József Csató, Kiss of the leopard

Exposition

Peinture

József Csató, Kiss of the leopard

Encore environ 2 mois : 5 juin → 31 juillet 2021

Le peintre hongrois József Csató s’écarte de la tradition de la peinture narrative et des courants contemporains de la peinture figurative, s’appropriant un mode de représentation bien particulier. Ses tableaux se caractérisent par un symbolisme qui tend à l’universel, grâce à un savant mélange de vernaculaire et d’exotique. Dans ce syncrétisme d’inspirations, le spectateur fait son chemin au milieu d’éléments figuratifs et abstraits, tirant de ces rébus visuels des récits purement personnels.

L’artiste puise son inspiration dans des motifs issus de la nature tels que la fumée, les rochers, les plantes, les corps humains et animaux, qu’il combine à des figures de rêves et des créatures merveilleuses. À ces formes mythologiques s’ajoutent d’autres, géométriques — as de pique, gouttes, vases — et des signes purement fictifs. Arrangées sur la toile selon des systèmes rythmiques — le plus souvent une forme centrale anthropomorphique très stylisée environnée de divers objets ou motifs — le rapprochement de toutes ces formes crée de complexes réseaux de significations. Unissant références artistiques et langages visuels modernes, la technique de József Csató s’apparente à celle des anciennes peintures murales : stylisation, fond informel, couleurs pâles, distorsions délibérées et proportions déséquilibrées. Les figures se découpent sur un arrière-plan, le plus souvent monochrome, évacuant tout effet de perspective. Des teintes délavées et des réseaux de hachures ou marbrures remplissent les formes, conférant un aspect artificiel et des qualités semi-abstraites à ce vocabulaire visuel.

Pourquoi avoir choisi la peinture pour vous exprimer ?

Pour son imprévisibilité : c’est une qualité de la peinture que j’aime particulièrement et sur laquelle je peux m’appuyer. Je commence par quelque chose que je pense être une bonne piste, mais presque inévitablement mon idée de départ se révèle nulle. C’est le moment où je trouve la peinture la plus intéressante. Je commence à me sentir à l’aise avec un tableau quand j’y ai travaillé suffisamment pour avoir « gagné des points ». Je me sens souvent comme un adolescent, déballant des idées brutes de décoffrage dans une sorte de provocation puis attendant que la toile réagisse. Alors, tout d’un coup, je vois le chemin à suivre. J’apprends de ce processus tous les jours, comment l’utiliser positivement, laisser tomber mon égo et accompagner le flot.

Quel type de dialogue souhaitez-vous établir avec le spectateur ?
C’est incroyable de voir comment les personnes réagissent à certaines peintures. C’est étonnant d’entendre quels genres de pensées et d’associations émergent et de voir combien la relation des personnes à une peinture peut être si particulière. Le dialogue silencieux de la peinture me fascine beaucoup. En général, je n’ai pas de récit à l’esprit ou une histoire précise à raconter dans mes peintures, mais j’adore entendre les histoires que les autres échafaudent. Chacun en a une différente, c’est époustouflant.
Que peut l’art, en général, d’après vous ?

Outre les avantages évidents de l’art, il y a une chose que j’ai toujours aimé : l’art que j’apprécie le plus est en mesure de dévoiler quelque chose de spécial, tel qu’un aspect caché de la beauté de la vie ou le point de vue unique d’une personne. Les meilleures choses nouvelles me sont arrivées dans la vie grâce à quelqu’un qui a attiré mon attention : « Regarde, n’est-ce pas formidable ? ». Ce genre de choses a vraiment ouvert mon horizon et s’il se produit au bon moment, je peux me mettre à aimer quelque chose que je n’aurais jamais imaginé. Je crois que l’art est la manière la plus subtile d’atteindre cette transformation et qu’il peut changer à lui seul des points de vue. L’espace d’un instant, nous pouvons nous faire une idée de l’univers illimité dont nous faisons tous partie.