Peter Stämpfli — Fast and Furious (1969 — 1975)

Exposition

Peinture

Peter Stämpfli
Fast and Furious (1969 — 1975)

Encore 8 jours : 9 septembre → 8 octobre 2022

Raymond Hains aimait employer, pour désigner l’annexion par les artistes, dans les années 1960, d’un bien commun proclamé contre toute raison apparente leur propriété et leur marque de fabrique, le nom d’une pratique médiévale depuis longtemps tombée en désuétude : le « droit d’aubaine ». […] Cette appropriation n’est aucunement le fait d’une décision arbitraire et concertée : Stämpfli en est venu à concentrer sa peinture sur la représentation des sculptures de pneumatiques au terme d’un lent processus, où l’intuition, et l’exploration visuelle, non le calcul, ont joué un rôle essentiel. En 1962, il a délaissé l’expressionnisme abstrait (qu’il pratiquait encore au moment de son arrivée à Paris en 1959) pour une figuration réaliste élégante et économe, proche de la peinture de Tom Wesselmann (l’un des grands noms du pop art, pas toujours reconnu à son juste rang) bien qu’il n’y ait avec l’artiste américain aucun lien d’influence. Sept années durant, il s’est concentré sur les images du quotidien, épurant peu à peu ses tableaux pour ne garder souvent que des fonds verts ou blancs : durant cette période de maturation, il a resserré tout à la fois ses cadrages […] pour réduire celui-ci à l’automobile tout d’abord, puis aux roues, et enfin aux pneumatiques.

Stämpfli, à sa manière, s’est débarrassé lui aussi de nombreux artifices pour accéder à cette pure forme plastique, ce prétexte à peindre quelque chose. Ce quelque chose a priori insignifiant, il l’explore avec différentes techniques, aussi variées que la mine de plomb, le pastel, l’aquarelle, la peinture vinylique et bien sûr l’huile sur toile. Il en fait aussi des sculptures in situ, de près de 30 mètres de long, comme l’Empreinte de pneu S 155 de 1985. Son pneu, dans le champ de l’art, a « une vie propre, coupée de toute référence au réel, qui pourrait ressembler aux cheminements de la pensée de l’artiste lui-même ». Qui aurait parié sur le pouvoir catalyseur du pneu comme manifeste de la pratique même de l’art ? Roland Barthes sans doute, qui voyait déjà dans la voiture DS « l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ». Tout a déjà changé dans nos « Mythologies » depuis 1957… Mais pas le pneu, qui nous maintient sur la route, toujours entre des points qui voyagent pour fabriquer des lignes, entre deux choses à faire, à la recherche d’une nouvelle vie.

Extrait du texte de Gaël Charbau publié dans le catalogue de lʼexposition.

Gaël Charbau
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33/36, rue de Seine

75006 Paris

T. 01 46 34 61 07 — F. 01 43 25 18 80

www.galerie-vallois.com

Mabillon
Odéon
Saint-Germain-des-Prés

Horaires

Tous les jours sauf le dimanche de 10h à 17h

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L’artiste

  • Peter Stämpfli

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