine Putman