Paul Pouvreau — Au propre comme au figuré

Exposition

Photographie

Paul Pouvreau
Au propre comme au figuré

Encore environ un mois : 15 novembre 2019 → 18 janvier 2020

Paul Pouvreau est le nouvel arrivant parmi les artistes représentés par les Douches la Galerie. Avec les Invasives, son nouveau travail, l’artiste poursuit une réflexion initiée il y a plus de trente ans sur le détournement des objets du quotidien, ces petits riens qui envahissent nos modes de consommation. Paul Pouvreau bouscule les codes de la représentation classique de la photographie. Pas d’anecdote, pas de certitude. Aucun « prêt à penser » ou « prêt à voir ». Entre réalité et fiction, son œuvre est une métaphore de notre temps dans laquelle le regard du spectateur peut se perdre au gré de son imaginaire.

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Paul Pouvreau, Les Furies, 2016 Tirage pigmentaire sur papier Canson 300 g — 75 × 112 cm © Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

Depuis le début des années 1980, Paul Pouvreau développe un travail photographique où il met en scène des objets ordinaires et insignifiants : ustensiles ménagers, cartons, sacs plastiques, poussières… Il s’agit pour lui « de porter une attention à ces petits riens dans lesquels se loge souvent presque tout ». Si Paul Pouvreau se nourrit du réel, il puise également dans l’Histoire de l’Art et met en scène ses photographies sous formes d’installations. Car ce qui l’intéresse, c’est la manière dont les signes visuels qu’il choisit (logos, formes variées d’emballages) dialoguent avec l’espace du quotidien et celui de l’exposition. Questionnant constamment l’image et sa représentation, son travail artistique se déploie également à travers une pratique du dessin et du collage.

Au propre comme au figuré met en évidence une équivalence de sens pluriels où se glissent des paradoxes et des contradictions liées à la représentation, la nature, la beauté, le déchet, l’artificiel dans une confrontation d’idées et de matières. Dans cette exposition présentée aux Douches la Galerie, l’artiste rassemble trois ensembles : Faits divers (2003), Mascarades (2015-…) et Les invasives (2018-…). Il est bien question ici d’ensembles et non pas de séries, terme couramment utilisé dans la photographie et perçu par l’artiste comme une sorte d’académisme : « Je parle plutôt d’ensemble parce que dans ce que je conçois, il y a des récurrences qui progressent dans le temps. Une proposition que j’ai réalisée il y a deux ans peut apparaître sous une autre forme comme s’il s’agissait de réajuster ou de préciser une question qui a pu me traverser à un moment donné, comme si elle n’avait rien perdu de son actualité.»

Isabelle Tessier, Directrice de l’artothèque de Vitré