Lyndi Sales — On Being

Exposition

Collage, dessin, installations, peinture...

Lyndi Sales
On Being

Encore environ un mois : 6 mai → 19 juin 2021

Lyndi Sales cherche.
Elle cherche un ailleurs et elle cherche des retrouvailles. Une évasion pour mieux se connecter au monde, aux autres, à elle-même. Une quête d’amour au sens platonique où amour signifie cheminement vers la connaissance du beau et in fine accès à l’indivisible (la définition du sage Diotima dans Le Banquet de Platon).
Le processus de travail de Lyndi Sales est méditatif : elle répète des gestes dans un univers sonore savamment choisi pour déclencher des émotions spécifiques (tristesse, euphorie, mélancholie, extase) afin d’entrer dans un état de réceptivité maximale… Un rêve d’Utopie en réponse à un manque, à ce sentiment d’être séparé des autres alors même que les êtres sont l’univers et respirent ensemble. L’artiste aspire à dépasser les émotions contradictoires qui caractérisent la vie humaine, en s’ouvrant vers un monde intérieur, contemplatif, vers d’autres niveaux de conscience. Ce faisant elle accède à des visions nouvelles et met à distance une réalité sociétale souvent douloureuse.

L’observation de la nature (qu’elle soit organique ou géologique), de ce qui est sous nos pieds et de ce qui est au-dessus de nos têtes marque depuis longtemps l’œuvre de Lyndi Sales. Du micro elle passe au macro, du concret à l’abstraction. Elle se plaît à montrer les parallèles parfois troublants qui existent dans ces mondes distincts.
Des photos de cristaux, de la beauté d’un champignon ou des images satellites de la Terre et de l’Espace, Lyndi Sales retient des formes, des mouvements souples ou au contraire des structures rectilignes. Ainsi ses œuvres reflètent aussi bien le monde organique de la Nature que son ordonnancement « en rangs et en cases » par l’Homme.
Également très marquée par les écrits d’Aldous Huxley et son utilisation de la mescaline, Lyndi Sales expérimente des hallucinogènes et pratique diverses techniques de méditation et de yoga pour accéder à une réalité alternative. Lors de prises d’Ayahuasca au Brésil elle a pu entrevoir des êtres lumineux éphémères ; des visions qu’elle transpose en deux dimensions comme on prend des spécimens entre deux plaques de verre pour en faire une étude microscopique.

Selon les théories de certains mystiques, des bribes d’êtres circulent dans l’univers et le voyage existentiel de l’individu consiste à tenter de les collecter pour se reconstituer. Lyndi Sales s’en inspire pour créer des compositions dynamiques et rayonnantes (Radiating Fulfilment, Amor Fati, Common love or celestial love: Somethings are simple others are hard to explain…) constituées de papier, de tissu ou de cartes géographiques. Les recouvrant d’abord de peinture pulvérisée ou de légers traits de couleurs — passant de l’obscurité à la lumière par dilution progressive — elle découpe ensuite minutieusement ces surfaces puis recompose les fragments selon un processus intuitif.
Son vif intérêt pour la cartographie l’a également poussée à broder un ensemble de cartes sur toile de lin. Rêves, mondes entrevus, cités imaginaires : ces tapisseries aux points minuscules, pierres et cercles de fils d’or nous inspirent une infinité de récits (Love is simply the name for the desire and pursuit of the whole et Catacomb dream map — A place where I found moments of resolution).

Dans une série de dessins travaillés à l’aérographe, une même forme s’enroule telle des tourbillons et des galaxies ou se déploie à l’image de fines mécaniques qui s’ouvrent et se referment (ailes, pétales)… A la fois graphique et évanescente, il en émane une luminosité forte voire hypnotisante (Hit me like a ray of sun, It’s like I’ve been awakened…).

Ces œuvres sur papier contrastent avec la beauté ambiguë de l’installation Meteoric Rainbow constituée de 22 knobkierries recouverts de fils de couleurs en référence à la nation arc-en-ciel (Afrique du Sud). Massue traditionnelle, bâton de marche, symbole de défense et d’honneur à haute valeur affective, le knobkierrie est souvent arboré par les manifestants sud-africains contemporains. Avec cette œuvre aux apparences ludiques, Lyndi Sales montre qu’outre sa quête transcendantale, elle reste fortement ancrée dans la réalité complexe de son pays.

p a r c o u r s

Lyndi Sales (née en 1973 à Johannesbourg, Afrique du Sud) est largement exposée depuis vingt ans (Etats-Unis, Europe, Australie, Asie et Afrique du Sud). En 2011, elle représentait l’Afrique du Sud à la 54ème Biennale de Venise.

En France, son œuvre est actuellement présentée dans Transport commun (commissariat : Marie-Ann Yemsi) aux Tours de la Société Générale (Paris, La Défense) et le sera à partir de juillet dans Cosmogonies — Zinsou, une collection africaine au MO.CO de Montpellier (commissariat : Pauline Faure et Rahmouna Boutayeb).

Son travail fait partie d’un grand nombre de collections prestigieuses : The National Gallery of Art, Washington ; New York Public Library, NYC ; Library of Congress, Washington DC ; McGill University, Montréal ; Arthur and Matta Jaffe Collection, Florida Atlantic University ; Jack Ginsberg artist book collection, Afrique du Sud ; Ernst & Young, ABSA, Telkom, Afrique du Sud ; Red Bull, Autriche ; Collection Zinsou, Bénin. En France, l’œuvre de Lyndi Sales est représentée dans les collections du FRAC Normandie Rouen et de la Fondation de la Société Générale.

Lyndi Sales a par ailleurs répondu à nombre de commandes monumentales pour des clients privés et publics : Installation de pierres pour Norton Rose à Johannesburg en 2012, Satellite Telescope pour l’University of Cape Town en 2013, une installation pour Facebook (Johannesburg, 2017) et l’œuvre murale Chaos and Flow, Love and Fear pour Texas A&M College of Engineering (Brian, 2018).

La Galerie Maria Lund a accueilli quatre expositions personnelles de l’artiste (In Transit — 2009 ; Passive Surveillance — 2012 ; Lumière préternaturelle — 2014 ; Un jour j’ai trouvé un papillon arc-en-ciel — 2019) et a présenté ses œuvres dans de nombreuses foires (KIAF — Séoul, 2017 ; Art Paris, 2015 ; Art on paper — Bruxelles, 2013 ; Drawing Now — Paris, 2011 ; DDESSIN — Paris, 2019 ; Chic dessin — Paris, 2010).
Durant l’été 2014, son installation Audience était exposée au Bon Marché Rive Gauche, Paris.