Mathieu Cherkit — Time’s Up?

Exposition

Peinture

Mathieu Cherkit
Time’s Up?

Dans 25 jours : 3 septembre → 8 octobre 2022

Xippas a le plaisir de présenter la première exposition de Mathieu Cherkit dans sa galerie parisienne. Intitulée “Time’s Up?”, l’exposition rassemblera quinze nouvelles peintures, abordant la notion du temps tout en attestant de l’intérêt de l’artiste pour les espaces intérieurs et la nature.

“Plus vous jouez à ce jeu qu’on appelle la vie, plus vous vous sentez libre de faire ce que bon vous semble, sans être obligé de suivre des règles préconçues. Vous ne ressentez pas le besoin de vous expliquer, mais si quelqu’un est intéressé, vous serez alors heureux de partager le fond de votre pensée. Un tel changement d’état d’esprit s’est produit tant dans la vie que dans la pratique artistique de Mathieu Cherkit, au point que sa sixième exposition personnelle parisienne et première présentation chez Xippas s’intitule Time’s Up ? (Le temps est écoulé ?). Embrassant et appréciant pleinement cette nouvelle perception, mais aussi conscient du tic-tac inéluctable de l’horloge de la vie, l’artiste regarde maintenant son entourage le plus immédiat avec un sens de l’appréciation plus raffiné, tandis qu’il découvre des métaphores significatives et évocatrices cachées à la vue de tous.

Au fil des années, Cherkit a créé un univers singulier à partir de représentations de son environnement proche, à la fois des vues sous différents angles de l’intérieur de sa maison et du jardin luxuriant. À l’aube de la quarantaine, son intérêt pour la peinture d’espaces et la création d’une sensation de dimensionnalité sur une surface plane a évolué vers une observation plus profonde du temps et de la manière dont il influence le progrès et la régression de la vie, à l’échelle personnelle et globale. Travaillant d’après nature ou de mémoire, ces lieux existants sont utilisés pour documenter des moments personnels significatifs liés à sa famille et à son enfant (Le Complot, 2022), mais aussi pour aborder des préoccupations plus larges telles que les questions environnementales, en représentant le jardin familial sous une chaleur torride (Fire Drill, 2022). L’amour de la nature, de la vie et de ses petits moments particuliers se prolonge jusque dans la série en cours d’œuvres de petit format qui constituent un herbier visuel en constante évolution. Dépeignant les plantes de son jardin en sujet isolé et leur donnant leur nom latin (Hypochaeris radicata, Hyacinthus, tous deux en 2022), ces œuvres maintiennent également la tradition de collection et de catalogage héritée de ses origines familiales de pharmaciens, tout en étant la démonstration la plus évidente de son amour pour la peinture en tant que médium. Adepte de sa qualité tangible et matérielle, il utilise des quantités excessives de peinture pour créer ces précieuses vignettes, en veillant à ce que ce mode particulier de conservation et de documentation ait une qualité autre que la photographie ou l’illustration, par exemple.

La conscience de la temporalité de chaque aspect de la vie affleure à travers la représentation d’intérieurs domestiques, pour la plupart vides, dans lesquels les objets inanimés les plus courants semblent subir une sorte de métamorphose. Pour ce faire, Cherkit rejette délibérément les règles de la dimensionnalité et de la profondeur, joue avec les échelles, modifie les couleurs ou ajoute des éléments de narration, le tout au moyen de couches de peinture épaisses et débordantes. Vivant en étroite collaboration avec son sujet, il est capable de remarquer les nuances et les changements les plus subtils qui peuvent alors orienter la direction vers laquelle son œuvre se développera. Tantôt il adapte la scène pour compenser le changement de composition dû à l’emplacement inattendu d’un objet (Hat Tricks, 2022), tantôt il divise l’image en sections pour traduire le passage du temps et le jeu de lumière correspondant (Équilibre, 2022), ou encore il se représente dans une pose de combat pour évoquer l’esprit de compétition qui règne dans le monde de la peinture (La Grande Bagarre, 2022). Et, quel que soit le centre d’intérêt ou le problème à résoudre, la possibilité d’ajuster, d’incliner et de déformer la réalité est obstinément utilisée comme méthode pour créer une composition appropriée, atteindre l’équilibre des éléments représentés et capturer différentes temporalités dans une seule image. Cette unité mélancolique d’éléments souvent bancals fait allusion à la vie même et traduit de manière pragmatique la tendance à la dérive des choses à mesure que le temps passe. En posant la question « Le temps est écoulé ? » Cherkit révèle son enthousiasme à l’idée de faire partie du grand jeu, mais suggère également une compréhension claire de la nature définitive de l’existence."

Saša Bogojev

Né en 1982 à Paris, Mathieu Cherkit vit et travaille à Vallery, Bourgogne. Il est diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes et de la Hochshule für Grafik und Buchkunst de Leipzig. Figure majeure de la jeune génération des peintres figuratifs en France, ses œuvres désormais exposées à l’international ont pour unique sujet la maison où il habite : une maison avec un étage, dotée d’un jardin qu’il cultive pour se ressourcer. Ce lieu — son motif — est un prétexte pour évoquer de multiples sujets, incarnés par des bibelots, des souvenirs d’enfance, sa paternité, ou encore les œuvres qui l’entourent… Il lui permet aussi d’aborder le sujet de la peinture elle-même et son pouvoir d’écarter le réalisme pour décrire un univers personnel. Dans ses tableaux, colorés, chargés d’une peinture à l’huile qui déborde du châssis, Mathieu Cherkit déjoue les principes de la perspective centrale. Il mêle les points de vue et croise les lignes de fuite dans le but de créer des espaces et des temporalités différents et de donner vie à l’architecture et aux objets qui l’accompagnent. Il a été finaliste du Prix Jean-François Prat (2013), du Prix Science-Po pour l’art contemporain (2013) et du Prix Antoine Marin (2011). Collections publiques et privées : Fondation Salomon, Alex, France; Musée des Avelines, Saint-Cloud, France; CNAP, Fonds National d’Art Contemporain, Paris, France; Fondation Colas, Paris, France; Caldic Collection / Museum Voorlinden, Wassenaar, Pays-Bas; Akzo Nobel, Amsterdam, Pays-Bas.

  • Vernissage Samedi 3 septembre 11:00 → 20:00