Claude Viallat — Sutures et Varia

Exposition

Techniques mixtes

Claude Viallat
Sutures et Varia

Encore 23 jours : 30 janvier → 20 mars 2021

Représenté depuis plus de vingt ans par la galerie, Claude Viallat, figure incontournable de l’art contemporain français, investit pour la première fois le vaste espace de la rue du Grenier-Saint-Lazare pour une exposition radicale défiant les codes de la peinture, du volume et de l’espace. Membre-fondateur dans les années 1970 du groupe avant-gardiste Supports-Surfaces, Claude Viallat s’est imposé comme une figure de proue de la peinture française. Depuis près d’un demi-siècle, il fait fi du châssis et de la toile pour peindre sur des textiles libres ou juxtaposés, le même motif, répété à l’infini et décliné en une palette de couleurs chatoyantes.

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Sutures et Varia propose une sélection de peintures réalisées ces deux dernières années. La nouvelle série « sutures » développée pendant les récents confinements, s’ancre, pour la première fois, dans une réflexion sur notion de jonction. Des tissus aux contours et textures inattendus sont assemblés, comme « suturés » par des bandes de tissus aux motifs floraux. Ces sutures, à la fois frises ou bandages, sont aposées librement ou pliées soignement à la colle par l’artiste. Elles laissent entrevoir par leurs béances le mur et ainsi l’artifice de ces combinaisons. Chez Viallat, l’intuition créé la toile. Comme il l’explique : « Je ne peux jamais prévoir ce que l’œuvre va donner, et même après plusieurs décennies de pratique artistique, je suis encore surpris du résultat. Pourtant, je l’accepte toujours tel qu’il est. C’est presque un rapport d’humain à humain que j’ai avec l’œuvre. Je fais ce que je peux avec elle jusqu’à ce qu’elle ne veuille plus de moi… » Le dialogue audacieux, intuitif, spontané entre bâches industrielles ou linges de maison, soudainement métamorphosés par leur verticalité et le geste du peintre, marque une étape supplémentaire dans la réflexion de l’artiste sur le statut de l’œuvre d’art. Peut-on s’extraire du cadre conventionel du tableau tout en créant une œuvre d’art qui soit résolument « peinture » ? Comment faire jaillir la puissance expressive à partir de matières si hétéroclites, usées, déjà saturées de motifs ou d’imprimés ? Plus fraîches et créatives que jamais, ces nouvelles œuvres témoignent de la complexité des recherches d’un artiste qui, à bientôt 85 ans, n’a eu de cesse de s’interroger sur l’expérience physique de l’art, sa relation à l’espace et les limites formelles du « tableau ».

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Claude Viallat est né en 1936 à Nîmes, où il vit et travaille aujourd’hui. Le groupe « Supports/Surfaces » auquel son nom reste intimement lié, appellait à un renouvellement de l’art par la remise en question des matériaux traditionnels. Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques dont celles du Musée National d’Art Moderne de la Ville de Paris, du Musée National d’art moderne — Centre Pompidou, et du MoMA (New York). Il a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment à la Venet Foundation (2019), au Musée Fabre à Montpellier (2014) et au Ludwig Museum en Allemagne (2014), au Museo del Chopo au Mexique (2004), Museum of MuBe au Brésil (2001), au Kunsthalle Düsseldorf en Allemagne (1983) et au Centre Georges Pompidou (1982). En 1988, il a représenté la France au Pavillon français de la 43ème biennale de Venise en Italie. En 2018, une grande installation de 1982 a été exposée en 2018 à Art Basel, dans la section Unlimited. Après ses premières collaborations avec Daniel Templon dans les années 70, ce sera la 10 ème exposition de l’artiste avec la galerie.