Les Moyens du bord (du Périphérique) — Dans le cadre de Plaine d’artistes à la Villette

Exposition

Techniques mixtes

Les Moyens du bord (du Périphérique)
Dans le cadre de Plaine d’artistes à la Villette

Encore 29 jours : 2 juillet → 2 août 2020

La crise sanitaire que nous vivons ne saurait réduire la création au silence.

Sur une proposition de Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, avec la collaboration de Mathieu Potte-Bonneville, directeur du Département culture & création, le Centre Pompidou et La Villette s’associent pour proposer à un ensemble d’artistes de réaliser une œuvre éphémère dans les espaces de la Grande Halle. Sans exclusivité de disciplines, l’œuvre peut tout aussi bien être sculpture, dispositif, environnement à même d’accueillir des rendez-vous, voire des spectacles ou des chorégraphies. Chacun des artistes reçoit une aide à la production pour la conception de son projet qui sera mis en chantier dès le mois de juillet pour s’échelonner dans le temps.

Mêlant utopie et pratiques, cette manifestation s’articule comme une initiation à la création de l’art de notre temps, un moment d’échange et un hommage aux artistes dans cette période d’inquiétude et de nécessaire réinvention de soi. Elle entend ainsi célébrer la jeune création en France et lui offrir les moyens d’un partage avec le public.

Par ailleurs, au Jardin de la Treille, l’Ircam et Jean-Luc Hervé développent un projet sonore immergeant le visiteur dans une dimension poétique l’invitant à prendre conscience de son environnement.

Programme
Julie Béna : 11 Juillet • 19h : Performance de l’artiste

Julie Béna propose, pour La Villette, Do you think I am funny?, Pensez-vous que je suis drôle?, un ensemble de toiles d’araignée en corde. Faisant écho à des travaux précédents, ces pièces in-situ tentent d’entrer en résonance avec l’espace et son volume surdimensionné. Sur ces toiles de cordes, qui nous laissent imaginer une potentielle araignée à l’échelle, Julie Béna s’amuse à rendre prisonnières ses formes fétiches qui nous rappellent des éléments communs comme des chaussettes, des gants ou une cigarette, tous surdimensionnés. Amorce d’une histoire à se raconter ou à raconter aux enfants, les toiles se rempliront au fil de la manifestation.

Gaëlle Choisne : Du 9 au 12 juillet • 17h : Duo musical avec Célimène Daudet (piano) et Guillaume Latour (violon) — Du 23 au 24 juillet : Temple of Love, atelier de recyclage de plastique de l’École des Actes avec Marina Stanimirovic, Lukas Wegwerth, Moritz Maria Karl et Christophe Machet

Gaëlle Choisne développe pour l’occasion son installation Backroom or please let me know how we could vanish together before the night, after the rain. Ce dispositif rhizomique imite un système organique, absurde, dépendant de l’homme, nécessitant un soin. Un dispositif pervers, inspiré des serres coloniales. Les fontaines nous ramènent à notre relation impulsive avec la nature qui a été négligée. Une relation sadomasochiste et amoureusement déviante. S’ajoute à cette serre des œuvres qui créent un écosystème vivant. Une pianiste et un violoniste jouent la sonate voodooiste And the sea says nothing de la compositrice haïtienne Carmen Brouard dans une installation sculpturale, créant un dialogue entre la musique, les sculptures et la vidéo du même titre.

Mathieu Kleyebe Abonnenc : Du 2 au 3 juillet : Répétitions avec Betty Tchomanga, chorégraphe et danseuse — Du 23 au 26 juillet : Extraits du film — Du 30 juillet au 2 août : Répétitions avec d’Erwin Fardini, artiste lyrique, Anas Seguin, artiste lyrique, (sous réserve) et Jean-Christophe Marti, compositeur.

