Raymond Hains
Raymond Hains (1926–2005) est largement considéré comme l’un des artistes français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle. Parallèlement à son travail expérimental sur la photographie et le film, qu’il développe dès les années 1940 et 1950, Hains est surtout connu pour ses affiches lacérées : à partir de 1949, avec l’artiste Jacques Villeglé, il commence à utiliser des affiches déchirées trouvées dans la rue pour créer des hypergraphies et des « tableaux » ready-made. Cet esprit néo-dadaïste marquera l’ensemble de sa carrière. Souvent associé au Nouveau Réalisme (1960), Raymond Hains ouvre la voie à une vision singulière de l’art : il invente un vocabulaire nourri de littérature, de philosophie et d’ésotérisme, orienté vers des spéculations linguistiques. Il crée sans cesse de nouvelles formes (des Palissades à partir de 1959 aux Sidewalk Sculptures et aux _Macintoshages_ — manipulations numériques réalisées dans les années 1990), explorant toutes les potentialités poétiques, ludiques et visuelles du langage.
« Raymond Hains est un artiste singulier, inclassable, qui a participé aux moments clés de l’art français d’après-guerre sans jamais s’arrêter très longtemps dans aucun d’eux. L’œuvre de Hains explore le monde à travers son soubassement linguistique, s’adonnant à la liberté de destruction et de réinvention que le langage lui-même lui permet.
Dans la meilleure tradition surréaliste, Hains fut un flâneur, et la dérive urbaine constitua pour lui une méthode de travail essentielle. Les rues étaient son atelier, et elles donnèrent naissance aux affiches déchirées (…). Avec ces œuvres, Hains produit une version sui generis de l’Informel, tout en offrant une lecture ironique de l’expressionnisme abstrait, se qualifiant lui-même de “peintre inaction”. En 1959, ces œuvres conduisent à ses palissades, qui constituent également une réponse ironique au Pop américain et un prélude aux pratiques conceptuelles d’artistes comme Daniel Buren.
Se définissant comme un inventeur plutôt que comme un artiste, Hains fonde sa méthode sur des déductions et des comparaisons, issues d’une déconstruction créative et systématique du monde qui l’entoure. (…) L’œuvre de Hains transgresse et fait exploser toutes les théories établies de l’art contemporain. »
C. Bompuis (commissaire), Raymond Hains, MACBA, 1999
La Galerie Max Hetzler Berlin — Paris — Londres travaille en partenariat avec l’Estate de Raymond Hains, représentée par Thomas Hains.
Raymond Hains, Vérités de La Palisse, 2005 — Bronze laqué 88 x 26 x 18 cm — Edition de 8, plus 4
Yves aux Azulejos, série macintoshage, 2000

