Mercedes Azpilicueta — Bestiario de Lengüitas

Exposition

Techniques mixtes

Mercedes Azpilicueta
Bestiario de Lengüitas

Passé : 17 janvier → 3 juillet 2021

Bestiario de Lengüitas (Bestiaire des petites langues) est un projet évolutif de l’artiste Mercedes Azpilicueta, en dialogue avec la commissaire d’exposition Virginie Bobin. L’exposition suit le fil d’un scénario écrit par Mercedes Azpilicueta pour une performance qui n’a pas encore eu lieu. Nourries par des ateliers, des collaborations et des répétitions avec des artistes, des chercheur·euse·s, des designer·euse·s, des danseur·euse·s et des chanteur·euse·s, les œuvres présentées invitent un chœur de personnages grotesques à habiter bruyamment la scène de cette performance à venir. Recourant à des systèmes de connaissance obsolètes, des poèmes de style «néobarroso», des traductions ratées et des ingrédients équivoques, elles tentent d’entretenir le chaos et l’excès dans un monde qui appelle à l’ordre, à l’efficacité et à la transparence.

Le CAC Brétigny présente le dernier chapitre d’une série de trois expositions, qui se sont précédemment tenues à CentroCentro (Madrid, 2019) et à Museion—Musée d’Art Moderne et Contemporain (Bozen/Bolzano, 2020) avant de revenir en Île-de-France, où le projet a débuté en 2017 lors d’une résidence à la Villa Vassilieff dans le cadre du Pernod Ricard Fellowship. Dans chacun de ces lieux, Mercedes Azpilicueta a mené des recherches et des conversations avec des interlocuteur·rice·s locaux·ales, qui résonnent dans les œuvres exposées. Dessins, costumes, broderies, vidéos, pièces sonores et sculptures peuvent être abordés comme des partitions, des prototypes, des décors, des systèmes de connaissance encodés ou même des personnages se répondant les un·e·s aux autres, plutôt que comme des œuvres d’art autonomes. Ce sont des fenêtres sur un travail en cours qui foisonne à travers une multiplicité de rencontres, d’amitiés et d’attachements.

«Bestiario de Lengüitas» s’inspire de dispositifs de connaissance proto-scientifiques, mêlant imaginaires médiévaux européens et cosmogonies latino-américaines, et rassemblant sorcières, déesses et muses des deux rives de l’Atlantique. Les protagonistes (qu’il·elle·s soient vivant·e·s ou mort·e·s, réel·le·s ou fictif·ve·s: humain·e·s, prothèses, animaux, démons ou plantes) conversent dans une polyphonie de langues et de voix qui brouillent les récits linéaires. «Bestiario de Lengüitas» invite le spectateur à un mouvement proche du «Baroque du Nouveau Monde»1, qui privilégie l’instabilité et la prolifération à la quête d’une vérité unique.

Les principaux·ales collaborateur·rice·s de ce projet sont Lucile Sauzet (costumes), Ana Ausín (mobilier) et Vanina Scolavino (conception graphique), ainsi que Laura Fernández Antolín (aide à la production), Federico García Monfort (son), Hélène Harder (film), Julien Jassaud (programmation informatique et robotique), Emmanuelle Lafon (performance), Quiela Nuc (film), Ana Roquero (recherche), Pauline Simon (performance), Javier Villa (recherche et performance), Tiago Worm Tirone (son), les étudiant·e·s du Master Projets culturels et artistiques et Scènes du Monde (Université Paris 8) et du Master en Arts de la scène et Culture Visuelle (Université de Castille—La Manche, en collaboration avec le Musée Reina Sofía), et des participant·e·s de différentes chorales de Madrid.

Virginie Bobin

Traduction : Claire Martinet

1 Le «Baroque du Nouveau Monde» désigne les ramifications rebelles, métisses et décoloniales du Baroque européen dans les colonies des Amériques.

 

Mercedes Azpilicueta (née à La Plata, Argentine, en 1981) est une artiste visuelle et performeuse qui vit et travaille à Amsterdam et à Buenos Aires. Sa pratique implique des processus de recherche et de production explorant les qualités affectives et la dimension politique du langage et de la voix, en lien avec les notions de performativité, de féminisme postcolonial et de résistance. En 2018, elle a présenté sa première grande exposition personnelle au Musée d’art moderne de Buenos Aires, après avoir reçu le Pernod Ricard Fellowship (Paris) en 2017 et été artiste en résidence à la Rijksakademie (Amsterdam) en 2015—2016. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts (MFA) obtenue en 2013 au Dutch Art Institute/ArtEZ, Arnhem, et d’une licence en beaux-arts (BFA) obtenue en 2007 à l’Université Nationale des Arts (UNA) de Buenos Aires, où elle a également suivi le Programme d’artistes 2009—2010 de l’Université Torcuato Di Tella. Son travail a été exposé à Museion—Musée d’Art Moderne et Contemporain Bozen/Bolzano (2020), au Van Abbemuseum (Eindhoven) et à CentroCentro, Madrid (2019), à la REDCAT Gallery (Los Angeles, 2018), au MACBA (Barcelone, 2018), au Centre d’Art Dos de Mayo (CA2M, Móstoles, 2017), à l’Onomatopee (Eindhoven, 2016), au TENT (Rotterdam, 2015), à Móvil (Buenos Aires, 2015), à l’Irish Museum of Modern Art (Dublin, 2014) et au Het Veem Theatre (Amsterdam, 2014). Elle est représentée par Nogueras Blanchard, Espagne.

Virginie Bobin travaille au croisement de la recherche, des pratiques curatoriales et éditoriales, de la pédagogie et de la traduction. Elle poursuit actuellement un doctorat dans le cadre du PhD-in-practice en recherche artistique de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. En 2018, elle co-fonde avec Victorine Grataloup la plateforme éditoriale et curatoriale Qalqalah ; et entame une collaboration avec l’artiste Mercedes Azpilicueta. De 2016 à 2018, elle a été Responsable des programmes de la Villa Vassilieff, lieu de résidences, de recherche et d’expositions qu’elle a co-créé. Elle a travaillé pour Bétonsalon—Centre d’art et de recherche, le Witte de With Center for Contemporary Art, Manifesta Journal, Les Laboratoires d’Aubervilliers et Performa. Ses projets curatoriaux ont été présentés au CRAC Occitanie (Sète, avec Victorine Grataloup), à MoMA PS1 et e-flux space (New York) ou Tabakalera (San Sebastián). Outre ses contributions à diverses revues internationales, elle a dirigé deux ouvrages collectifs : Composing Differences (Les Presses du Réel, 2015) et Re-publications (avec Mathilde Villeneuve, Archive Books, 2015). Elle a également participé à l’ouvrage Co-Création, dirigé par Céline Poulin et Marie Preston avec la participation de Stéphanie Airaud, et publié par les Éditions Empire et le CAC Brétigny en 2019.

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Espace Jules Verne
rue Henri Douard

91220 Brétigny s/Orge

T. 33 (0)1 60 85 20 78

www.cacbretigny.com

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 18h
Nocturnes les soirs de représentation au Théâtre Brétigny, scène conventionnée.

Tarifs

Accès libre

Programme de ce lieu

L’artiste

  • Mercedes Azpilicueta