Marlon Wobst — L’Oasi

Exposition

Céramique, peinture

Marlon Wobst
L’Oasi

Passé : 8 septembre → 31 octobre 2017

Masses de corps, de chairs, compressions, cumulations, corps en contemplation et contemplés — L’Oasi réunit la tribu contemporaine sous l’œil gourmand, complice et voyeur de Marlon Wobst : Jeux, intimité en petite culotte, hédonisme, mouvements, poses banales et absurdes —  tout y passe, tout y est présenté… Le titre de l’exposition — L’Oasi — nom éponyme d’une plage italienne que l’artiste a beaucoup fréquenté jeune devient ici métaphore de l’existence. Ondaaaaa * s’exclament les baigneurs devant l’arrivée d’une grande vague et s’est parti — on saute et on plonge ! Les corps sont exhibés entre mise en scène narcissiste, imperfections et vulnérabilité — contrant ainsi avec une finesse poignante l’imagerie spectaculaire de notre culture esthétisante. En carnivore affirmé Marlon Wobst se nourrit de la vie humaine qui l’entoure. C’est le plus souvent un détail qui déclenche la création d’une œuvre — dont le but premier consiste à interpeller, à susciter curiosité et questionnements pour ensuite entrainer le spectateur dans un registre où composition, couleur et la matière même de l’œuvre offrent leurs propres propos. Car s’il est un observateur et un metteur en scène, Marlon Wobst est tout autant un manipulateur enthousiaste de la matière.
Sérieux et engagé mais aussi poète espiègle, l’artiste nous fait passer de situations déchirantes, décapantes, loufoques au sourire ému en parsemant ses œuvres d’une bonne dose d’humour au même titre qu’il introduit par moment une dimension magique ou mythologique faisant douter de la nature véritable de la situation présentée.

SI NU
La nudité chez Marlon Wobst n’a pas pour vocation de parler de la seule nudité ou de sexe — même s’il y a certes beaucoup de sexe dans son univers. Il s’agit de mettre à nu — par une nudité qui efface tout obstacle à voir, à comprendre, à se rapprocher d’une réalité**. Le corps nu nous révèle dans notre fragilité, nos prétentions, notre animalité et notre simple réalité charnelle de matière qui respire et existe avec ou aux côtés des autres chairs : ici les êtres désirent, s’enchevêtrent, font l’amour, s’ennuient, enfilent des chaussettes, jouent, nagent, font le ménage, s’observent, repartent, s’ils ne tentent une énième variation érotique en voltigeant à dos de cheval…

APPARITION DISPARITION
Certes, la figure humaine est omniprésente chez Marlon Wobst or son monde se caractérise également par des « allers-venues » entre matière et présence. La où quelques touches suffisent à faire exister un être, voir un objet inanimé, leur absorption ou leur dissolution dans l’espace de la matière semble souvent éminente. S’opère ainsi un jeu sophistiqué d’apparition et de disparition qui illustre la capacité d’une matière à tenir son propre propos et à
laisser la notion de création se jouer sous nos yeux — voir de suggérer une frontière fluctuante entre réalité, rêve et imaginaire. Ces considérations se retrouvent dans les compositions de l’artiste qui se plaît à définir son champ
pictural autrement que par les délimitations de la toile : « en arrêtant son image » à distance du bord de châssis ou à l’inverse en le dépassant par le dépôt d’une grande quantité de matière sur la tranche, tout comme il compose souvent avec plusieurs scènes apparemment indépendantes sur une même surface. Les sculptures en faïence de Marlon Wobst offrent la possibilité de travailler et transposer toutes ces limites et ambiguïtés en trois dimensions.

IVRESSE ET BEAUTÉ D’UNE CERTAINE LAIDEUR
La couleur jouit d’une forme d’autonomie dans l’œuvre de l’artiste car sa puissance est très grande : pastels délicats lumineux, tons plus affirmés mais fins, lasures vibrantes et teintes lourdes et sourdes du registre des verts-beiges-gris-marrons. Marlon Wobst embrasse le spectre dans sa totalité, tout en affichant une affection particulière pour les roses et les couleurs de peau cuivrée. Cette palette se retrouve autant dans son utilisation de la peinture à l’huile qu’il laisse matte et souvent pâteuse que dans les émaux de ses céramiques.

  • Onda : en italien Vague
    • « Il s’agissait là de la magie, de la parfaite stratégie de la nudité », Graham Swift : Le dimanche des mères, Ed. Gallimard, 2016
03 Le Marais Zoom in 03 Le Marais Zoom out

48, rue de Turenne

75003 Paris

T. 01 42 76 00 33 — F. 01 42 76 00 10

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Chemin Vert
Saint-Paul

Horaires

Du mardi au samedi de midi à 19h
Et sur rendez-vous

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L’artiste

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