Didier Boussarie — Lyndi Sales — Liens

Exposition

Techniques mixtes

Didier Boussarie — Lyndi Sales
Liens

Passé : 23 mars → 22 avril 2017

Emerveillement, tendresse, étonnement, stupeur et parfois angoisse — la Nature embrasse et suscite l’éventail complet de nos émotions possibles… La relation qu’elle entretient avec notre civilisation figure en haut de l’agenda en raison des enjeux écologiques. Et pourtant elle semble de plus en plus loin des vies urbaines de la majorité d’entre nous. Pour le citadin la nature se résume en grande partie à des images, un rêve… ou bien nous la rencontrons par petit bouts quand elle arrive malgré nous à s’immiscer dans notre cadre.



h3. Un ours dans la ville

L’exposition LIENS, qui aurait pu avoir pour titre « un ours dans la ville », suggère les entrelacs invisibles et les interdépendances qui sous-tendent notre existence. La vie contemporaine nous fait souvent oublier que la composition humaine se joue à l’intérieur d’une partition bien plus grande et si finement orchestrée que la moindre touche, le plus petit souffle ont des répercussions quelque part dans la grande symphonie globale. Didier Boussarie — fin observateur de la nature dans tous ces aspects — a rencontré un ours blanc. L’artiste en a profité pour peindre des portraits de la belle bête où l’on saisit la splendeur et la puissance de cette masse de chair et de fourrure en mouvement tout en retrouvant l’élan joueur et souvent gauche qui nous attendrit tant chez les animaux. Ces portraits ont pour source la joie devant ces créatures magnifiques dont la vie est rendue de plus en plus difficile du fait de la fonte de la banquise… La fantaisie polaire qu’a déclenchée l’observation des ours blancs a fini par faire naître de petits tableaux de paysages polaires imaginaires… Travaillés avec une nouvelle matière résineuse, ces visions aux tons doux et à la touche rapide et expressive rendent un monde à la fois infini et intime fait d’étendues cristallines et invitantes où les ours se lovent peut-être… Les zones arctiques sont également évoquées dans la tapisserie monumentale The person that you see physically is just the tip of the iceberg de l’artiste sud-africaine Lyndi Sales. Le titre est une citation du violoncelliste Yo-Yo Ma ; il indique l’intérêt de l’artiste pour l’invisible, pour les systèmes et les forces de notre monde. L’œuvre a une inspiration double : d’une part des nouvelles théosophies qui envisagent l’existence de différents corps (physique et visible, astral, mental et cetera) — d’autre part des images satellite des pôles ainsi que de films d’icebergs s’effondrant, dévoilant des coupes transversales inattendues. L’indigo qui colore l’œuvre file ce questionnement sur le visible et l’invisible : de nombreuses expériences scientifiques ont démontré que cette couleur est indiscernable du bleu ou du violet pour la majeure partie de l’humanité. Symbole d’une dimension qui nous échappe, l’indigo est associé au troisième œil par la philosophie new age. Le voyage à l’intérieur de l’invisible et du minuscule se poursuit également dans d’autres environnements : dans des peintures de la Vallée de l’Orge Didier Boussarie explore des plans d’eaux et prairies verdoyantes. Un graphisme affirmé ancre ici une matière dense en sensations. Le graphisme trouve son pendant naturel dans les toiles d’araignées que l’artiste a cultivées en collaboration consentante avec nombre de spécimens pendant plusieurs années. Ces toiles des plus fines sont montées sur châssis et retravaillées à l’encre de Chine pour former des mondes d’une délicatesse extrême évoquant orbites, constructions humaines ou territoires de dentelles — contrées dont seuls les insectes sont familiers.

Des contrées autres, celles du passage de la vie vers la mort constituent le sujet de la deuxième œuvre de Lyndi Sales : Moth to a flame (Papillon de nuit attiré par la flamme). Il s’agit d’un cercle parfait composé d’un mouvement centrifuge d’ailes de papillons découpées dont les tons bleus de l’extrémité de l’œuvre s’estompent vers le centre formé par un blanc infini. L’intérêt pour la philosophie bouddhiste de Lyndi Sales s’exprime dans cette matérialisation de l’idée du Bardo — le voyage de 40 jours de l’âme qui suit à la mort. Moment d’une fragilité extrême figuré par les fils multicolores qui pendent de l’œuvre et qui forment les résidus des liens avec la vie, avec la substance…

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Parcours

Didier Boussarie (né dans le Périgord en 1958) est régulièrement exposé en France depuis le début des années 1990. La collaboration de l’artiste avec la Galerie Maria Lund date de 2006. La galerie a accueilli trois expositions personnelles de son œuvre : Du ciel à tes cheveux (2008), Arrière-saison (2011) et La nuit elles tissent (2015) — tout comme la galerie l’a présenté dans de nombreuses foires, dont Drawing Now à Paris (2007, 2008 et 2012 en solo show) et la KIAF à Séoul en Corée (2009, 2010, 2011) où son œuvre a rencontré un franc succès. De nombreuses publications presse ont été consacrées à son travail. Un catalogue rétrospectif a été édité en 2011, suivi d’un deuxième consacré à son travail avec les araignées et leurs toiles en 2015.

Lyndi Sales (née à Johannesburg en 1973) est largement exposée depuis plus de dix ans (Etats-Unis, Europe et Afrique du Sud), — la Galerie Maria Lund a accueilli trois expositions personnelles de l’artiste (In transit — 2009 ; Passive surveillance — 2012 ; Lumière préternaturelle — 2014). Ses œuvres font partie d’un grand nombre de collections prestigieuses : The National Gallery of Art, Washington ; New York Public Library ; Library of Congress, Washington DC ; McGill University, Montréal ; Arthur and Matta Jaffe Collection, Florida Atlantic University ; Jack Ginsberg artist book collection, Afrique du Sud ; Ernst & Young, ABSA, Telkom (Afrique du Sud) et Red Bull (Autriche). En France, Lyndi Sales est représentée dans les collections du FRAC Haute-Normandie et de la Fondation de la Société Générale. En 2011, elle a été sélectionnée pour participer à la 54ème Biennale de Venise, Pavillon de l’Afrique du Sud.Lyndi Sales a par ailleurs créé nombre de commandes monumentales pour des clients privés et publics (stone installation pour Norton Rose à Johannesburg en 2012, et Satellite telescope pour l’University of Cape Town en 2013). Durant l’été 2014 son installation Audience était accueilliE par le Bon Marché Rive Gauche, Paris — une collaboration avec Slick Art Fair.

  • Vernissage Jeudi 23 mars à 19:00
03 Le Marais Zoom in 03 Le Marais Zoom out

48, rue de Turenne

75003 Paris

T. 01 42 76 00 33 — F. 01 42 76 00 10

www.marialund.com

Chemin Vert
Saint-Paul

Horaires

Du mardi au samedi de midi à 19h
Et sur rendez-vous

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