Mathieu Kleyebe Abonnenc présente le projet Eurydice (rêve de méfloquine n°1), qui poursuit sa collaboration avec, la chorégraphe et danseuse Betty Tchomanga et le compositeur Jean-Christophe Marti. Il s’inscrit à la suite du film Secteur IX B (2015) dans lequel Betty Tchomanga interprétait le rôle d’une jeune anthropologue qui tentait d’interroger les limites de sa discipline en ingérant des médicaments issus de la “pharmacie coloniale”. Eurydice (rêve de méfloquine n°1) est donc une plongée dans un des rêves éveillés du personnage du film Secteur IX B, chorégraphié et interprété par Betty Tchomanga. Il sera ici mis en musique par Jean-Christophe Marti, avec qui Mathieu Kleyebe Abonnenc collabore depuis dix ans.

Maxime Rossi : Avec Marie-Claude Bottius et Daïa Durimel (chanteuses lyriques) et Yannakis Melina & Phébée Ardisson (coiffeuses) : Jeu 2 juillet • 19h + dim 12 juillet • 16h + Ven 17 juillet • 18h + Dim 2 août • 16h (déambulation dans le parc)

Maxime Rossi présente à la Villette son nouveau projet Quatre-vingt et une aventures. Trouvé lors d’une dérive sur Ebay lors du confinement, le personnage du fanzine antifa Rosso E No (Calligaro, Rome 1973) devient l’élément central d’une série d’aventures racontées à la maison. Basé sur son étrange ressemblance avec le marchand de l’artiste, l’australien Joseph Allen exilé à Paris, le personnage est devenu le sujet d’appels téléphoniques imaginaires avec Théodore, 6 ans. La proposition rassemble un élément scénique et une performance faisant écho en direct aux airs d’opéras inspirés par une installation sonore voisine. La structure gonflable et les performances ont été conçues pour être utilisées simultanément comme scène, coiffeur et lieu de rencontre.

Simon Rouby et Native Maqari : Jeudi 2 juillet • 15h : Live painting filmé au drone — Samedi 18 juillet • 18h-20h : Table ronde avec l’historienne de l’art Anne Lafont suivie de la projection de_ Blackout — _Samedi 25 juillet • 18h : Cérémonie d’enturbannement avec la communauté Haoussa

Simon Rouby et Native Maqari proposent à la fois un retour sur Blackout, œuvre qui a fondé leur collaboration en 2017, ainsi qu’une création en cours intitulé Almajir, dont la première aura lieu au Centre Pompidou en Janvier 2021. Blackout est un projet d’effacement : un bâtiment disparaît, couvert d’encre noire, au cours d’une performance. Les artistes questionnent ainsi la fonction symbolique de l’architecture et proposent au passage leur propre monument. Initié au Nigeria, Almajir est un rituel pour un deuil impossible, celui des familles des femmes et des hommes asphyxié.e.s ou noyé.e.s dans leur quête d’égalité et de justice.

Julien Prévieux : Répétitions du 9 au 18 juillet dans la salle Boris Vian

Julien Prévieux propose au public d’assister à la résidence de sa performance La Valeur de la vie avec les trois interprètes Sophie Demeyer, Harold Henning et Anne Steffens. Il explore dans ce tout nouveau projet la puissance que les nombres ont acquis sur nos existences et la manière dont ceux-ci font l’objet d’une évaluation quantitative généralisée. Des systèmes de numération corporelle aux calculs économiques pour estimer le coût d’une vie, en passant par la Modeste Proposition de Jonathan Swift, Julien Prévieux se propose de chorégraphier les effets de la quantification systématique sur nos corps. (co-production avec le Kunstenfestival)

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Les artistes :

Julie Béna

En 2007, Julie Béna est diplômée de la Villa Arson à Nice. Elle complète sa formation à la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam. Elle est artiste et commissaire d’exposition. Elle participe au salon d’art contemporain de Montrouge en 2011. Julie Béna détourne des images et des objets quotidiens qui deviennent des sujets de fictions, étranges et poétiques.
Elle utilise l’installation, la photographie, la vidéo ou la performance. Elle s’inspire des personnages de la littérature, du cinéma, du théâtre, de la mythologie et de la culture populaire. En 2017, Julie Béna achève un cycle de performances et de vidéo de six ans autour de Pantapon Rose, personnage mystérieux évoqué dans les derniers chapitres du Festin nu, de William S. Burroughs. En 2018, Julie Béna présente une installation aux Ateliers de Rennes. Elle interroge cette fois l’univers du peep show et de la pornographie. Une seule personne, entre dans le dispositif pour voir différents tableaux et récits de sexualités féminines.

