Poésie Plate-forme — Marie de Brugerolle & Esther Ferrer

Conférence

Performance

Poésie Plate-forme
Marie de Brugerolle & Esther Ferrer

Passé : Jeudi 28 novembre 2013 à 19:00

La performance contemporaine, entre patrimonialisation et diffusion par d’autres canaux de son histoire, va de pair actuellement avec un régime de performativité généralisée qui caractérise de nombreux aspects de la société et dépasse les seuls enjeux esthétiques — monde du travail, sport, affects…

Afin de préciser ce que la performance a pu métamorphoser et continue à influer dans les corps, les régimes discursifs et les cadres de références, cette rencontre Poésie Plate-forme se propose de faire dialoguer Esther Ferrer, figure emblématique de la performance, active en Espagne et en France depuis les années 60, et Marie de Brugerolle, historienne de l’art et commissaire d’exposition, qui réfléchit à ce que serait la postperformance.

Ni oubli, ni nostalgie, mais acuité et auto-dépassement caractérisent la démarche de ces deux auteures, praticiennes et théoriciennes à leur manière chacune, qui construisent les grammaires, expérimentent des syntaxes de la performance.

Marie de Brugerolle

Marie de Brugerolle est historienne de l’art et commissaire d’expositions, spécialiste de la performance, de son histoire des années 60 — notamment de la scène californienne — jusqu’à sa dématérialisation/absorption dans la société du spectacle au vingt-et-unième siècle.

Parmi les nombreuses expositions organisées par ses soins, on citera Where’s Al ?, consacrée à Allen Ruppersberg au CNAC-Le Magasin, conçue avec Paul Mc Carthy, 1996 ; Who’s That Guy ? au MAMCO, Genève, 2004, rétrospective consacrée à Guy de Cointet, dont elle a fait redécouvrir l’œuvre ; Faire des choses avec des mots/Making Words With Things (Cointet, Mc Carthy, Kelley, Sullivan) au CRAC à Sète, en 2006 ; From Life et Larry Bell in Perspective, premières rétrospectives en 2005 et 2010 en France de John Baldessari et Larry Bell, au Carré d’art de Nîmes ; Not to Play with Dead Things à la Villa Arson, Nice, en 2008. Travaillant sur la question de la reprise/recréation, Marie Brugerolle a contribué à remonter la dernière pièce de Guy de Cointet, Five Sisters (1982), récemment montrée au LACMA et au MoMA. On lui doit, outre de nombreux articles, plusieurs ouvrages, dont Premières critiques, Les Presses du Réel, 2010, et Guy de Cointet, portrait de l’artiste en cryptographe, JRP Ringier, 2011.

Suite aux expositions conçues récemment I was a Male Yvonne de Carlo (avec Dora Garcia) au MUSAC de Leon et L.A. EXISTANCIAL au LACE à Los Angeles, elle prépare pour 2014 l’exposition ALL THAT FALLS !!! au Palais de Tokyo avec Gérard Wajcman, ainsi qu’une anthologie des écrits d’Andrea Fraser aux Presses du Réel, et la traduction des pièces pour le théâtre et la radio de Jack Spicer (avec Julien Bismuth), aux Petits Matins. Marie de Brugerolle est professeure à l’ENSBA de Lyon et professeure invitée à la HEAD à Genève.

Esther Ferrer

Figure majeure de la performance et de l’art-action, Esther Ferrer a été membre à partir de 1967 du groupe espagnol ZAJ, composé par ailleurs des musiciens Juan Hidalgo et Walter Marchetti. En collaboration avec ZAJ, à l’esthétique proche de Fluxus, mais aussi de manière individuelle, Esther Ferrer développe un travail plastique particulièrement subtil, orienté principalement vers l’action éphémère. Expérience et art du temps, de l’espace et de la présence, son œuvre témoigne d’un minimalisme «basé sur la rigueur de l’absurde», selon ses termes. Son engagement se traduit aussi alors en Espagne par la mise en place d’«Atelier de libre expression» avec le peintre José Antonio Sistiaga sur la base de la pédagogie Freinet.

Parallèlement à une activité importante de performeuse qui fait sa réputation aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord et du Sud — dès 1968 elle présente concomitamment son travail au Centre Culturel Amigos del País à Bilbao, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris comme à la Galerie Rudolf Zwirner à Cologne ou à Düsseldorf à l’initiative de Jörg Immendorf — Esther Ferrer réalise à partir des années 1970 des séries de photographies, d’installations, d’objets, de croquis impliquant notamment les mathématiques, ainsi Le poème des nombres premiers (à partir de 1985). Sa pratique s’inscrit de plus dans la proximité de la poésie visuelle et sonore, du festival Polyphonix entre autres, et la fait intervenir dans de très nombreux manifestations d’art contemporain, de performance, de poésie de par le monde.

Esther Ferrer a représenté l’Espagne à la Biennale de Venise en 1999 et a reçu en Espagne le Premio Nacional de Bellas Artes en 2008 et le Premio Gure Artea en 2012. Son œuvre après avoir fait l’objet d’importantes expositions monographiques en Espagne, en Italie, au Brésil ces dernières années, a vu sa première rétrospective organisée cette année en France à l’initiative de Marion Daniel au FRAC Bretagne — le second volet en sera présenté à partir de février 2014 au MAC/VAL à Vitry.

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1, cours Paul Ricard

75008 Paris

T. 01 70 93 26 00

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