Sefa Çatuk — Les Jardins suspendus de Babylone
Exposition
Jours
Sefa Çatuk
Les Jardins suspendus de Babylone
Encore 6 jours : 5 → 28 février 2026
AZA Art présente l’exposition personnelle de Sefa Çatuk, Les Jardins suspendus de Babylone (The Hanging Gardens of Babylon), à Paris, sous le commissariat d’Ayça Okay et de Sinda Drine.
Représenté par AWC Contemporary, Sefa Çatuk crée des mythologies personnelles à travers un langage symbolique et métaphorique. En réunissant des récits religieux et sociaux universels avec les réalités politiques contemporaines, il construit dans sa pratique un univers visuel à la fois ironique et stratifié. Ses œuvres se concentrent sur les coutumes, les traditions, les systèmes de croyance, la langue et les rituels dans l’espace public, tout en réinterprétant des peintures emblématiques de l’histoire de l’art dans un contexte actuel.
Avec Les Jardins suspendus de Babylone, ces récits se mêlent à l’une des utopies les plus durables de l’humanité. Inspirée par les rythmes horizontaux, verticaux et diagonaux de la nature, l’exposition imagine un espace intermédiaire où le mythe, l’histoire et le présent s’entrelacent. Un jardin à la fois réel et imaginaire, personnel et collectif, ancien et résolument contemporain.
« Babylone n’était pas seulement une ville, mais une idée : celle d’un monde reconstruit contre la nature, par amour, par pouvoir, par nostalgie. » — Jean Bottéro, Babylone (1994)
Les Jardins suspendus de Babylone
Dans Les Jardins suspendus de Babylone, Sefa Çatuk construit des paysages qui ne relèvent ni du réel ni de la fiction, mais d’un entre-deux où se rejoignent les structures profondes. Le paysage y devient un fait social, un espace façonné par les croyances, les rituels, les normes et les récits transmis de génération en génération.
Les scènes peintes s’organisent selon des lignes horizontales, verticales et diagonales qui ne relèvent pas seulement d’un choix formel, mais de récit symbolique. Elles rappellent que toute société s’inscrit dans une organisation spatiale qui hiérarchise, sépare, rassemble. Les figures humaines, animales et végétales coexistent dans des équilibres fragiles, révélant la tension permanente entre l’individu et les cadres collectifs qui le conditionnent.
La référence aux Jardins suspendus de Babylone, mythe dont l’existence demeure incertaine, agit comme une métaphore sociologique. Elle évoque la manière dont les sociétés se construisent sur des récits partagés, parfois invérifiables, mais profondément structurants. Chez Sefa Çatuk, le mythe n’est pas un vestige du passé : il est un outil actif de cohésion, de contrôle et de projection, inscrit dans la mémoire sociale autant que dans l’imaginaire individuel.
Les personnages semblent habiter un temps suspendu, hors de toute chronologie précise. Cette suspension interroge notre rapport contemporain au temps social, un temps fragmenté, oscillant entre héritage historique et présent politique. En revisitant des images fondatrices de l’histoire de l’art, l’artiste met en lumière la persistance des codes sociaux et leur capacité à se transformer sans jamais disparaître.
La peinture devient alors un espace de médiation. Elle ne se contente pas de représenter le monde : elle en révèle les structures invisibles. Le spectateur est invité à reconnaître, dans ces paysages silencieux, les mécanismes qui organisent sa propre expérience sociale. Entre rêve et réalité, les œuvres ouvrent un lieu de questionnement, où l’intime rencontre le collectif, et où l’image agit comme un langage critique.
Sinda Drine





