Plein Soleil

Exposition

Techniques mixtes

Plein Soleil

Encore environ 2 mois : 12 juin → 19 septembre 2026

GALLERIA CONTINUA est ravie de présenter l’exposition collective Plein Soleil, une exposition diffusée au sein de ses deux espaces parisiens, situés respectivement dans les quartiers du Marais et de Matignon. Les deux expositions rassemblent des œuvres de Adel Abdessemed, Ai Weiwei, Juan Araujo, Barbana Bojadzi, Hans Op de Beeck, Yoan Capote, Loris Cecchini, Elizabet Cerviño, Nikhil Chopra, Berlinde De Bruyckere, Leandro Erlich, Subodh Gupta, JR, José Mesías, Giovanni Ozzola, Serse, Nedko Solakov, Marta Spagnoli, Pascale Marthine Tayou, Nari Ward, Sislej Xhafa et José Yaque.

Réunissant des artistes issus de générations, de géographies et de pratiques différentes, Plein Soleil entend évoquer les sensations que nous associons habituellement à la saison estivale. La lumière y devient matière, les couleurs gagnent en intensité, tandis que paysages, corps et éléments naturels se déploient dans un élan de vitalité et de floraison. Entre contemplation et célébration du vivant, les œuvres présentées dans les deux galeries évoquent cette période de l’année où le temps semble s’étirer, où le regard se détend et où l’esprit se laisse porter par une forme de légèreté retrouvée.

La couleur s’impose comme la protagoniste de l’exposition, insufflant aux deux espaces une atmosphère lumineuse et vibrante. Elle convoque tour à tour les arbres en fleurs, les parasols colorées des plages estivales, l’animation des foules de touristes, les nuits étoilées, les découvertes du voyage ou encore les moments de loisir. Derrière cette apparente insouciance affleurent toutefois des questionnements plus complexes. En évoquant l’imaginaire des vacances et du temps libre,

l’exposition invite à réfléchir au privilège que représente la possibilité même de voyager et de se déplacer. Elle met en lumière les enjeux environnementaux liés aux flux touristiques et aux déplacements de masse, tout en faisant émerger leur contrepoint plus sombre: les migrations contraintes, motivées par des réalités politiques, économiques ou climatiques difficiles. Ainsi, les images de mobilité, de découverte et d’évasion se chargent d’une dimension plus ambivalente, révélant les inégalités qui sous-tendent notre rapport au déplacement.

Empruntant son titre au chef-d’œuvre cinématographique Plein Soleil, dont l’atmosphère méditerranéenne baignée de lumière crée un contraste saisissant entre la beauté éclatante des paysages et les ténèbres morales de l’intrigue, l’exposition s’inscrit dans une réflexion similaire. Contrairement à de nombreux films noirs qui se déroulent dans l’obscurité, les crimes commis par le protagoniste y sont dissimulés en plein soleil, sous une lumière qui semble pourtant tout révéler. De la même manière, Plein Soleil laisse apparaître, derrière une esthétique joyeuse et estivale, des problématiques essentielles de notre contemporanéité. Elle invite ainsi le spectateur à dépasser la séduction immédiate des œuvres pour interroger les réalités plus complexes qu’elles recèlent.

Le visiteur est ainsi accueilli par l’installation Plastic Tree de Pascale Marthine Tayou, dans laquelle un arbre fruitier surgit du mur. À y regarder de plus près, cependant, ses fruits, ou fleurs, se révèlent être constitués de sacs en plastique, attirant l’attention sur les enjeux liés à la gestion des déchets et à leur persistance dans l’environnement. L’œuvre invite ainsi à une réflexion sur l’impact de nos modes de consommation et sur les conséquences de nos actions sur les écosystèmes.

La sculpture Wave d’Ai Weiwei poursuit cette réflexion à deux facettes en représentant une vague dont l’écume se métamorphose en griffes menaçantes. Symbole de liberté, de voyage et d’ouverture, la mer y révèle son visage le plus inquiétant et le plus violent. Détournée de son époque, une vitrine chinoise ancienne devient ici le support d’une sculpture contemporaine.

Par ses couleurs et sa finition laquée, l’œuvre dialogue avec la tradition de la porcelaine chinoise, tout en convoquant l’histoire de l’art, des tableaux de la dynastie Yuan aux estampes japonaises sur bois.

Cette ambivalence se retrouve également dans Sentimientos encontrados (melancolía) de Yoan Capote. Composée d’une multitude d’échocardiogrammes formant la surface d’une mer agitée, l’œuvre évoque les innombrables vies suspendues ou perdues en mer. Derrière la poésie de cette étendue marine se dessine ainsi la tragédie des migrations contemporaines, rappelant le destin de celles et ceux qui traversent les eaux au péril de leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Au fil d’un parcours varié, où la matière devient la grande protagoniste, l’art se révèle comme un langage capable de synthétiser visuellement des réflexions complexes. C’est le cas de l’installation Untitled de Subodh Gupta, dans laquelle une poussette débordant d’objets du quotidien interroge notre relation aux biens matériels, l’importance que nous leur accordons dans la construction de notre identité, ainsi que le besoin de les emporter avec soi dans les contextes de migration pour ne pas perdre sa mémoire et ses racines.

La dualité qui traverse l’ensemble de l’exposition se concrétise également dans l’œuvre I Never Promised You a Rose Garden de Berlinde De Bruyckere. Depuis toujours intéressée par la vitalité décadente, la fragilité de la vie et sa nature transitoire, cette œuvre de jeunesse, réalisée en 1992, révèle déjà les thèmes qui deviendront par la suite la signature de l’artiste belge.

Transformant un symbole traditionnel de beauté, tel qu’un panier de roses, en un objet de poids et d’immobilité, l’œuvre exprime un paradoxe fondamental: des formes associées à la délicatesse et à la vie sont rendues inertes par un matériau, le plomb, qui évoque la permanence et la gravité. L’œuvre se présente ainsi comme une méditation sur la perte, la mémoire et l’impossibilité de préserver la vie dans un état immuable.

L’exposition déploie toute la complexité de la société contemporaine, dans ses contradictions et ses inégalités persistantes, avec pour intention de ne pas les dissimuler ni de les édulcorer, mais de les mettre en lumière, en

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