Bacon — Dali : Métamorphoses érotiques

Exposition

Peinture

Bacon — Dali : Métamorphoses érotiques

Encore 20 jours : 16 octobre → 1 décembre 2019

Dans cette exposition, Dali Paris interroge deux artistes rarement opposés sur leur acharnement à maltraiter les corps. Salvador Dalì s’attache à les métamorphoser, d’une manière perverse et adolescente tandis que Francis Bacon les évoque de manière névrotique, leur fluidité et leurs fluides.

Pour cette confrontation, la galerie a souhaité s’appuyer sur le pilier des deux artistes : leur partenaire — Gala pour l’un, John Edward pour l’autre.

Si la rencontre avec Gala constitue un bouleversement majeur, elle révèle Dalì à lui-même. En tant qu’être sexué, artiste et homme. De l’amour courtois à l’amour sadique, il explore l’érotisme de toute la richesse de son art.

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Vue de l’exposition

Bacon quant à lui, homosexuel revendiqué dès le plus jeune âge, est dans l’exploration viscérale de sa sexualité. Ainsi la représentation qu’il en fait est moins frontale mais non moins pénétrante.

Dali Paris regarde par un trou de serrure pour s’attarder sur deux œuvres spécifiques : la pièce centrale du Triptyque Août et Marianne et le Chevalier.

Salvador Dalì représente la scène du Marquis de Sade dans toute sa laideur de manière très crue en esthétisant l’ensemble par une opposition de couleurs complémentaires. Francis Bacon utilise ces mêmes couleurs complémentaires, mais dans des valeurs chromatiques beaucoup plus glauques, dans cette scène d’accouplement, acte qui normalement sublime la beauté des corps, en en faisant ressortir toute la douleur psychologique qu’elle peut susciter chez l’artiste inverti.

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Vue de l’exposition

L’approche onirique de Dali fait un jeu de miroir avec la noirceur des toiles de Bacon que lui-même estime tellement moins horrible que la vie réelle. Considérant que « l’odeur du sang humain ne [le] quitte pas des yeux »2, Bacon révèle ses luttes intérieures dont l’objectivation n’est pas sans rappeler le principe de la méthode paranoïa-critique.

Cependant, l’inspiration classique persiste dans les deux œuvres avec un travail de construction : le cadre dans l’œuvre qui fige l’action dans l’espace et la contraint, ainsi que des courbes ciselées qui évoquent la beauté corporelle. Enfin une similitude intéressante se crée avec la lévitation du personnage masculin dalinien.

Ces deux contemporains ne sont pas simplement des géants du XXème siècle, ils se nourrissent des sources du classicisme, Velasquez (pour le Portrait d’Innocent X et son rang au panthéon dalinien1) et des métamorphoses surréalistes (notamment le Chien Andalou). L’Exposition Internationale du Surréalisme de 1936 aurait pu accueillir les deux artistes sur les mêmes murs. Mais Bacon est refusé par André Breton, qui quelques années plus tard évincera Salvador Dali du mouvement. S’ils prennent des chemins différents, tous deux seront mus par leurs relations sentimentales et la littérature. En parallèle de l’exposition rétrospective des vingt dernières années de Bacon à Beaubourg, Dali Paris propose d’envisager cette confrontation artistique.

1 Journal d’un génie, Salvador Dali

2 Vers d’Eschyle

Expo Dali Bacon Paris

Dalí Paris Lieu indépendant
Plan Plan
18 Montmartre Zoom in 18 Montmartre Zoom out

11, rue Poulbot

75018 Paris

T. 01 42 64 40 10

www.daliparis.com

Abbesses
Anvers

Horaires

Tous les jours de 10h à 18h

Tarifs

Plein tarif 12 € — Tarif réduit 9 €

Les artistes

  • Salvador Dali
  • Francis Bacon

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