Alejandro Cesarco — Apprendre la langue (présent continu I)

Exposition

Vidéo

Alejandro Cesarco
Apprendre la langue (présent continu I)

Encore 2 mois : 16 octobre 2018 → 27 janvier 2019

Alejandro cesarco jeu de paume exposition paris 13 1 grid Alejandro Cesarco — Jeu de Paume Dans le cadre de la programmation Satellite du Jeu de Paume et de sa thématique Novlangue Alejandro Cesarco propose une vidéo qui g... 2 - Bien Critique

Dans le cadre de la programmation Satellite 11, Alejandro Cesarco présente « Learning the Language (Present Continuous I) », troisième mouvement du cycle « NOVLANGUE_ », qui met en correspondance le langage du monde digital et la langue officielle créée par George Orwell dans son roman dystopique 1984. Ce volet fait écho à la classe A du vocabulaire de ce novlangue fictif, regroupant le champ lexical de la vie quotidienne et du travail : des mots univoques, courts, qui n’ont ni nuance, ni portée politique ou philosophique. « Learning the Language (Present Continuous I) » esquisse de possibles échos entre la musique, l’automatisme et la langue, à travers un portrait de la pianiste argentine nonagénaire Margarita Fernández.

Margarita Fernández (née à Buenos Aires) est une figure majeure dans le domaine de la musique contemporaine argentine — pianiste, théoricienne, performeuse, professeur, érudite. Pour l’exposition, Alejandro Cesarco en a réalisé un portrait vidéo, filmé dans sa maison de Buenos Aires, qui revisite une masterclass donnée sur le film de Robert Bresson Au hasard Balthazar (1966), dont le thème musical est l’Andantino de la Sonate en la majeur, grande œuvre posthume de Franz Schubert. Margarita Fernandèz y parle de l’Andantino et des possibles traductions et glissements existants de la langue du cinéma à celle de la musique. Le film produit pour la programmation Satellite 11 s’inscrit dans la continuité de la série des portraits sur papier ou vidéo de l’artiste, construits autour de personnages littéraires et de figures tutélaires — tels Mirrored Portrait (2015) ou A Portrait of the Artist as a Young Man (2012).

Alejandro Cesarco (né à Montevideo, Uruguay, en 1975) porte un intérêt au langage et à l’écriture : la répétition, l’interprétation, la construction ou déconstruction du récit, l’exercice de la lecture, celui de la traduction, de la citation, du chevauchement ou encore les systèmes de mémorisation. Son travail envisage le langage comme un motif, une combinatoire, via la discontinuité dans le récit, le prélèvement, la distorsion ou la collaboration. La littérature est au cœur de sa pratique, comme modèle structurel et paysage sensible.

« Learning the Language (Present Continuous I) » ouvre un théâtre des regards où l’image mentale et le souvenir permettent recomposition et interprétation chez le regardeur. « L’essentiel, dit Maurice Blanchot, ce n’est pas que tel homme s’exprime et tel autre entende, mais que, personne en particulier ne parlant et personne en particulier n’écoutant, il y ait cependant de la parole et comme une promesse indéfinie de communiquer, garantie par la va-et-vient incessant de mots solitaires. »

Le langage est ici affaire de résonances, d’affinités et de sonorités, sur le modèle d’un ensemble musical.

Commissaire : Agnès Violeau

Exposition présentée dans le cadre de la programmation Satellite coproduite par le Jeu de Paume,