Hiroshi Sugimoto — Theory of Colours

Exposition

Photographie

Hiroshi Sugimoto
Theory of Colours

Passé : 20 mars → 29 mai 2021

L’exposition est accessible sur rendez-vous uniquement.

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« L’art ne sert-il pas à recueillir ce qui passe entre les mailles du filet, maintenant que la connaissance scientifique s’est débarrassée d’un dieu ? » Hiroshi Sugimoto

La Galerie Marian Goodman est heureuse de présenter Theory of Colours, la troisième exposition personnelle de Hiroshi Sugimoto à Paris, où l’on pourra découvrir sa nouvelle série Opticks, (2018), transcription photographique de couleurs révélées par le passage de la lumière à travers un prisme optique en verre.

Le titre de cette série se réfère à celui du traité d’Isaac Newton, Opticks, publié en 1704. Fixées sur un film Polaroïd, les couleurs de chaque photographie traduisent l’attention que Sugimoto porte aux nuances les plus subtiles de l’arc en ciel, mais aussi et surtout, à celles qui incarnent une transition, qui apparaissent comme mélangées ou dont la détermination n’est pas aisée. “En observant chaque jour l’éclat de la lumière prismatique, j’ai conçu des doutes sur le spectre à sept couleurs de Newton : oui, je voyais son schémas rouge-orange-jaune-vert-bleu-indigo-violet, mais je discernais tout aussi bien beaucoup plus de couleurs intermédiaires, des teintes sans nom, du rouge à l’orange et du jaune au vert. » indique Sugimoto.

S’il est lecteur de Newton, Sugimoto l’est aussi de Johann Wolfgang von Goethe. Ce dernier, dans son Traité des couleurs (Zur Farbenlehre) publié en 1810, décrit le phénomène lumineux d’un point de vue plus sensible. A leur suite, Sugimoto développe une dimension plus poétique et métaphysique de la perception des couleurs « au-delà du regard arithmétique et dépassionné de Newton ou de la réflexion sensuelle de Goethe, j’ai voulu, avec mon appareil photo, tendre vers une voie intermédiaire ». Ainsi, l’artiste rappelle que dans les doctrines bouddhistes de d’Asie de l’est, le mot « couleur » fait référence au monde matériel tandis que sa transcription japonaise signifie à la fois « vide » et « ciel ». « En somme, explique Sugimoto, si le monde visible des couleurs est essentiellement vide, alors ce monde est aussi immatériel que la couleur du ciel. »

Comme souvent, Sugimoto travaille en synergie avec des données environnementales aléatoires qui permettent de rendre chaque prise de vue unique. « Je me levais chaque matin à 5h30. Avant tout, je regardais à l’est les prémices du jour poignant à l’horizon », explique-t-il. « Si le temps s’annonçait dégagé dès l’aube, je regardais « l’étoile du matin » brillant du côté droit au-dessus de la ligne d’horizon. Selon l’éclat de Venus, j’évaluais la pureté de l’air ce jour-là (…). C’est seulement à ce moment-là que je préparais mon vieux Polaroïd et commençais à réchauffer un film conservé dans la fraicheur des longues nuits d’hiver », écrit-il.

Dans son studio tokyoïte que Sugimoto a patiemment conçu comme un poste d’observation, il utilise un appareil équipé d’un prisme à travers lequel passe la lumière. En percutant une surface à un certain angle, son spectre coloré peut être décomposé, offrant un continuum coloré qui facilite l’exploration complète d’une nuance en particulier. « Je pouvais ainsi partager le rouge en une infinité de rouges. En particulier sur un fond sombre, chaque rouge en lui-même paraît merveilleux. De plus, les couleurs changent constamment. » explique Sugimoto.

L’expérience de la persistance rétinienne qui veut qu’après avoir regardé de manière prolongée une seule couleur, l’œil humain voie une image rémanente de la couleur opposée pendant quelques secondes en regardant ailleurs, inspire à Sugimoto cette réflexion sur le vide et les contraires, éclairante pour la compréhension de son œuvre : « …Regarder ce monde trop longtemps et on verra un monde inversé. Cela me fait d’autant plus penser que « la forme est vide » et vice-versa. ».

Dans la crypte, sera projeté The Garden of Time, un film produit par le Mori Art Museum et la Fondation d’art Odawara, mettant en scène les célèbres danseurs Aurélie Dupont et Min Tanaka. Scandé par un texte de Sugimoto, le film offre également un aperçu des coulisses qui se cachent derrière l’Observatoire d’Enoura de la Fondation d’art Odawara.

La Fondation d’art Odawara a été créée in 2009 afin de favoriser la diffusion de la culture japonaise tout en adoptant une perspective internationale, en produisant et en promouvant le théâtre, du répertoire classique aux arts de la scène d’avant-garde. Le site de l’Observatoire d’Enoura, conçu par Hiroshi Sugimoto lui-même, a ouvert ses portes au public en octobre 2017.

Le magnifique catalogue Hiroshi Sugimoto. Post Vitam, publié en avril 2020 à l’occasion de son exposition au Kyoto City Kyocera Museum of Art, sera en vente en exclusivité à la Librairie. De même que Snow White, une luxueuse édition dédiée à sa Theaters Series signée et numérotée à 400 exemplaires et l’ouvrage Hiroshi Sugimoto. Seascape, publié par Xavier Barral.

Hiroshi Sugimoto est né au Japon en 1948. Depuis les années 1970, il travaille principalement la photographie, mais sa pratique multidisciplinaire inclut la production d’œuvres performatives ou architecturales. Son travail interroge le temps, l’empirisme et la métaphysique. Les œuvres de Sugimoto sont présentes dans les collections du Metropolitan Museum of Art, New York ; du Museum of Modern Art, New York ; de la National Gallery of Art, Washington, DC ; du San Francisco Museum of Modern Art ; et de la Tate Gallery, Londres ; entre autres. Son œuvre fait l’objet de nombreuses monographies. Sugimoto a reçu la médaille d’honneur du National Arts Club in Photography ; la médaille du centenaire de la Royal Photographic Society ; le prix Isamu Noguchi ; il est Officier de L’ordre des Arts et des Lettres ; a reçu le Praemium Imperiale en peinture ; le prix Photo España ; et le prix international de la Hasselblad Foundation en photographie, entre autres.

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79, rue du Temple

75003 Paris

T. 01 48 01 70 52 — F. 01 40 27 81 37

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Rambuteau

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h

Programme de ce lieu

L’artiste