Christian Boltanski — Après

Exposition

Installations, techniques mixtes

Christian Boltanski
Après

Encore 16 jours : 20 janvier → 13 mars 2021

Galerie marian goodman exposition 1 christian boltanski 1 1 grid Christian Boltanski — Galerie Marian Goodman, Paris Un an après sa grande exposition au Centre Pompidou, Christian Boltanski présente à la galerie Marian Goodman une exposition réjoui... 3 - Bravo Critique

« Nous sommes entourés de disparus qui restent gravés dans notre mémoire et dont la présence me hante ». Christian Boltanski

La Galerie Marian Goodman a le plaisir de présenter « Après », la première exposition personnelle en France de Christian Boltanski, depuis sa rétrospective au Centre Pompidou il y a un an.

Répartie sur les deux niveaux de la galerie, Christian Boltanski y donne libre cours à son goût pour un art total, où les œuvres déploient une scénographie propre. Articulés en un tout cohérent, elles stimulent tous les vecteurs de perception, qu’ils soient directs ou plus enfouis dans l’intimité du souvenir. « L’expérience que je souhaite pour le public qui vient visiter chacune de mes expositions n’est pas forcément de comprendre mais de ressentir que quelque chose a eu lieu.1 » résume l’artiste. Cette exposition comprend un nouvel ensemble de sculptures doublé de projections vidéo, une grande installation vidéo inédite au sous-sol, et s’achève avec deux autres installations de réalisation plus ancienne. Au rez-de-chaussée, des masses de tissus blancs sur des chariots occupent, pêle-mêle, le centre de la salle. Dans ces nouvelles œuvres intitulées « Les Linges » (2020), et initiées pendant le confinement du printemps dernier, les matériaux emblématiques de Boltanski « prennent une signification nouvelle en lien avec les événements que nous vivons ». On est invité à se perdre et à déambuler parmi ces formes qui finissent par nous renvoyer à un souvenir, une atmosphère ou une expérience vécue.

Cette installation cohabite avec des projections aux murs intitulées « Les Esprits » (2020). On y voit des visages d’enfants, dont les traits à peine visibles s’effacent doucement, comme des souvenirs fugaces. D’abord très fantomatiques, les visages se dessinent plus distinctement sur les murs à mesure que le jour décline, créant ainsi une interaction dynamique avec les caractéristiques propres à l’espace de la galerie. Une vidéo à peine visible et mystérieuse accompagne le spectateur et l’invite à descendre.

Au niveau inférieur, l’installation vidéo « Les Disparus » (2020), se déploie sur quatre grands rideaux sur lesquels des « vidéos clichées d’une vision fabriquée du bonheur recèlent des images subliminales des horreurs qui ont eu lieu au cours du siècle où je suis né et qui se sont déroulés en parallèle d’une partie de ma vie », explique l’artiste, « elles demeurent présentes dans le subconscient de la plupart d’entre nous ». Le mot « Après » (2016) invite à entrer dans un lieu plus apaisé où se trouvent « Les Vitrines » (1995).

Christian Boltanski est né à Paris en 1944. Depuis sa toute première exposition au cinéma Le Ranelagh en 1968, le travail de Boltanski a été exposé dans de nombreux lieux d’expositions partout dans le monde. Dès 1984 le Musée national d’art moderne lui consacre sa première rétrospective. En 1988 plusieurs grands musées américains organisent une importante rétrospective itinérante. Entre 2012 et 2018 il réalise plusieurs projets au Chili, au Brésil, en Argentine ou au Mexique. En 2018, son travail a été montré en Chine à la Power Station of Art de Shanghai, au Israël Museum à Jérusalem en Israël ainsi qu’au European Centre for Art and Industrial Culture à Völklingen en Allemagne. En 2019, outre son exposition rétrospective au Centre Pompidou (Mnam) à Paris, le Japon accueille une exposition itinérante au National Museum of Art d’Osaka, à la National Art Gallery de Tokyo et au Prefectural Art Museum de Nagasaki. Entre 2001 et 2014, Christian Boltanski a reçu plusieurs prix récompensant son œuvre.

1 In Christian Boltanski. Faire son temps, Ed. Centre Pompidou, Paris, 2019, entretien entre C. Boltanski et B. Blistène, p.63