Hans Hartung — Dans les pas de Hans Hartung

Exposition

Collage, dessin, peinture, techniques mixtes

Hans Hartung
Dans les pas de Hans Hartung

Encore 9 jours : 10 septembre → 31 octobre 2020

Dans les pas de Hans Hartung

C’est une longue histoire qui lie Hans Hartung à la galerie Berthet-Aittouarès. Histoire avec le lieu, puisque c’est à cette même adresse, en 1936, dans ce qui était encore la galerie Pierre, que Hartung, pour l’une de ses premières apparitions sur la scène parisienne, présenta, à l’invitation de Pierre Loeb, l’un de ses tableaux juste à côté d’une œuvre de celui qui deviendra l’un de ses grands amis, Jean Hélion.

Histoire avec les personnes qui firent et font encore vivre ce lieu car Michèle et Jean-François Aittouarès ont connu Hans Hartung dans les années 1980, le peintre les ayant alors accueillis sur son lieu de vie et de travail, à Antibes. L’exposition qui s’était tenue à la galerie en 2006, Hors champ, portait déjà la trace de cette histoire-là. Celle qui s’ouvre aujourd’hui aussi, plus profondément encore.

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Hans Hartung, T1982-K40, 1982 Peinture sur toile — 130 × 102 cm Galerie Berthet-Aittouarès

Si les vingt œuvres qui sont ainsi rassemblées dessinent avec justesse le chemin de Hans Hartung, elles révèlent aussi le regard que Michèle et Odile Aittouarès, fidèles en cela à leur ligne, n’ont cessé de porter sur celui-ci. Vingt œuvres donc, non pas tout l’œuvre de Hartung mais des bornes, tels des points essentiels par lesquels l’artiste fait pivoter son travail. Pour Hartung, peindre est un perpétuel recommencement. Ce sont les manières de faire de l’artiste qui se donnent ainsi à voir : la ligne incisive du pastel, la jubilation de l’encre de Chine qui se répand jusque sur de petits galets peints sur chacune de leurs faces, le grattage de la surface picturale qui fut la bascule décisive de sa pratique, au début des années 1960, mais aussi, dans les dernières années de la vie du peintre, l’usage du balai de genêt, puis de la sulfateuse de jardin, afin de faire naître des œuvres somptueuses dans lesquelles se récapitule tout l’art de Hans Hartung.

Des pastels des années 1950 où l’autorité du geste s’impose jusqu’à l’œuvre ultime où la peinture, projetée sur la toile, oscille entre euphorie et champ du cygne, en passant par les toiles lacérées des années 1960 où la lumière jaillit telle une cicatrice sur fond d’obscurité, un homme, fidèle à sa quête, approfondit sa trace.

C’est la constance d’un artiste qui se donne à voir, au prisme de ses métamorphoses. Constance d’un homme de la ligne, qui ne cesse, à ses façons, de dessiner la peinture. Que cela soit montré dans une galerie dont les murs accueillent, entre autres, les travaux de Jean Degottex et d’Henri Michaux, dit bien la complicité entre cette œuvre, ce lieu, et ceux qui l’animent.

Odile Aittouarès