Hikaru Fujii — Les nucléaires et les choses

Exposition

Photographie, vidéo

Hikaru Fujii
Les nucléaires et les choses

Encore 2 mois : 18 mai → 28 juillet 2019

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 au large des côtes nord-est du Japon engendre un tsunami d’une amplitude exceptionnelle. Ces événements naturels, qui ont fait plus de vingt mille victimes, ont provoqué un autre désastre, celui de l’accident nucléaire à la Centrale Fukushima-Daiichi.

Suite à cette triple catastrophe qui a plongé le pays dans une crise sociale, politique et écologique sans précédent, l’artiste et réalisateur Hikaru Fujii a amorcé en 2015 le projet Les nucléaires et les choses prenant comme point de départ et terrain de spéculation, le Musée d’Histoire et de Folklore de Futaba. Située à quatre kilomètres de la centrale, la ville a été entièrement évacuée et aujourd’hui désignée « zone de retour difficile », dont une partie sera réouverte à la population entre 2020 et 2022.

Afin de prévenir la contamination radioactive, la collection de ce musée (dioramas, objets traditionnels, outils, animaux naturalisés, etc.) a peu à peu été déplacée à l’extérieur de la zone. Personne ne sait si ces collections reviendront un jour à Futaba ou si une autre institution sera en charge de leur conservation et leur exposition. Désormais invisibles et déracinés de leurs lieux d’origine, ces artefacts continuent pourtant de constituer les fondements et la mémoire collective de cette communauté. Ils symbolisent aussi les particularités et la transformation de cette région : le déplacement contraint de sa population et l’impossibilité d’y vivre ou de s’y mouvoir librement encore aujourd’hui. En somme tout ce que la catastrophe a pu « défaire » au sein de ce territoire.

À ce jour la plus large contamination radioactive par un pays capitaliste, l’accident nucléaire de Fukushima a été le déclencheur de changements importants dans la politique énergétique de plusieurs pays. Le Japon a, lui, choisi de se détourner de la coopération internationale dans la gestion de la catastrophe confinée à sa politique intérieure, dans un processus d’invisibilisation et d’oubli. La catastrophe a ainsi peu à peu perdu son potentiel de transformation au sein de la société japonaise, où elle avait pourtant commencé à éveiller des questionnements fondamentaux sur la nature du système socio-économique du pays et les conséquences écologiques du capitalisme.

À travers une dimension collective propre au travail de l’artiste, Les nucléaires et les choses tente d’examiner cette situation et de créer une plateforme de recherche et de dialogue au sein de la communauté japonaise et au-delà. L’exposition à KADIST présente pour la première fois au public une installation vidéo réalisée à partir de différents moments d’expéditions et de recherche en actes captés par l’artiste à Futaba. Elle est construite à partir d’un symposium organisé et filmé par Hikaru Fujii dans la préfecture de Fukushima en octobre 2017, ayant réuni un groupe d’anthropologues, historiens, experts en sciences politiques et conservateurs de musées (du Musée de Futaba mais aussi du Musée du Mémorial pour la Paix à Hiroshima ou du Musée National d’Art Moderne de Tokyo) autour de questions liées à la mémoire et à la représentation de la catastrophe.

Entremêlant approche documentaire et performative, témoignages et scénarios futurs, les œuvres d’Hikaru Fujii donnent souvent à entendre des récits alternatifs aux discours dominants. En suivant les trajets de cette collection d’artefacts contaminés par leurs couches d’histoire et les paroles de ceux qui réfléchissent à leur devenir, Les nucléaires et les choses offre un éclairage inédit sur cette catastrophe en cours et nous met face à nos actes dans « un monde abîmé »1.

Les nucléaires et les choses est une exposition proposée dans le cadre de la collaboration entre KADIST et le Musée d’art contemporain de Tokyo (MOT), Japon. Initiée en 2017 par les curatrices Che Kyongfa et Elodie Royer, ce projet réunit des pratiques engagées qui tentent d’inventer de nouvelles modalités de production et de résistance. Elle est réalisée grâce au soutien de l’Institut Français, Contour Biennale 9, Mechelen, l’École des Beaux-Arts de Paris et Yoshiko Isshiki Office, Tokyo.

1 Expression empruntée au titre du n°860-861 de la revue Critique « Vivre dans un monde abîmé », 2019.

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Hikaru Fujii

Kadist

18 Montmartre Zoom in 18 Montmartre Zoom out

19 bis, 21, rue des trois frères

75018 Paris

T. 01 42 51 83 49

www.kadist.org

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Horaires

Du jeudi au dimanche de 14h à 19h
Et sur rendez-vous

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Accès libre

L’artiste

  • Hikaru Fujii