Frédérique Lucien — Trames & Variations

Exposition

Collage, dessin

Frédérique Lucien
Trames & Variations

Encore environ un mois : 8 novembre → 21 décembre 2018

Pour la neuvième exposition personnelle de Frédérique Lucien, la galerie Jean Fournier, présente un ensemble d’œuvres sur papier, les Feuiller, pour lequel Frédérique Lucien recourt à la découpe et à l’élaboration de trames géométriques et colorées. « Je ne dessine pas sur le papier mais dans le papier » nous confie l’artiste en préparant l’exposition.

Depuis les années 1990, le travail de Frédérique Lucien se construit à partir d’un vocabulaire de formes et de motifs liés au végétal, au minéral, à l’organique et au corps humain. Travaillant en série, Frédérique mène de front simultanément plusieurs ensembles thématiques : le corps humain avec le dessin, la sculpture et la céramique, et le végétal principalement avec le dessin et les papiers découpés. Chacune de ces séries nourrissant l’autre.

La série des Feuiller est à l’œuvre depuis 2012. Invitée dans le cadre du projet Dessiner-Tracer, Frédérique Lucien s’est rendue au musée Matisse du Cateau-Cambrésis et au musée La Piscine à Roubaix. La restitution de ses visites s’est d’abord concrétisée par des dessins et des découpages dans des carnets. Ensuite, certaines pages ont été publiées dans la revue Cursif en corolaire du projet 1. Cette série est tout à la fois nourrie des dessins et des papiers découpés de Matisse et de l’observation de tissus anciens conservés à la tissuthèque du musée roubaisien. C’est un dialogue fécond entre deux conceptions du décoratif. On retrouve la liberté de Matisse dans les formes végétales et linéaires mais également une attention particulière pour les arts appliqués.

Les Feuiller s’inscrivent au cœur d’une démarche où le dessin se conjugue aux motifs et où l’observation d’éléments végétaux est la base d’une réflexion vers l’abstraction. Leur titre se réfère à la fois à la feuille de papier en tant que support mais aussi à la feuille organique. Le répertoire des Feuiller est constitué de formes découpées, simples ou juxtaposées, vides ou pleines. La découpe de ces déclinaisons abstraites d’éléments d’origine organique et végétale, se superpose sur des trames. Ces dernières, extrêmement variées, peuvent être tant régulières, répétitives, géométriques qu’aléatoires.

Si le vocabulaire de Frédérique Lucien est immédiatement reconnaissable, cette série a renouvelé radicalement son rapport à la couleur et l’on peut observer en six années une évolution audacieuse à marier des couleurs sourdes avec d’autres plus franches et à se jouer de contrastes toujours plus vifs. Les trames se sont elles aussi complexifiées avec une multiplicité de lignes et de motifs proches de l’univers Art & Craft. On peut y déceler un aspect plus gestuel parfois même expressionniste, tout à fait nouveau pour Frédérique Lucien.

Pour cette exposition, elle conçoit une présentation spécifique sur le grand mur de la verrière de la galerie où se mêlent différents formats comme le faisait Matisse dans son atelier où les compositions découpées créaient un environnement sans cesse repensé. Cette forme de présentation accentue l’idée de série et de passage d’une œuvre à l’autre, elle inscrit également le travail de Frédérique Lucien dans un rapport à l’espace en se confrontant à l’échelle du lieu.

À l’occasion de l’exposition, un livre d’artiste est édité à 300 exemplaires comprenant 30 tirages de tête incluant une œuvre originale.

1 Cursif, le dessin dans tous ses états, Tome 1, éditions Analogues, Association des Conservateurs des musées du Nord-Pas de Calais, 2011-2012.