MansAmo — Womanakwa
Exposition
MansAmo
Womanakwa
Dans 7 jours : 5 → 28 mars 2026
Au cœur du projet WOMANAKWA, il y a une invitation à plonger dans un monde où les divinités oubliées, enfouies dans les profondeurs de l’inconscient collectif, cherchent à renaître. Portées par l’eau, élément fondateur et bassin de nos métamorphoses, ces présences invisibles s’incarnent sous l’objectif de MansAmo — duo artistique formé par Mansara et Amaury Voslion. Leur œuvre ne se contente pas de capturer des images : elle révèle, à travers le geste créateur, des entités en quête d’actualisation, des esprits qui aspirent à traverser le voile de l’oubli pour s’inscrire dans notre réalité.
Née d’une alchimie entre fragilité du corps et puissance régénératrice de l’eau, WOMANAKWA est une ode aux forces invisibles qui les habitent. Mansara, dont le parcours a été marqué par l’épreuve de la maladie et la renaissance dans l’élément aquatique, et Amaury, dont le regard transforme chaque immersion en dialogue avec l’au-delà, offrent un espace où le sacré se déploie. Leurs photographies sous-marines, leurs costumes suspendus et leurs poèmes murmurent une même question : et si les divinités, privées de culte dans un monde désenchanté, trouvaient refuge dans le geste ?
WOMANAKWA
Le mot man est contenu dans le mot woman et tous deux sont liés à une autre unité de sens akwa. La graphie akwa issu de la culture akan (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Bénin), se traduit par « tu peux », Womanakwa incarne la fusion du Féminin et du Masculin à l’aune des possibilités qu’offre l’immersion dans les eaux matricielles, mais aussi le pouvoir d’émerveillement que génère la promesse de vie.
L’eau, qui constitue jusqu’à 60 % de notre corps et 90 % de notre cerveau, fait partie de notre essence. Elle n’est pas seulement un élément extérieur ou un milieu originel : elle est ce qui nous traverse, nous relie et nous définit. Comme le disait Hegel, c’est au crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol — c’est après l’épreuve, après l’immersion, que se révèle la portée de ce qui a été vécu. L’appareil photo agit comme un dispositif qui capte et révèle ce que l’eau et le corps, ensemble, portent en eux : une capacité de transmutation, une mémoire de la vie.
WOMANAKWA est la divinité des eaux matricielles et des organes temporaires, telle que nommée par Mansara et Amaury Voslion. Cela aurait pu être Mami Wata, Suijin, Sarasvati, mais à cet endroit et à cet instant, dans un monde où les traditions sont oubliées, ignorées, ou mises au service d’imaginaires sans contenance, faute de transmission, Womanakwa leur apparaît. La figure s’impose et emporte leur couple. Ses eaux — où se développent leur création — sont les lieux où baignent les créatures de profundis ne demandant qu’à s’intégrer au devenir de l’être humain.
Ici, il est question de vagues, des états de l’âme humaine, ces messages qui constituent l’épreuve des transformations et les dons inestimables. Dans cet océan de liquides organiques : amniotique, séminal, péricardique, menstruel ou encore lacrymal, s’épanchent, se répandent ou coulent sur la face visible de nos histoires, les métamorphoses.
Updated deities. L’imprévisible est l’ingrédient notable de la révélation, la condition d’un saisissement dont les corps envisagés dans un faisceau de déterminations et imbriqués dans des contextes environnementaux, ne font que fournir le matériau pour œuvrer à l’agencement d’un espace où les voix prima facie sans visage, s’agrègent et se montrent comme si elles voulaient s’actualiser dans un monde qui n’a cure de les honorer. Face à l’érosion spirituelle, devenue le terrain d’une prolifération de parasites idolâtres adoubés par le consumérisme institutionnalisé, les divinités trouvent une porte d’entrée dans un monde en sursis. « Mises à jour », elles s’invitent sur la pellicule hylémorphique de MansAmo pour prendre vie et être éprouvées. Une façon de rappeler que l’émerveillement, la peur, l’extase et la mélancolie — ces émotions archétypales — sont toujours là, tapies dans l’ombre, prêtes à resurgir dès qu’on leur tend un regard.
Comme le divin se manifeste dans la présence du nouveau né ou comme le monstre s’insinue dans la forme d’un corps non identifié, d’un geste déterminé par une volonté, souvent contrariée, le duo d’artistes invite l’invisible à prendre corps. Sans le prévoir, sans même le chercher, en louant la déesse de l’imprévisibilité : offrir une chance à l’émerveillement. Comme on accueille l’amour qui traverse les deuils, comme une dilution de l’individualité dans le cosmos, l’intention créatrice prend alors la forme d’une brèche ouverte dans le temps, où les déesses et les dieux, inspirés du vodun, des traditions d’Afrique de l’Ouest, des mythologies grecques ou égyptiennes, se réinventent, en s’intégrant à notre devenir, nos rêves et nos peurs, nos silences et nos éclats.
Une myriade d’entités entrent alors en résonance, des émotions nichées dans les tréfonds de nos imaginaires ombragés s’érigent à fleur de nos peaux balafrées.
Horaires
Du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h
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L’artiste
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Mans Amo