Louise Bonnet — Bathers

Exposition

Peinture

Louise Bonnet
Bathers

Encore 7 jours : 11 septembre → 30 octobre 2021

La Galerie Max Hetzler est heureuse d’annoncer l’exposition Bathers de Louise Bonnet, avec sept tableaux récents, dans sa galerie parisienne. C’est la première exposition personnelle de l’artiste en France.

Les œuvres de Louise Bonnet sont reconnaissables instantanément de par leurs figures humaines aux traits exagérés prenant des poses dramatiques, souvent penchées semblant éprouver du chagrin, ou bien sur leur garde comme apeurées, ou encore couchées au sol, de honte ou en deuil. Les proportions excessivement accentuées de certaines parties du corps, le plus souvent les pieds et les mains, saisissent l’étrangeté profonde du corps humain et ses réactions à nos sentiments. Louise Bonnet s’intéresse depuis longtemps à nos ressentis intérieurs, à nos réactions aux émotions qui nous sont propres ainsi qu’à la manière de les contrôler.

L’imagerie de Bonnet s’inspire aussi bien de manuscrits médiévaux que de peintres de la Renaissance et de maîtres anciens, ainsi que de bandes dessinées underground. Alors qu’elle joue sur les signifiants de la sexualité dans son langage visuel, il est parfois difficile d’assigner un genre aux figures. Il manque parfois une tête ou un membre, certaines parties du corps sont invisibles, coupées de la composition qui est contenue par les bords de la toile. Les figures présentent également un anonymat singulier dû à leur tête sans visage, autre caractéristique importante de son travail. L’influence des peintures de la Renaissance flamande sur Bonnet est évidente dans sa représentation du nu et a été intensifiée avec l’utilisation de la peinture à l’huile à partir de 2013 : « durant des années, j’ai essayé de faire faire à l’acrylique ce que fait l’huile. Travailler à l’huile a été une révélation. »1 Elle évoque sa joie de découvrir les possibilités que cette technique offre dans la création de profondeur et de lumière.

Intitulée Bathers (baigneurs), la nouvelle série fait référence à une thématique bien connue en histoire de l’art. Ici, le traitement du corps nu par Bonnet évoque Peter Paul Rubens (1577-1640), avec des variations chromatiques allant du rose vers le bleu dans la représentation de la chair. Très ressemblant dans le traitement du nu, une composition fait plus particulièrement écho au chef d’œuvre Le jugement de Pâris (v. 1632-1635).

L’eau permet d’ajouter un sentiment de dissociation, un changement de perspective, une vision déformée du corps, un angle de ce qui est caché, ce qui est en dessous ou au-dessus, ce qui est visible et ce qui ne l’est pas, effaçant des indices de ce que les figures sont en train de faire, ajoutant une couche de mystère à leur état émotionnel ou ce qu’elles peuvent faire ; quelques œuvres, intitulées Pissing Figure sont assez explicites, projetant un sentiment de pollution, d’invasion ou un lien de connexion entre la figure urinant et son environnement. De cette manière, les œuvres proposent des aperçus très intimes de l’état mental des figures représentées. Les émotions projetées et les associations faites par le regardeur amplifient ce sentiment d’émotion dramatique tout comme les environnements singuliers et isolés reflètent les tourments intérieurs des figures ainsi que de ceux qui observent le tableau.

Louise Bonnet (*1970, Genève, Suisse) vit et travaille à Los Angeles. Ses œuvres se trouvent dans les collections publiques du Bowdoin College Museum of Art, Brunswick ; du Denver Art Museum, Denver ; du Hammer Museum, Los Angeles ; et du LACMA — Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles.

1 R. Mayer, ‘The Burden of Flesh’, LALA mag, Spring 2018, p. 102.