Gaëlle Choisne

Après un DNSEP à l’école Nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2013, elle a présenté des installations sculpturales à de nombreuses occasions, notamment dans une exposition personnelle à la Halle des Bouchers à Vienne, invitée par Marc Bembekoff et à Montréal dans la Galerie La Centrale. Gaëlle Choisne propose des installations où règne une confusion entre sculpture et image. Elle évoque dans ses œuvres, les moyens de construction ou de reconstruction architecturaux, utilisant la matière organique et le déchet. Le corps, suggéré, est souvent absent de son travail. Celui du spectateur est, quant à lui, dans l’engagement, invité à se contraindre devant l’obstacle ou le piège. L’artiste se saisit des enjeux contemporains de la catastrophe, de l’exploitation des ressources et des vestiges du colonialisme dans des installations dynamiques en relation directe avec leur environnement.
Elle développe ses projets dans une série d’ateliers de création plastique avec des écoliers à Port-au-Prince (Haïti) et initie des travaux tournés vers la manipulation de matériaux de récupération et l’élaboration de méthodes d’urbanisme engagées.

Julien Creuzet

Artiste plasticien, vidéaste, performeur et poète, Julien Creuzet explore différents héritages culturels en organisant des passerelles entre les imaginaires de l’ailleurs, les réalités sociales de l’ici et les histoires minoritaires oubliées. Associant différentes temporalités et géographies, préférant l’anachronisme et la collusion aux récits consacrés, Julien Creuzet convoque les registres du vivant et du technologique, de l’histoire et du mythe, du poétique et du politique pour déployer des histoires disparates de créatures hybrides et de zones marécageuses. Il a bénéficié de plusieurs’expositions personnelles, dont récemment au VR Arles Festival dans le cadre d’une exposition hors-les-murs du Palais de Tokyo, à l’occasion des Rencontres d’Arles (2018) ou encore à la Fondation d’Entreprise Ricard et à Bétonsalon — centre d’art et de recherche (Paris, 2018).

Mathieu Kleyebe Abonnenc

Diplômé des Beaux-Arts de Marseille en 2002, il a fait partie du programme de recherche La Seine à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 2006 à 2008. Depuis dix ans, son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles comme au Museum für Moderne Kunst de Francfort (2016) et à la fondation Jumex à Mexico (2018). Son travail est centré sur l’histoire de la colonisation. Ayant grandi en Guyane française, il est marqué par une part de l’histoire coloniale passée sous silence ou mise à l’écart par la culture occidentale. Qu’il s’agisse de vidéos, de photographies, d’installations, de dessins ou de commissariats d’exposition, il s’intéresse aux principes de représentation dominants liés aux histoires impériales et coloniales des pays dits développés, en évoquant les vides laissés par l’histoire officielle.

Julien Prévieux

Artiste, metteur en scène et professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2014, Julien Prévieux s’est fait connaître avec ses Lettres de non-motivation, qu’il a adressées pendant plusieurs années à des employeurs en réponse à des annonces consultées dans la presse, détaillant les motivations qui le poussaient à ne pas postuler. En recourant à des formes d’expressions variées, de l’installation à la performance, il interroge les rationalités technologiques et économiques contemporaines dans leurs effets et leur emprise sur les corps individuels et collectifs. Il a récemment montré son travail dans un certain nombre d’expositions personnelles et collectives au Centre Pompidou à Paris, au centre d’art Art Sonje à Séoul, au MAC de Marseille, au RISD Museum of Art de Providence, au ZKM de Karlsruhe, à la 13e Biennale de Lyon ou encore à la 10e Biennale d’Istanbul. Ses performances ont été présentées à la Ménagerie de verre à Paris, au T2G à Gennevilliers ou encore à l’Usine C à Montréal.

