Katrien de Blauwer — Love me tender

Exposition

Collage, peinture, photographie, techniques mixtes

Katrien de Blauwer
Love me tender

Dans 25 jours : 18 mai → 15 juin 2019

Deux ans après son exposition personnelle, la galerie Les filles du calvaire présente l’exposition Love me Tender de Katrien de Blauwer, simultanément à la sortie de deux nouveaux livres Why I hate cars et Dirty Scenes aux Editions Libraryman.

La pratique artistique de Katrien de Blauwer, qui vit et travaille à Anvers (Belgique) est affaire de collage, et il faut voir derrière ce terme l’idée d’un engagement total, plus qu’une catégorie ou un genre cloisonnant. Son idylle artistique avec le collage a commencé très tôt, quand jeune femme elle étudiait l’art et la mode. Comme un prélude à ses recherches d’aujourd’hui, ses mood books de l’époque témoignaient déjà d’une boulimie pour l’image, et au-delà de l’image, d’une fascination pour sa construction.

Le processus est spontané, libre comme le geste qui défigure l’image. Nouveauté dans son travail, les œuvres sont parfois peintes. Le coup de pinceau est alors aussi sec et précis que le coup de ciseaux. Derrière ce cut intransigeant, pareil à la technique du montage, il y a la volonté de reconstruire l’image, d’en faire naître un récit, et de redonner à cette matière première toute son « glamour » passé. C’est à partir d’une sélection d’images collectées dans de vieux magazines qu’elle compose ces collages, ils se nourrissent de ces photographies oubliées qu’elle recycle taille et relie entre elles. Ils naissent ainsi d’une connexion inattendue entre plusieurs figures, entre les motifs et les couleurs. Plus que simplement formelles, ces associations sont dictées par un ressenti immédiat et reflètent le stimulant paradoxe de sa pratique. En effet, les choix qu’elle opère dans le traitement de ces fragments renvoient à sa pensée intime, alors même qu’elle manipule des images anonymes, a priori distantes.

« Ces collages parlent de moi, de ce qui me tient occupée. Ils sont mes histoires et ma façon de traiter le passé. Mon emprise sur la réalité, mon rituel et ma routine. »

Katrien de Blauwer

En bannissant les regards et les visages de ses compositions, elle préserve une certaine neutralité, une liberté d’interprétation qui laisse volontairement la place à quiconque veut s’y mettre. C’est de ce souci d’universalité que naît le potentiel narratif et mémoriel des collages de l’artiste.

Pour la galerie, Katrien de Blauwer a développé deux nouvelles séries, deux histoires où elle se révèle avec délicatesse. Comme support à ses collages peints, Katrien de Blauwer s’inspire de ses souvenirs d’enfance. Dans Love me tender, qui titre à la fois la série et l’exposition, la figure masculine est centrale par sa constante absence. Ne reste que ses attributs : ses voitures, ses routes empruntées et l’élégance des femmes rencontrées ; le tout vu à travers les fantasmes d’une jeune fille. Les Dirty Scenes, quant à elles, si elles restent pudiques dévoilent un peu plus la féminité. Pour la première fois depuis sa découverte par le public parisien, l’artiste expérimente d’autres formats, des formes différentes et des matières nouvelles. Là encore, oublions la question du genre, de sa reproductibilité, ou de son unicité, car la force de la proposition s’origine dans la réutilisation, non discriminante, des éléments qui composent l’œuvre. Elle est à la fois surface, collage, peinture, et photographie.

Sébastien Borderie
  • Vernissage Samedi 18 mai 15:00 → 20:00
  • Rencontre Dimanche 19 mai à 15:00

    Dans le cadre du Paris Gallery Weekend, signature à la galerie le dimanche 19 mai à 15H des deux derniers livres de Katrien de Blauwer, publiés aux Editions Libraryman (2019) : « Why I Hate Cars » et « Dirty Scenes »