Onde de submersion — Julia Gault

Exposition

Installations, performance, sculpture, vidéo

Onde de submersion
Julia Gault

Passé : 12 janvier → 23 février 2019

« Pour être, besoin d’étai »

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance

————

Les œuvres de Julia Gault réactivent la figure du colosse aux pieds d’argile pour sensibiliser au risque d’un effondrement désormais marqueur de l’époque. Depuis l’écroulement des Twin Towers à New-York jusqu’à ceux du viaduc du Polcevera à Gênes ou des immeubles vétustes de la rue d’Aubagne à Marseille, l’opinion publique se rend à l’évidence d’un monde qui vacille de plus en plus sur ses assises. L’instabilité des constructions architecturales est donc d’emblée prise comme un symbole de la fragilisation croissante des systèmes humains qui président à son organisation, et le symptôme d’un désastre global que l’art doit pouvoir anticiper. En prenant l’onde de submersion pour motif, soit l’élévation brutale du niveau de l’eau suite à la rupture d’un barrage, la plasticienne propose de penser les désordres à venir comme autant de fuites et de débordements qui conduisent le monde au seuil de la catastrophe. Pour mieux confronter la démesure de l’homme au risque écologique qu’elle implique, chacune de ses œuvres met ainsi en scène les tensions vives entre des constructions fragiles et les forces naturelles qui les régulent, comme pour renverser le rapport de domination qui s’y exprime.

La mise en jeu de gestes relevant du bricolage ou du savoir-faire artisanal s’envisage donc ici comme le moyen d’une critique des constructions humaines et des limites qu’elles présentent aujourd’hui. A rebours des ambitions d’éternité que formulent les bâtisseurs, les architectures révèlent en effet des faiblesses qui contredisent le sentiment de toute puissance qui a motivé leur érection. Julia Gault donne précisément consistance à des formes structurellement vulnérables, aussi chétives que pathétiques, pour replacer l’homme face à ses responsabilités. L’équilibre précaire a de fait toujours constitué un principe cardinal de son travail de sculpture. Pour cette exposition cependant, elle opère un changement de perspective qui marque une nouvelle façon pour elle d’aborder la matière. Là où son travail se focalisait jusque-là sur les notions de chute, d’ascension et de verticalité, les nouvelles pièces font bien plutôt retour à la terre et aux lois de la gravité. Cette mise à l’horizontale commande enfin le choix de matériaux qui évoquent logiquement l’idée de sol et de fondation (terre de faïence, terre crue, sable…) même si leur nature friable et perméable ne permet pas d’écarter le risque de l’accident. Julia Gault laisse au contraire planer la menace, au cœur d’une démarche que l’on pourrait qualifier de « collapsologie plastique », du nom de ce nouveau type de discours scientifique qui étudie l’effondrement à venir et les moyens intellectuels de l’accompagner. Loin de mettre en doute la possibilité d’un écroulement du monde, le travail de l’artiste permet au contraire de se familiariser avec cette idée, d’en conjurer l’angoisse, et d’indiquer avec l’art comment la sublimer.

Florian Gaité
  • Onde de submersion Rencontre Mardi 15 janvier 19:00 → 21:00

    Discussion en présence de l’artiste

  • Onde de submersion Visite Jeudi 24 janvier à 15:00

    Visite conviviale autour d’un café

  • Onde de submersion Conférence Mardi 5 février 18:30 → 20:00

    Projection-conférence « Face aux forces de la nature »

  • Onde de submersion Performance Samedi 16 février à 15:30

    Performance de Pauline Lavogez

91 Essonne Zoom in 91 Essonne Zoom out

35, avenue de la Terrasse

91260 Juvisy-sur-Orge

T. 01 69 57 82 50

Site officiel

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 18h
Et sur rendez-vous

Tarifs

Accès libre

Jc ap opencall 02 original

L’artiste

  • Julia Gault

Du même artiste