À travers la création « La valeur de la vie », performance scénique avec trois interprètes, Julien Prévieux explore la puissance que les nombres ont acquis sur nos existences, et la manière dont celles-ci font l’objet d’une évaluation quantitative généralisée. Croisant de multiples sources (du système de numération corporelle des Iqwaye de Papouasie-Nouvelle-Guinée aux calculs économiques pour estimer le coût d’une vie, en passant par la Modeste Proposition de Jonathan Swift ou le mouvement Quantified self), il se propose de chorégraphier les effets singuliers de la quantification de nos corps en produisant une cartographie généralisée
de la mesure du monde.

Avec Sophie Demeyer, Harold Henning et Anne Steffens — Production Actoral bureau d’accompagnement d’artistes — Avec la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings — Coproduction La Ménagerie de Verre, Paris

Maxime Rossi

Diplômé en 2005 de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, Maxime Rossi aime provoquer des télescopages entre des univers qui n’ont a priori rien à voir entre eux. Engendrant de périlleux grands écarts, un tel modus operandi lui permet d’inscrire ses recherches dans une poésie du langage, où la sémantique et l’histoire de l’art sont constamment mises à mal. Les projets de Maxime Rossi sont des expériences auditives et viscérales dont les strates se déploient depuis plusieurs expositions — au Musée régional d’art contemporain Occitanie,
Sérignan ; à la Galerie Edouard Manet, Gennevilliers et à la Fondation Fiminco, Romainville — en une série d’œuvres multiformes.

Simon Rouby + Native Maquari

Simon Rouby et Native Maqari, plasticiens et vidéastes, pratiquent tant l’animation (« Adama », de S. Rouby, fut nominé en 2015 aux Césars et aux European Film Awards) que le dessin ou l’installation. Artistes associés aux ateliers Médicis, ils prennent part au collectif pluridisciplinaire Fly By Night avec le chorégraphe Qudus Onikeku et le musicien Keziah Jones, avec lesquels ils ont conçu Almajir, espace nomade reproduisant la cour de la maison natale de Native Maqari : de Zaria au Nigeria à la scène de la grande salle du Centre Pompidou, où Almajir sera présenté en janvier 2021 dans le cadre de la saison Africa 2020, cette cour est devenue l’épicentre d’un corpus d’œuvres, à la fois espace de travail, refuge et laboratoire. Dans le même temps, Simon Rouby et Native Maqari développent le projet « Yasuke, le samouraï noir», exercice d’histoire globale où la figure peut-être mythique d’un africain devenu au XVe siècle le premier samouraï non-japonais de l’histoire donne son élan à une comparaison esthétique des cultures sahélienne et japonaise, jeu de miroir qui se veut aussi une contribution à la décolonisation des savoirs. C’est l’ensemble de ces circulations, d’une cour au Nigéria au Japon médiéval, qu’ils poursuivront ensemble à la Villette.

Anne Le Troter

Elle étudie à l’École supérieure d’art et design Saint-Étienne, puis à la Haute École d’art et de design de Genève. Anne Le Troter travaille par montage de matériaux sonores qu’elle collecte. Elle s’intéresse au langage et à l’oralité. Elle enregistre les paroles de situation de la vie quotidienne qu’elle déforme, étire jusqu’à l’abstraction. Elle utilise les phrases répétées lors d’enquêtes téléphoniques, des balbutiements de prothésistes dentaires, ou les voix des employées d’une banque de sperme aux États-Unis qui décrivent le caractère et le physique des donneurs. L’oralité et les jeux de rôles qu’elle met en place deviennent les vecteurs d’une observation du monde qui tend de plus en plus à prendre la forme d’une œuvre totale traduisant sa fascination pour la représentation théâtrale. Entre décor et scénographie, elle construit des territoires pour ces voix sans corps qui se déploient dans l’espace. À l’occasion de son exposition Liste à puces au Palais de Tokyo ainsi qu’au Grand café à Saint-Nazaire, Anne Le Troter a développé des environnements où son et langage infiltrent et catalysent l’histoire des lieux.

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30, avenue Corentin-Cariou

75019 Paris

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