Jeffrey Silverthorne — Pleasures, Sadness, Sometimes

Exhibition

Photography

Jeffrey Silverthorne
Pleasures, Sadness, Sometimes

In 4 months: January 23 → March 27, 2021

Pour son retour en France, l’immense Jeffrey Silverthorne investira les deux espaces de L’ahah, #Griset et #Moret, avec une exposition personnelle dont le titre doux-amer rappellera à celles et ceux qui connaissent déjà l’œuvre du photographe américain sa terrible lucidité.

Avec humour, toujours — qu’il esquisse un sourire tendre ou dresse un sourcil gêné… Pour celles et ceux qui découvriront le travail de l’artiste, membre de L’ahah depuis sa création, Pleasures, Sadness, Sometimes proposera un voyage à travers les différentes séries et époques de son œuvre et, s’affranchissant de toute chronologie, fera converser des photographies datant des années 1970 jusqu’à nos jours, incluant ses plus récentes productions, encore inédites. De ces conversations entre photographies, qu’amplifieront certainement les regards complices, bruissera l’évidence : celle d’une incroyable inventivité formelle et d’une cohérence intellectuelle jamais démentie ; celle d’une complexité à l’image de l’existence — de plaisirs, de tristesse, de parfois.

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« Jeffrey Silverthorne semble toujours chercher, jusque dans le corps mort ou vieillissant, jusque dans les zones sombres du désir et parfois du grotesque, le pouvoir du geste créateur. Car ce que montrent les images ce ne sont pas des “sujets”, classiques ou documentaires, mais des études (studies). C’est là où se cache le sens de cette œuvre si homogène : Jeffrey Silverthorne donne à voir le travail de l’artiste, ses mécanismes et ses motivations. Il ne s’agit pas d’essentialiser l’œuvre du photographe, mais de comprendre comment, par un dispositif photographique qui s’apparente au tableau vivant, il fait dialoguer l’histoire de l’art et la photographie autour du thème du désir. […] Silverthorne joue-t-il avec le refoulé de la peinture qui serait au cœur de l’histoire de la photographie ? Je veux le croire, et c’est ce qui permet de comprendre, tout au long de cette œuvre, ce que Silverthorne met en jeu : relier l’histoire de la peinture et la photographie. C’est la force du parcours de Silverthorne de n’avoir jamais joué la photographie contre la tradition de l’histoire de l’art, mais d’avoir trouvé dans le trivial (la morgue, les bordels) les sujets classiques, d’avoir en quelque sorte sécularisé l’histoire de l’art. Désormais, depuis quelques années en tous cas, le travail s’est recentré sur l’imaginaire de l’atelier. L’artiste y joue cette fois seul face à lui-même et son modèle, toutes les figures allégoriques. Car il sait que dans le laboratoire de l’atelier, une mise en scène est de même nature qu’une image mentale. »

Michel Poivert*, extrait du texte « Perpetual studies, le désir ne meurt jamais » paru en 2016 dans le catalogue de Growing older son exposition personnelle à la galerie Pascaline Mulliez, Paris.

  • Opening Saturday, January 23, 2021 5 PM → 9 PM