Chechu Alava — The Hall of Mirrors
Exposition
Chechu Alava
The Hall of Mirrors
Dans 3 jours : 25 avril → 6 juin 2026
Comment montrer son engagement, féministe et sociétal, lorsqu’on fait de la peinture ? Comment témoigner de son ressenti face au quotidien, lorsqu’on s’inscrit autant dans l’histoire de l’art et qu’on dialogue avec les maîtres du passé ? C’est ce que Chechu Alava soumet, sans l’imposer, pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Xippas de Paris.
Avec une facture qu’elle a développée depuis près de vingt ans, sorte de réalisme onirique que l’artiste se défit de rapprocher de trop de romantisme ou de symbolisme, Chechu Alava s’est fait majoritairement connaître par des représentations de corps de femmes. Si elle a souvent répondu qu’elle pouvait employer, par facilité, sa propre enveloppe, ce modèle s’inscrit également dans les archétypes intemporels. Tout comme cette nouvelle toile, Dark Night, figure de proue de l’exposition, qui à partir d’une Marie Madeleine noue le lien avec l’un de ses tableaux préférés, la Magdalena pénitente, de Juan Carreno de Mirande, exposée au Musée Bellas Artes de Asturias, sa région natale, tout en conduisant la réflexion sur cet injuste destin. Certains le savent, Marie de Magdala fut cette femme érudite et cultivée qui siégea dans l’entourage du Christ. Le treizième apôtre aurait-on même suggéré… Conseillère, prêtresse, peut-être guérisseuse, les mauvaises traductions et les lectures machistes en feront, au cours des siècles, une sorcière, une prostituée, une infidèle… Son propre tableau, à l’érotisme immédiat donné par cette délicate douceur de peau et cette nudité attrayante, s’inscrit aussi dans une spiritualité plus élevée et un mystère où chacun peut projeter ses interprétations ou fantasmes personnels.
D’autres pièces, plus petites ou à la verticalité du format téléphone, témoignent de la présence de la plasticienne face au monde ou aux réseaux sociaux. S’interrogeant sur la promiscuité d’apparition entre les “tutos” de maquillage et les enfants mutilés par les différents conflits, elle s’est emparée ici de cette réalité tragique et ces futilités chronophages qui habitent tristement notre quotidien. Par des tonalités aux dégradés gracieux, parfois relevés d’or ou d’une couleur presque fluo et sa touche subtilement floutée, elle en a retiré la narration immédiate, faisant oublier le médium d’origine. « Je souhaite, précise-t-elle, que ces œuvres soient des peintures qui parlent de peinture et soient connectées à mon métier. » Car Chechu Alava s’inscrit réellement dans une tradition et une famille picturale, qui va de Léonard de Vinci à Giotto, de Francisco de Goya à Diego Velazquez, et bien évidemment à toutes ces créatrices à qui elle rend hommage indirectement, telles que Sofonisba Anguissola, María Blanchard, Artemisia Gentileschi, Marie Laurencin, Paula Modersohn-Becker, Alice Neel ou Suzanne Valadon.
Rappelant qu’à son arrivée à Paris en 2001, à l’époque où la peinture était mal aimée, le Louvre fut son refuge. « Je conçois mon existence entre l’histoire de l’art et la vie, entre internet et les musées », précise-t-elle encore. Tandis que ses débuts étaient emprunts d’expressionisme à la Willem De Kooning, sa facture tendre, presqu’onctueuse s’est invitée naturellement, accompagnant sa conception de la sensualité. « La peinture doit être érotique, non dans l’image, mais dans la sensation qu’elle provoque », conclut Chechu Alava. Elle a cherché à figurer la peau, le souffle, l’air… et a réussi la prouesse de le faire physiquement ressentir. Une forme de mystère s’est imposée à elle, sans intention et elle l’a accepté… laissant la peinture parler, avec force et empathie, d’individualité et de collectif.
Marie Maertens
Chechu Alava est née à Piedras Blancas, Asturies (Espagne) en 1973. Elle vit et travaille à Paris. Chechu Alava a récemment présenté des expositions monographiques : en 2025 à la galerie Xippas (Genève, Suisse), à la Megan Mulrooney Gallery (Los Angeles, États-Unis) et à la COB Gallery (Londres, Royaume-Uni), en 2023 à la Galeria Alegria (Barcelone, Espagne), en 2022 à la Galerie Xippas (Paris, France), à la COB Gallery (Londres, Royaume-Uni) et en 2021 à BravinLee Programs (New York, États-Unis). En 2020, le Musée Thyssen Bornemisza de Madrid a présenté son exposition personnelle « Rebeldes », accompagnée de la publication d’une monographie. Son œuvre a également été montrée dans de nombreuses expositions institutionnelles : en 2022 au Museu Fundacion Juan March (Palma de Mallorca), au Musée Lazaro Galdiano (Madrid), au Musée Barjola (Gijon, Espagne), à l’Institut Cervantès (Rome), au Musée des Beaux-Arts de Castellón de la Plana (Castellon, Espagne), au Carré de Baudouin (Paris), à la Cité des Arts (Paris). Ses œuvres se trouvent dans de nombreuses collections publiques importantes : le Musée des Beaux-Arts d’Asturies, le Ministère espagnol de la Culture, Le Siège Gouvernemental de la commune d’Asturies, la Fondation DKV ainsi que de collections privées de divers pays : Colombie, Mexique, Allemagne, Portugal, États-Unis, France, Royaume-Uni, Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud et Espagne. En 2014, son travail a été sélectionné par un jury international pour faire partie du catalogue « 100 Painters of Tomorrow », publié par Thames and Hudson.
Horaires
Du mardi au vendredi de 11h à 13h et de 14h à 19h
Les samedis de 10h à 19h
L’artiste
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Chechu Alava