Rajak Ohanian — Portraits

Exposition

Photographie

Rajak Ohanian
Portraits

Encore 7 jours : 8 → 21 novembre 2018

La galerie Catherine Putman présente à l’occasion de la semaine de la photographie à Paris et pour la première fois, une exposition de Portraits de Rajak Ohanian.

Le point de départ de cette exposition est un portfolio, édité en 2016, intitulé Bram van Velde, qui réunit neuf portraits de cet artiste historique de la galerie réalisés par Rajak Ohanian.

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Rajak Ohanian, Don Cherry Tirage jet d’encre — 40 × 30 cm Courtesy Rajak Ohanian

Charles Juliet, l’auteur de “Rencontres avec Bram van Velde” qui a permis la rencontre du photographe avec le peintre qu’il admirait, préface l’album par un texte dans lequel il évoque ainsi cette série de Rajak Ohanian: « Rajak lui avait rendu visite à deux reprises alors que nul ne venait à lui. Cette série de photos est précieuse, car à ma connaissance, elle est unique. Elles le montrent grave, méditatif, ébauchant un sourire… L’une d’elle est significative. Il est assis près d’un olivier. De l’autre côté du tronc, une chaise vide. »

La beauté des clichés et la justesse du photographe dans son approche du peintre ont fait naître l’envie de cette exposition et d’y adjoindre une sélection de portraits qu’il a réalisés au fil des ans.

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Rajak Ohanian, Patrice Chéreau Tirage jet d’encre — 40 × 30 cm Courtesy Rajak Ohanian

Quelque soit le thème abordé, le travail de Rajak Ohanian s’inscrit dans le temps long, celui de la rencontre celle d’un lieu, d’une personne, d’une entreprise, d’une ville ou d’un village. Aussi ces portraits réalisés depuis soixante ans témoignent des rencontres, des amitiés, des affinités artistiques ou intellectuelles de l’artiste.

Ils sont écrivains, musiciens, artistes, philosophes, gens de théâtre ou du cinéma. Ces photographies ne relèvent en rien de la galerie de portraits de personnalités remarquables, mais de la rencontre et de la nécessaire question du témoignage et de la trace du réel qu’implique la photographie. Réalisées dans un rapport de confiance réciproque, ces portraits ont généralement pour cadre le lieu de vie de chacun. Ils ne constituent pas une série à proprement parler mais un travail au long cours, une pratique permanente dont l’envie surgit au gré des rencontres, jamais sur commande. Ces portraits photographiques — dont l’exposition montre une sélection — forment le portrait de l’auteur, dévoilant ses amitiés et ses affinités ; son rapport à la photographie même, sincère, profond, respectueux, comme sa relation à la terre et à l’homme.

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Rajak Ohanian, Richard Serra Tirage jet d’encre — 40 × 30 cm Courtesy Rajak Ohanian

Rajak Ohanian Né à Lyon en 1933, de parents arméniens, ayant fui le génocide de 1915. Il vit et travaille à Lyon.

Il commence la photographie dans les années 50 et réalise en 1955 ses premières photographies de théâtre avec Roger Planchon.

En 1958, il découvre les rassemblements de Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, où il retourne dix ans de suite pour en tirer la série Les Fils du vent. La même année il commence à réaliser des portraits de personnalités du monde de l’art et de la culture avec lesquels il entretient des relations amicales.

Entre 1960 et 1977, Rajak Ohanian photographie les mises en scènes de théâtre de Roger Planchon, Jacques Rosner, Patrice Chéreau et Marcel Maréchal et à l’Opéra de Louis Erlo et Humbert Camerlo. Il rejoint l’agence Rapho. Il expose à Lyon, voyage à New York et en Algérie.

1979-1980, il s’installe pendant deux ans dans l’école désaffectée d’un village de 44 habitants en Côte-d’Or et réalise alors une série de 44 portraits, intitulée Portrait d’un village — Sainte-Colombe-en-Auxois qui est exposée à Lyon (1983), à Dijon (1984), puis à Paris pendant le mois de la photographie. Après un voyage en Italie, en 1984, où il réalise les séries Untitled et À Venise, il séjourne deux ans à Chicago (1987-1988) et travaille sur la suite À Chicago — portrait d’une ville. En 1989 et 1990, ces Portraits sont exposés à Brême, Mayence, Munich, Düsseldorf, Karlsruhe et Essen. Il s’installe en Bretagne pour une résidence, entre 1991 et 1992, et développe un travail à partir du minéral et l’eau, avec comme point de départ Les Métamorphoses d’Ovide : réalisation de Métamorphoses I, série composée de 16 photographies, exposée à Brest puis à Rennes en 1993, année où il réalise également la série Portrait de l’esprit de la forêt. En 1995 et 1996, À Chicago — portrait d’une ville est exposée au Fort Saint-Jean à Marseille, à la galerie Les Lumières à Nanterre et au Théâtre de la Commune à Aubervilliers. En 1999, pour faire le Portrait d’une P.M.E, Rajak Ohanian photographie 32 employés d’une entreprise d’impressions sur tissus de la banlieue lyonnaise. Il expose, la même année, Métamorphoses I et À Chicago à la galerie l’entracte à Lausanne. En 2002, Le Musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône lui consacre l’exposition rétrospective Sur la route.

En 2004, il expose à l’institut d’art contemporain de Villeurbanne et au Rectangle à Lyon. La même année une centaine de photographies sont présentées à la Biennale d’art contemporain de Montréal. En 2005, Rajak Ohanian part en Syrie à la recherche des traces de son père, placé dans un orphelinat d’Alep à la suite des massacres du peuple arménien. Ce voyage donnera naissance à Alep 1915 … Témoignages.

Entre 2009 et 2014, il expose ses dernières séries à Paris, à la galerie Laurent Godin, au Centre régional d’art contemporain de Sète et à la galerie Artaé à Lyon. Deux expositions personnelles lui sont consacrées en 2014 à l’ENSSIB et à la galerie Domus de Villeurbanne. En 2015, la Fondation Bullukian, en partenariat avec la Bibliothèque municipale de Lyon, expose Alep 1915 … Témoignages.

La galerie Albert Baronian présente une exposition personnelle de l’artiste en 2016. L’année suivante, la série Portrait de l’esprit de la forêt est exposée à la bibliothèque de Fleury-la-Montagne et les séries Métamorphoses I & II sont exposées à la galerie Michel Descours à Lyon.

Cet été 2018 Rajak Ohanian a exposé Ce que racontent les arbres d’Alep à la galerie Albert Baronian à Bruxelles.