Albert Oehlen — Sexe, Religion, Politique

Exposition

Peinture

Albert Oehlen
Sexe, Religion, Politique

Encore 2 mois : 13 octobre → 21 décembre 2018

Depuis les années 1980, Albert Oehlen explore les diverses possibilités offertes par la peinture à travers un style et une technique en perpétuelle évolution. Les limites qu’il s’impose comme point de départ, afin d’avoir « quelque chose auquel se confronter » et ainsi élargir et redéfinir notre connaissance de la peinture, sont au cœur de sa pratique. Albert Oehlen démontre dans cette nouvelle série la cohérence de sa démarche consistant à fixer des paramètres restreints afin de créer une imagerie saisissante et forte qui souligne sa volonté de renouveau permanent.

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Albert Oehlen, Sans titre Courtesy of the artist and galerie Max Hetzler

« Pour moi, liberté rime avec jouer. Cela ne signifie pas ne rien faire ni faire n’importe quoi, cela signifie jouer avec ses propres règles.»

Albert Oehlen

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Des formes et silhouettes excentriques semblent flotter librement à la surface ouverte des nouvelles peintures. L’auto-appropriation du motif de l’arbre ainsi que l’allusion aux Fingermalerei (peintures aux doigts) s’inscrivent dans la volonté (d’Albert Oehlen) de révéler le processus de création et ce qui se produit sur la surface picturale. Le motif de l’arbre apparait dans Sturmschaden en 1981 puis à nouveau à la fin des années 1980. C’est alors qu’il explore les possibilités formelles des arbres qu’il réalise ses premières toiles purement abstraites en 1988.

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Albert Oehlen, Sans titre Courtesy of the artist and galerie Max Hetzler

Présenté comme un questionnement autour de la ligne, l’arbre est devenu pour Albert Oehlen une autre règle : ses formes et ses lignes s’affinent. Comme Mondrian avant lui, l’artiste a recours à la ligne de l’arbre comme une expérimentation permettant de naviguer entre formes abstraites et figuratives, surface et profondeur : « Je considère l’arbre comme un programme pour mon travail, pas seulement comme un motif. »

Le fond jaune vif évoque le soleil et la nature bien que la forme des peintures ne soit pas typique d’un paysage ou encore d’un arbre. Le format carré des œuvres fait écho aux multiples possibilités géométriques explorées à la surface. Les peintures sont réalisées sur Alubond, un panneau en aluminium apportant un fond extrêmement lisse. Les lignes et formes noires structurent le plan pictural et se déploient souvent au-delà du support, agrandissant ainsi l’espace intermédiaire.

Combinant des gestes impersonnels avec des lignes géométriques audacieuses, Albert Oehlen s’intéresse à l’opposition positive/négative entre un support plat et la texture de la peinture lorsqu’elle se dissout et s’écoule le long de la surface. Entre immédiateté d’un geste libre et marques restreintes par un modèle, les œuvres oscillent d’une rigidité géométrique jusqu’à des formes plus organiques.

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Albert Oehlen, Sans titre Courtesy of the artist and galerie Max Hetzler

Cette nouvelle série est exposée conjointement avec Albert Oehlen : Sexe, Religion, Politique à la Galerie Gagosian de Paris. La réduction de la palette de couleurs, la profondeur et la surface soulignent le recours d’Albert Oehlen à des thèmes récurrents qui lui fournissent un cadre au delà duquel explorer. Tout comme leurs titres évocateurs comme Bam Bam et Natty Dread Something, les œuvres semblent ouvertes vers l’infini, nous invitant à prendre notre temps, à nous arrêter et regarder.

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Albert Oehlen (1954, Krefeld) vit et travaille en Suisse. Il a régulièrement exposé à la Galerie Max Hetzler depuis 1981. Son travail a été présenté dans le cadre de nombreuses expositions personnelles dans des institutions internationales comme le Museo Nacional de Bellas Artes, La Havane (2017); Cleveland Museum of Art et Guggenheim, Bilbao (tous deux en 2016); New Museum, New York et Kunsthalle Zürich, Zürich (tous deux en 2015); Museum Wiesbaden (2014); mumok, Vienne (2013); Kunstmuseum Bonn (2012); Carré d’Art de Nîmes (2011); Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2009); Whitechapel Gallery, Londres (2006); MOCA, Miami; Kunsthalle Nürnberg, Nüremberg (tous deux en 2005); Musée Cantonal des Beaux Arts, Lausanne; Domus Artium (2002), Salamanca et Secession, Vienne (2004) etc.

Les œuvres d’Albert Oehlen se trouvent dans de nombreuses collections publiques permanentes de musées internationaux importants comme le Centre Georges Pompidou, Paris; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris; Kunstmuseum Bonn, Bonn; Museum für Moderne Kunst, Francfort; Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Luxembourg; Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig, Vienne; Museum of Contemporary Art, Los Angeles; Museum of Modern Art, New York; The Art Institute of Chicago, Chicago; San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco; The Broad, Los Angeles et Tate Gallery, Londres.

Cows by the Water: Albert Oehlen, retrospective majeure de l’œuvre de l’artiste, se tient actuellement au Palazzo Grassi à Venise et ce jusqu’à janvier 2019. Une exposition personnelle lui sera par ailleurs consacrée à la Fondation Aïshti, Beirut à partir du 21 octobre 2018.

Un catalogue d’exposition sera publié à l’occasion des expositions Albert Oehlen: Sexe, Religion, Politique à la Galerie Max Hetzler ainsi qu’à la Galerie Gagosian.