Niele Toroni — Un tout de différences

Exposition

Peinture

Niele Toroni
Un tout de différences

Passé : 16 mai → 30 juillet 2020

La galerie sera ouverte du mardi au samedi de 11h à 19h. Les visiteurs devront porter un masque, et l’accès de la galerie sera limité à 5 personnes en même temps.

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La Galerie Marian Goodman présente une nouvelle exposition de Niele Toroni à partir du 16 mai. Fidèle à sa méthode de travail définie en 1966, Niele Toroni donnera à voir des empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm. A la galerie dialogueront des peintures de différents formats et sur divers supports, notamment toile et carton plume.

L’énoncé méthodique de Toroni, loin d’être limitatif, lui a procuré une très grande liberté et c’est avec une stricte économie de moyens (un pinceau plat d’une largeur de 50 mm, un compas et un niveau pour mesurer les intervalles, de la peinture colorée) qu’il a réalisé au cours des cinquante dernières années des milliers d’empreintes monochromes de couleurs variées sur tous types de surfaces planes, y compris sur les murs des lieux où il a été invité à exposer son travail. Dans plusieurs institutions, telles que le Musée d’Art Moderne de Paris ou la Hamburger Bahnhof à Berlin, les œuvres murales de Toroni sont devenues pérennes.

« La peinture de Toroni est à l’aise partout. Quelque soit le lieu, la surface, l’espace qu’on leur propose, les empreintes se glissent subrepticement, avec élégance et légèreté, dans les encadrements de portes, de fenêtres, dans les coins, supérieurs ou inférieurs, dans les escaliers, sur les murs, sur les vitres, sur une toile, sur un journal, sur un rouleau, sur une banderole, une roulotte et pourquoi pas une barrique… Habiter l’espace comme seule la musique pourrait le faire ».1

Lorsqu’il montre pour la première fois en 1967 des empreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cm dans l’exposition éphémère Manifestation I à l’occasion du 18ème Salon de la Jeune Peinture au Musée d’Art Moderne de Paris, Niele Toroni expose alors sa vision subversive et radicale de l’acte pictural. Il affirme que la peinture est le résultat d’un travail et il réfute l’idée de l’artiste guidé(e) par sa seule subjectivité ou son inspiration. Dès lors, ce qu’il qualifie de « travail/peinture », requiert la réitération d’un geste unique et minimal, qu’il met un point d’honneur à ne pas déléguer à autrui.

« Il ne s’est jamais agi pour moi, de me servir d’objets (de formes, de matériaux) préexistants et de jouer sur leur déplacement (dépaysement). Une empreinte de pinceau n°50 ne préexiste pas, n’est pas visible, s’il n’y a pas eu un pinceau n°50, chargé de peinture, appliqué sur une surface pour qu’il y laisse son empreinte. L’empreinte de pinceau n°50 résulte et témoigne d’un faire pictural, elle ne le précède pas. Il ne s’agit pas de se déplacer, mais de peindre : essayer de faire de la peinture, sans état d’âme…et tant pis pour les modes ! ».2

Le travail/peinture de Toroni ne raconte rien et ne délivre aucun message puisque ce qui importe, c’est ce qui est donné à voir. Ainsi, dans ses nouveaux collages sur carton plume, des empreintes recouvrent partiellement des photographies de ses expositions passées où sont visibles d’autres empreintes. Au-delà d’une évocation de souvenirs, cette mise en abyme renouvelle et réactualise notre expérience visuelle, puisque selon le peintre « chaque empreinte de pinceau n°50 n’est jamais la même ». Amener le visiteur à cette perception est toute l’ambition de Niele Toroni pour qui la peinture est avant tout un « apprentissage de la vision ».

Niele Toroni est né en 1937 à Muralto, village situé sur les rives du Lac Majeur dans le canton du Tessin en Suisse. En 1959 il décide de venir s’installer à Paris pour devenir peintre. Il y vit et travaille toujours aujourd’hui.

Le travail de Niele Toroni a fait l’objet d’expositions personnelles dans les plus grands musées internationaux tels que le Museum für Gegenwarstkunst, Siegen (2017), le Swiss Institute, New York (2015), le Musée d’Art Moderne de Paris (2015, 2001, 1989 et 1985), la Villa Pisani Bonetti, Vicenza (2012), le Museum Kurhaus Kleve, Kleve (2002), le City Museum of Art au Japon, la Renaissance Society at the University of Chicago (1990), le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux (1997), le Stedelijk Museum, Amsterdam (1994), le Musée National d’Art Moderne (MNAM), Paris (1991), le Musée des Beaux-arts de Lyon (1988), la Kunsthalle de Bern (1978). Toroni a aussi participé à des expositions internationales majeures telles que Documenta 9 (1992) et 7 (1982), la Biennale de Venise (1972 et 1976) ou encore la Biennale de Sao Paulo (1991).

Niele Toroni a reçu de nombreux prix dont le Prix Rubens (Rubenspreis) décerné en 2016 par la ville de Siegen en Allemagne ou le Prix Meret Oppenheim (2012). Son œuvre est conservée dans un grand nombre de collections publiques : le Museum of Modern Art (MoMa), New York, le Musée National d’Art Moderne, Paris, la Hamburger Bahnhof, Berlin, le Migros Museum fur Gegenwartskunst, Zurich, le Museum Kurhaus Kleve, Kleve, le Musée d’Art Moderne de Strasbourg, le Kupferstichkabinett, Berlin, Allemagne, le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux, ou encore le Kunstmuseum Luzern.

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1 Marie-Laure Bernadac « Toroni, mode d’emploi : trois ou cinq choses que je sais de lui », in Niele Toroni, Catalogue du CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, 1997, page 27.

2 Niele Toroni dans « L’objet de mon intérêt à toujors été la peinture », in « Textes, notes et lettres (1962 -1997) », Niele Toroni, Catalogue du CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, 1997, page 110.

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L’artiste

  • Niele Toroni